DRAGON BALL DE AKIRA TORIYAMA (PARTIE 3)

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Ce qui est très plaisant avec le manga d’Akira Toriyama, c’est qu’un bon quart des volumes (juste avant l’arrivée du démon Piccolo, puis de son fils) ressemble à un décalque réjouissant de Docteur Slump (Arale et cie font même une longue apparition dans un des volumes). Bien sûr, la violence est un peu plus frontale et le personnage meurtrier de Tao Pai Pai est véritablement odieux, mais l’on navigue encore pas mal dans une sorte de conte fantastique pour enfants (même si Tortue Géniale et un pervers et que Bulma est  dévergondée), raccordant la série avec les débuts de l’auteur, quand il mettait encore en place son petit monde.

Mais comme je le disais précédemment, ce sont les nuances, les non-dits et les métaphores qui font la force de Dragon Ball, ainsi que sa différence avec Docteur Slump (même si ce dernier est également codé à sa façon), les valeurs de courage, d’effort, de camaraderie et de sacrifice étant clairement mises en avant avec quelques autres, donnant à Dragon Ball autre chose qu’un but primaire, du sens. Du moins pour l’instant.

Après, aucune œuvre n’étant parfaite, Dragon Ball est également victime des lacunes éducatives de son créateur (29 ans au moment de la première parution dans Shonen Jump Weekly au Japon), à savoir une incroyable misogynie et un sexisme confinant à la bêtise. Que Bulma, d’abord présentée comme une aventurière, soit reléguée progressivement à un rôle anecdotique de gourde vulgaire, tandis que Chi Chi passe du statut de petite peureuse à celui de caricature de mère au foyer, est une une chose, mais que les premiers personnages féminins  »forts’ soient des cyborgs… cela en dit long sur le mépris de l’auteur pour la femme en tant que combattante. La première femme répondant à ce critère, Videl, est hélas traitée comme une pauvre petite créature, certes méritante, mais qui n’arrivera jamais à un niveau utile pour servir à quoi que ce soit. Elle est rapidement expédiée et reléguée à un statut de faire-valoir, sans possibilité de briller plus longtemps, ayant atteint ses limites.

Quand au racisme de l’œuvre, il me suffira de mentionner la représentation colonialiste de Monsieur Popo. Un faux pas  »excusable » à l’époque de Tintin au Congo mais certainement pas au milieu des années 80.

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Autre sujet de discorde, l’arrivée de nouvelles menaces, toutes plus dangereuses les unes que les autres, devenant exponentielles jusqu’à la fin du récit, du démon Piccolo à son fils, puis Vegeta, Freezer, Cell et, enfin, Boo, ce dernier se voyant remplacé par son double négatif. Rajoutez au milieu de tout cela une quantité de personnages intermédiaires, acolytes, savants fous et aspirants despotes, et vous aurez une vision relativement juste de la surenchère dont la série a été victime.

A cette accumulation de vilains s’ajoute l’accumulation des Dragon Balls, de plus en plus souvent (et facilement) utilisées pour ressusciter les trop nombreuses morts de personnages principaux et secondaires de la série. On en arrive à un moment où la mort n’a plus aucune espèce d’importance, nos héros se retrouvant au Paradis en compagnie d’autres héros et de divinités, ces derniers les aidant à parfaire leur puissance pour le moment où ils reviendront dans le monde des vivants pour continuer à se battre.

Se battre… c’est désormais le principal leitmotiv de la série. Plus rien ne compte autant pour certains personnages que de se battre, sans véritable raison qui plus est. Que ce soit Vegeta, archétype du fasciste aveuglé par son égo, Son Goku, père indigne se battant pour le plaisir et prêt à envoyer son fils à la mort, ainsi que quelques autres, l’existence ne se résume plus qu’à un combat sans fin et sans autre but que de gagner, encore et encore, jusqu’à-ce qu’il ne reste plus personne à combattre. Un peu comme le catch à la télévision en somme.

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