CES FILMS AU DESSUS DE L’HUMANITÉ (PARTIE 1)

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Fin d’année oblige, les tops repointent le bout de leur nez afin de faire le bilan des douze derniers mois. Films, romans, disques, bandes dessinées, jeux vidéos, célébrités et événements de tout genres envahissent les médias, autant physiques que virtuels, nous rappelant ce qui fut et ne sera plus (ou presque) l’année prochaine.

Et puis il y a ces autres classements, dits définitifs (surtout pour les disques et les films), qui viennent, à coup de tops 100, nous lister les délires de journalistes légèrement mégalos ou les résultat de sondages populaires difficilement vérifiables. On y trouve toujours à boire et à manger, la plupart du temps des œuvres ou personnes reconnues, le tout agrémenté d’un peu de diversité, histoire de ne fâcher personne et de rassurer tout le monde.

Ne m’amusant plus à numéroter ce que j’aime depuis quelque temps déjà, il m’a semblé nécessaire de vous présenter une toute autre forme de liste, basée non pas sur la popularité et les qualités incontestées de certaines œuvres, mais sur le ressenti inattendu qu’elles ont pu provoquer lors de leur passage, autant devant les yeux qu’au travers des oreilles.

Nous allons parler ici d’œuvres uniques en leur genre et qui nous élèvent; des œuvres dont on ne ressort pas indemne après y être entré. D’où le titre de l’article, quelque peu prétentieux au premier abord mais au final assez juste, sans vouloir être trop présomptueux (pas mon genre, hein).

Il y aura deux sortes de listes, une pour les disques et une autre pour les films. Je commencerai avec les films afin de contenter quelques ami(e)s cinéphiles avec lesquel(le)s je converse de ce sujet précis.

Ne sachant pas encore le nombre d’entrées qu’il y aura, j’ai renoncé à toute numérotation (si ce n’est dans le titre), simplement l’année de sortie ou de production de l’oeuvre (avec un petit texte informatif et quelques crédits nécessaires). Ces listes sont même appelées à évoluer après publication (les fameux oublis qui gangrènent toute liste définitive étant ici rattrapés par une seconde sélection et ainsi de suite), mais l’important, c’est que l’ensemble fasse sens et ne soit pas un catalogue de frustration. Je commence donc avec une première sélection d’œuvres que je considère comme incontournables.

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Metropolis (1927) de Fritz Lang

Une cité futuriste (partagée entre une méprisante élite dominante et une classe ouvrière à bout de nerfs) est le théâtre de la romance improbable entre le fils de son créateur et la femme qui prédit le début d’une révolution culturelle et l’arrivée d’un sauveur. Oeuvre somme, Metropolis a définit une bonne partie du XXème siècle, le hantant sous différentes formes tronquées avant de revenir au début du siècle suivant dans une version enfin complète. S’il est un seul film au dessus de l’humanité, c’est bien celui-là.

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Frankenstein (1931) de James Whale

Un soir d’orage, un scientifique se prenant pour Dieu donne vie à une créature faite à partir de cadavres fraîchement sortis de leurs tombes. S’enfuyant dans la nature, l’être tourmenté (mais doué de raison) se retrouve confronté à une population hostile et désireuse de le détruire. Glorieuse adaptation du roman de Mary Shelley, le film de James Whale, loin de son statut horrifique, demeure un magnifique playdoyer humaniste

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Les Enfants du Paradis (1945) de Marcel Carné

Sur fond de monde du théâtre (et du vaudeville), l’histoire d’amour compliquée entre le mime Baptiste (Jean-Louis Barrault) et l’actrice Garance (Arletty), cette dernière étant aimée et convoitée par trois autres hommes très différents. Dosant les rebondissements, les quiproquos et le drame avec une maestria rarement égalée, ce film gigantesque (écrit par jacques Prévert) semble toujours en suspension entre rires et larmes.

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La Belle et la Bête (1946) de Jean Cocteau et René Clément

La fille d’un imprudent marchant se substitue à ce dernier pour honorer sa dette, devenant la prisonnière volontaire d’un être aussi mystérieux qu’effrayant. Évoluant dans un fascinant château vivant, l’action nous montre un duel des nerfs qui se transforme en l’une des plus belles histoires d’amour de tous les temps. Un conte de fées indépassable et magnifié par le duo constitué par Josette Day et Jean Marrais.

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Jeux interdits (1952) de René Clément

Devenue orpheline suite à un raid aérien allemand, la petite Paulette (Brigitte Fossey) se lie d’amitié avec le fils d’un pauvre fermier avec qui elle passe ses journées à jouer, commençant à exorciser leur relation à la mort en construisant un cimetière pour animaux. Porté par la performance époustouflante de justesse de ses deux jeunes protagonistes, le film de René Clément s’avère un monument érigé à la reconnaissance des enfants en tant que personnes à part entière.

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Rebel without a Cause (1955) de Nicholas Ray

Jim est un jeune homme de son temps qui n’a pas toujours eu la vie facile et qui se retrouve dans une nouvelle ville à devoir tout recommencer. Se faisant de nouveaux amis, il ne tarde surtout pas à se faire de nouveaux ennemis, ces derniers le provoquant jusqu’au drame. Film formateur de toute une génération éprise de liberté et de rock’n’roll, La Fureur de Vivre est aussi le film qui a inscrit le regretté James Dean dans l’éternité.

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The Incredible Shrinking Man (1957) de Jack Arnold

Victime du passage d’une mystérieuse brume alors qu’il se trouvait en mer avec sa compagne, Scott Carey (Grant Williams) commence progressivement à rétrécir quelques temps plus tard. Résigné à son sort, il ne se doute pourtant pas que sa taille va continuer de diminuer jusqu’à l’infini. Allégorie de la disparition dans ce qu’elle a de plus absolue, ce classique indépassable (aux effets spéciaux toujours magnifiques) s’avère poignant jusqu’à ses dernières secondes. Mainte fois imité mais jamais égalé.

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The Magnificent Seven (1960) de John Sturges

Rançonné par des bandits plusieurs fois par année, un village à la frontière mexicaine, décide d’engager quelques fines gâchettes pour s’en débarrasser. Acceptant de risquer leurs vies pour un salaire de misère, sept individus aux raisons diverses, vont faire front comme jamais. Western atypique s’il en est, ce remake improbable des Sept Samouraïs s’avère au final rempli d’un souffle épique et servi par un casting légendaire; dont Robert Vaughn (mort très récemment) était le dernier survivant.

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Midnight Cowboy (1969) de John Schlesinger

Joe Buck, un jeune et naïf gigolo texan (Jon Voight) débarque à New York dans l’idée de devenir riche et célèbre, devenant ami avec le bien-nommé Ratso (Dustin Hoffman), un arnaqueur de la pire espèce mais terriblement touchant. Filmant New York comme personne, John Schlesinger crée l’un des duos les plus improbables du cinéma, re-popularisant un genre quelque peu abandonné à l’époque, celui du buddy movie. Mais que ce film est dur.

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Badlands (1973) de Terrence Malick

Bien avant Natural Born Killers, Terrence Malick revisitait le mythe de Bonnie & Clyde en envoyant deux kids amoureux (Martin Sheen et Sissy Spacek) se perdre dans une odyssée meurtrière et sans issue au fin fond du Dakota. Poussant le romantisme criminel à son paroxysme, cette balade sauvage rendit floue à tout jamais la frontière cinématographique entre le bien et le mal. Un film plus tard, son réalisateur disparut durant vingt ans.

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Alien (1979) de Ridley Scott

Détourné de son retour sur Terre, l’équipage d’un vaisseau spatial cargo se retrouve malgré lui confronté à une créature extra-terrestre redoutable (crée par H.R. Giger) qui les élimine les uns après les autres par pur instinct de survie. En plus d’être autant un magistral film d’horreur que de science-fiction, Alien imposa l’idée qu’une femme (Sigourney Weaver ici) pouvait être le personnage central d’un film d’action et offrir au cinéma des émotions viscérales jusqu’ici refoulées.

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Le Roi et l’Oiseau (1980) de Paul Grimault

Une bergère et un ramoneur tentent de fuir la menace d’un roi tyrannique dans ce film d’animation poétique et d’une beauté incomparable. Il aura fallu plus de trente ans à son réalisateur (épaulé par Jacques Prévert) pour achever cette oeuvre unique (inspirée de Hans Christian Andersen) en son genre et qui se veut autant une première explication du fascisme aux enfants qu’une une puissante histoire d’amour.

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The Plague Dogs (1982) de Martin Rosen

Snitter (voix de John Hurt) et Rowf, deux chiens s’étant échappé d’un laboratoire de recherches, tentent de survivre tant bien que mal aux humains lancés à leurs trousses dans une campagne anglaise pleine de dangers. Drame animé qui aura crée bien des vocations, cette parabole animale, aussi dure que poétique, demeure un électrochoc, ainsi qu’un pas important pour la reconnaissance des droits des animaux. Bouleversant et déchirant jusqu’à la dernière scène.

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Kaze no tani no Naushika – Nausicaä of the Valley of the Wind (1984) de Hayao Miyazaki

Pacifiste et guerrière à la fois, la princesse Nausicaä se démène comme jamais pour empêcher deux nations de rentrer en guerre, ce qui pourrait amener à la destruction de leur planète, déjà en piteux état suite à la pollution et des conflits sans fin. Profondément écologiste et traversé par de grandes vagues mélancoliques, ce film  »sonnette d’alarme » est à ranger au patrimoine de l’humanité pour la puissance poétique de son message.

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Ran (1985) de Akira Kurosawa

Dans le japon médiéval, un seigneur de guerre tout puissant prend sa retraite et confie naïvement son royaume à ses fils, créant sans le vouloir une réaction en chaîne dévastatrice qui va plonger le pays dans la guerre la plus totale. Fresque démesurée et foudroyante, Ran s’avère bouleversant de bout en bout, enfonçant tout les canons de l’époque en nous rappelant toute la grandeur de son illustre réalisateur.

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Akira (1988) de Katsuhiro Otomo

Dans les rues de Neo-Tokyo, une bande de jeunes motards désœuvrés se retrouve confrontée à quelque chose qui n’aurait jamais dû sortir des laboratoires secrets de l’armée. Une deuxième apocalypse se prépare et elle se prénomme Akira. Pari insensé pour l’époque, cette adaptation de plus de 2000 pages de mangas par son auteur s’avère fulgurante, sa perfection visuelle n’ayant d’égal que le passionnant récit abrégé qui nous est servit ici et qui laissera l’amat(rice)eur de science-fiction (et de physique quantique) sur les rotules, littéralement. Et le soundtrack de Tsutomu Ohashi est ultime.

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Les Amants du Pont-Neuf (1991) de Leos Carax

Les tribulations dramatico-amoureuses de Alex (Denis Lavant) et Michèle (Juliette Binoche), clochards célestes résidant sur le plus vieux pont de Paris durant une période de travaux. Beau et cruel, comme peut l’être le fait de ne plus avoir aucune attache, ce drame de trois heures est un uppercut en plein cœur qui continue de bouleverser à chaque vision. L’un des plus beaux films de toute l’histoire du cinéma, rien de moins.

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The Nightmare before Christmas (1993) de Henry Selick

Quand le pays d’Halloween, mené par le fantasque Skeleton Jack, décide de kidnapper le père Noël pour se substituer à la fête la plus importante de l’année sur Terre, c’est tout l’équilibre du monde qui en est changé. Animé en stop-motion, ce classique hivernal est certainement la plus belle déclaration d’amour que Tim Burton pouvait faire à ces deux fêtes diamétralement opposées et pourtant si proches.

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Twelve Monkeys (1995) de Terry Gilliam

Dans un futur dévasté par un virus inconnu, un condamné est renvoyé dans le passé pour recueillir des informations vitales sur la création de cette arme bactériologique qui a pratiquement éradiqué toute vie sur Terre. Remake paranoïaque de La Jetée de Chris Marker, L’Armée des 12 Singes n’a rien perdu de son pouvoir de fascination, porté par des acteurs habités (Bruce Willis et Brad Pitt) au milieu d’une ambiance de fin du monde comme seul l’ancien Monty Python sait les montrer.

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Fucking Amal (1998) de Lukas Moodysson

Dans une petite ville paumée de Suède, deux adolescentes qui n’ont rien en commun (Elin est jolie, populaire et désespérée, alors que Agnes est plus banale, naturellement triste et secrètement amoureuse d’Elin) vont apprendre à se connaître sur fonds de cours d’écoles bien glauques et de soirées ennuyeuses à mourir. Une étude sociologique fascinante et une justesse dans le jeux des deux jeunes actrices (Alexandra Dahlström et Rebecka Liljeberg) font de cette comédie douce-amère un film unique en son genre.

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Faa yeung nin wa – In the Mood for love (2000) de Wong Kar-Wai

Un homme et une femme, suspectant leurs conjoints respectifs de les tromper, se rapprochent insidieusement, tout en se promettant de ne pas s’abaisser au même niveau. Miracle d’esthétisme et de passions refoulées, ce film élégant  et parfaitement maîtrisé se contemple comme un tableau animé, notre regard se perdant dans ceux des personnages interprétés par Maggie Cheung et Tony Leung, amants contrariés pour l’éternité.

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Ghost World (2001) de Terry Zwigoff

Inspiré d’un comic de Daniel Clowes, cette histoire douce amère de l’Amérique moderne raconte, au cœur d’une petite ville, la lente dissolution de l’amitié de deux jeunes femmes (jouées par Thora Birch et Scarlett Johansson) après le lycée. Rempli de personnages hauts en couleurs, le film est une ode à la fin de l’adolescence et à l’entrée dans le monde adulte. Entre cruauté ordinaire, perte des illusions et découverte de la solitude, Ghost World s’avère d’une tristesse aussi infinie que salutaire.

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Martyrs (2008) de Pascal Laugier

Lucie (Mylène Jampanoï) retrouve le couple qui, enfant, l’a enlevée et torturée jusqu’à-ce qu’elle s’échappe, les exécutant sommairement en même tant que leurs deux enfants. Rejointe par Anna (Morjana Alaoui), Lucie est également rattrapée par ses propres démons, laissant sa meilleure amie seule dans une maison qui n’a pas encore révélé son plus terrible secret. Descente aux enfers terminale dans l’histoire du cinéma, Martyrs est un film qui aura dévasté le cœur de ses spectateurs, remettant au passage la France sur la carte du cinéma de genre de la plus furieuse des façons.

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Watchmen (2009) de Zack Snyder

Dans une uchronie sombre faite de guerre froide et de super-héros mis à la retraite par le gouvernement américain, le meurtre de l’un d’eux déclenche une enquête de ses anciens collègues qui va déboucher sur une révélation aux proportions gigantesques. Brassant un demi-siècle de pop culture (avec Dylan, Hendrix et Cohen dans le soundtrack), cette parabole ultime (et digne adaptation du comic d’Alan Moore et Dave Gibbons) est la plus belle déclaration d’amour à un genre souvent maltraité par les studios hollywoodiens.

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Only Lovers left alive (2013) de Jim Jarmush

Deux amants (Tom Hiddleston et Tilda Swinton) se retrouvent enfin après une longue séparation. Vampires hédonistes ne frayant avec les humains que pour des raisons matérielles, les deux tourtereaux voient leur réunion troublée par l’arrivée de la jeune sœur totalement inconsciente de ce dernier. Moment de non-vie à rendre jaloux le plus grand des vivants, cette ballade au ralenti (dans les rues hantées d’un Détroit abandonné et crépusculaire) s’avère d’une poésie et d’un romantisme absolu.

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It follows (2014) de David Robert Mitchell

Jay (Maika Monroe), une lycéenne de dix-neuf ans, est suivie par une entité mortelle (apparue après un rapport sexuel) qui a la faculté de prendre les traits de n’importe mais que personne ne peut avoir à par elle. Fonctionnant sur une idée géniale, It follows convoque le cinéma indépendant des années 80 en racontant une histoire terrifiante avec une économie de moyens, une bande sonore et un sens de l’image et du cadrage qui rendent directement hommage à John Carpenter.

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Mad Max: Fury Road (2015) de George Miller

Dans un monde post-apocalyptique bien connu, Furiosa (Charlize Theron) se rebelle contre les siens pour sauver ses sœurs de l’esclavage. Croisant le chemin d’un certain Max qui manque de la tuer pour s’enfuir, elle en fait son allié, ce dernier se révélant par la suite étonnamment concerné par leur sort. Retour invraisemblable d’une franchise (et d’un réalisateur) que l’on croyait reléguée aux années 80, Fury Road est un chef d’oeuvre de narration silencieuse, un exemple ultime de blockbuster cérébral, ainsi qu’un maelstrom émotionnel qui en aura fait pleurer plus d’un(e) lors de son visionnage en salles.

Fin de cette première sélection, la suite bientôt, un jour, peut-être…

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