DAREDEVIL, GUIDE DE LECTURE (PARTIE 1)

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J’inaugure ici une nouvelle rubrique (dont l’idée m’a été donnée par un fidèle lecteur à la recherche de lectures additionnelles autour du personnage de l’homme sans peur) qui, à défaut d’être exhaustive, donnera quelques pistes aux amateurs de comics désireux d’approfondir leur découverte du personnage.

Héros crée dans un premier temps par Jack Binder (The Destroyer) en 1940 et revampé par Jack Cole (Plastic Man) avant d’être détourné en 1964 par Stan Lee (libre de droits, le personnage a été simplement altéré et modernisé, son boomerang devenant un lasso-cane), Daredevil est, qualitativement parlant, la meilleure série publiée dans la continuité par Marvel Comics. En effet, à chaque décennie de sa houleuse publication (le titre a faillit être annulé plusieurs fois), des équipes créatrices ambitieuses se sont succédées pour offrir des runs mémorables et la plupart du temps d’une noirceur sidérante, bien loin des aventures colorées et grand public de ses autres camarades costumés.

Surtout, à la différence de Peter Parker (Spider-Man), Steve Rogers (Captain America) ou encore Bruce Banner (Hulk), Matt Murdock a eu très rapidement une sexualité active, collectionnant les femmes et les drames à la même cadence (plusieurs d’entre-elles ayant très mal finies, la majorité étant même mortes de par leur proximité avec lui).

Le thème de la religion est également très présent dans la série, premièrement à cause de ce costume de diable (de Hell’s Kitchen, quartier de New York dont il est le protecteur), ensuite parce que la mystérieuse mère de Matt (qu’il n’a pratiquement pas connue) est une religieuse.

Troisième élément important, le milieu de la boxe, lié au passé de notre héros par son père et élément déclencheur de sa carrière de justicier (alors qu’il était déjà aveugle suite à son accident ayant amplifié ses sens) car connecté au monde de la pègre (The Kingpin entre autres) et par ricochets, aux autres organisations criminelles (The Hand, Maggia, AIM, Hydra, etc.).

Mais je digresse encore… Avant de commencer une véritable étude de la série sur un demi-siècle (ça me tente bien, mais j’ai d’autres sujets qui attendent), je vous propose donc ma petite sélection de titres incontournables de tête à cornes. Bonne lecture!

Cover for Marvel Masterworks: Daredevil (Marvel, 2010 series) #1Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour

Autant commencer par le début (1964-1965). C’est Bill Everett qui a co-crée le Daredevil moderne en compagnie de Stan Lee, le dessinant bien très brièvement avant d’être remplacé par le génial Wallace Wood, ce dernier lui donna son fameux costume rouge que nous connaissons aujourd’hui. Ces quelques épisodes fondateurs sont tout simplement extraordinaires, introduisant quelques-uns de ses plus formidables adversaires (The Howl, Stilt Man ou encore le futur Mister Fear). Surtout, la confrontation épique (et totalement déséquilibrée) avec Namor, the Sub-Mariner s’avère un chef d’oeuvre absolu, affirmant haut et fort que Daredevil, malgré ses faibles pouvoirs, est prêt à mourir pour défendre la justice, et ça, c’est beau!

On feuillettera rapidement l’année 1966 et le passage de John Romita (The Amazing Spider-Man) qui, malgré ses qualités graphiques évidentes, n’apporte pas grand chose à la série, si ce n’est une plus-value commerciale dont le titre s’est finalement toujours assez bien passé. Le seul argument à l’achat de ce second volume est évidemment l’arrivée de l’immense et inégalable dessinateur de Tomb of Dracula, monsieur Gene Colan en personne!

La collaboration entre Stan Lee et Gene Colan va s’étendre sur 31 épisodes légendaires, se terminant en 1968 avec le climax de Daredevil 47 ou notre héros défend un homme de couleur, vétéran du Vietnam et aveugle. Plus adulte qu’à l’habitude, l’histoire de Stan Lee colle enfin totalement avec le graphisme réaliste et dark de Gene Colan, ce dernier ayant réussi durant son passage sur le titre à rendre proprement fascinantes des rencontres avec des personnages tels que Dr Doom, Ka-Zar, Cobra and Hyde, The Beetle ou encore le terrible Gladiator. Et je n’oublie pas le formidable Jester, véritable pendant Marvel du Joker de DC.

Cover for Essential Daredevil (Marvel, 2002 series) #1Cover for Essential Daredevil (Marvel, 2002 series) #2Cover for Essential Daredevil (Marvel, 2002 series) #3Cover for Essential Daredevil (Marvel, 2002 series) #4

Après le départ de Stan Lee (qui l’avait engagé mais qui n’avait plus le temps de scripter de la série), Gene Colan restera sur Daredevil jusqu’en 1973, collaborant avec Roy Thomas, Len Wein, surtout, Gerry Conway. Les volumes de la collection Masterworks coûtant relativement cher (surtout que les suivants n’existent qu’en version cartonnée), on se rabattra de préférence sur les épais et bon marché quatre premiers volumes de la collection Essential; d’autant que le dessin de Gene Colan s’apprécie mieux en noir et blanc qu’en couleurs (surtout celles de l’époque)!

Après le départ de Colan au numéro 100, la série tombe rapidement dans la conformité et les travers des autres titres Marvel des années 70, la valse des scénaristes n’arrangeant rien à l’affaire. Il faudra attendre l’arrivée en 1979 d’un jeune dessinateur pour qu’un nouvel espoir se profile à l’horizon, juste le temps que le jeune Frank Miller prenne ses marques et fasse ses preuves.

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Assigné en tant que simple dessinateur au numéro 158, Miller (déjà assisté à l’encrage de l’inestimable Klaus Janson) ne tarde pas à faire dégager le scénariste Roger Mckenzie après avoir essayé de co-écrire le titre en sa compagnie l’espace de deux épisodes, prenant le pouvoir au numéro 168 avec un épisode désormais historique: Elektra. La suite est légendaire. Se terminant en 1983 avec l’épisode 191, Daredevil aura révélé à la fois Miller en tant que scénariste et Janson en tant que dessinateur, ce dernier ayant montré un talent inattendu en remplaçant la nouvelle star de Marvel, déjà à l’époque débordée par ses idées pour l’avenir.

Après le départ de Miller, puis celui de Janson, la série sombre à nouveau dans le mainstream, une partie de 1983 et 1984 pouvant s’oublier aisément. Mais comme Daredevil est une série particulière qui a tendance à attirer les artistes talentueux et visionnaires, cela ne va pas durer très longtemps.

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1985 (épisode 215) marque l’arrivée d’un jeune prodige du dessin nommé David Mazzucchelli. Denny O’Neill ayant reprit avec brio le poste de scénariste, cela ne l’empêche pas de laisser sa place au revenant Frank Miler, ce dernier semblant ne pas en avoir terminé avec le justicier aveugle (et ce n’est rien de le dire). Le contenu irrégulier de la publication n’aide pas à la cohérence de l’ensemble (passage de John Buscema, plus quelques épisodes de remplissage) mais tout s’arrange très vite avec la seconde partie de leur collaboration et la publication des épisodes 227 à 233, plus connus sous le nom de Born Again. Monument parmi les monuments de 1986, ce drame en sept actes demeure encore aujourd’hui la plus grande histoire de Daredevil, et peut-être le meilleur récit jamais publié par Marvel Comics jusqu’à aujourd’hui.

Evidemment, après un tel choc artistique, Daredevil retombe dans le mainstream habituel, la série voyant un nombre élevé d’artistes se succéder durant tout l’année 1987, attendant qu’une bonne âme vienne la sauver une nouvelle fois. L’attente ne se fera pas trop attendre, d’autant qu’elle est déjà là et qu’il s’agit d’une femme. Hélas pour elle, on ne lui a pas encore donné le dessinateur adéquat, ce qui prendra une longue année.

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Arrivée au numéro 236, Ann Nocenti (déjà réputée pour la mini-série Longshot) se démène donc depuis des mois sur Daredevil avec un armada de dessinateurs fabuleux (Arthur Adams, Rick Leonardi, Charles Vess, Mike Zeck) mais, hélas, incapables d’assurer un rythme mensuel sans bâcler leur travail.

La solution vient au numéro 250 avec l’arrivée de John Romita Jr. Pas encore la superstar que l’on connait, le fils du grand John, avec son style encore brute (mais déjà reconnaissable entre tous), va créer chez Ann Nocenti un élan inattendu qui va donner naissance au run le plus dantesque de l’homme sans peur. Intercalé entre les crossovers  »Fall of the Mutants » et  »Inferno » des titres X-Men, Daredevil s’en lave les mains et poursuit son maître-plan sans se soucier du Marvel Universe (ce qui est réciproque). Créant Typhoid Mary et quelques autres personnages bien barrés, le duo Nocenti/Romita Jr va juste faire exploser les limites de la série, maltraitant son héros principal avec un acharnement confinant au sadisme. Le point culminant de ce drame étant la confrontation avec Mephisto qui amènera notre héros directement en enfer!

Hélas pour Daredevil, les rééditions du catalogue Marvel étant gérées par de véritables aveugles, il est impossible d’obtenir l’intégrale du run de Ann Nocenti. Les deux premiers volumes, contenant les épisodes 254 à 273 (sans les fil-inns), occultent toute la fin avec Mephisto et the Inhumans. Quand au volume sortit dans la collection Epic, il va du 253 au 270, ce qui est encore plus frustrant, vu qu’il ne sert qu’à remplacer le deux premiers volumes tout en s’avérant aussi incomplet. Epic étant une collection d’intégrales qui ne sort pas dans l’ordre chronologique, il est impossible de savoir quand sortiront les autres volumes. Pour ma part, je trouve incroyable que le travail de Ann Nocenti (du même niveau que celui de Miller, voir supérieur) ne soit pas disponible dans son intégralité après toutes ces années.

TO BE CONTINUED.

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