WONDER WOMAN DE PATTY JENKINS (PARTIE 3)

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Désolé pour la coupure mais je m’oblige à faire court (en coupant en deux, super méthode…), parce que je ne veux plus pondre des articles interminables à chaque fois que je m’emporte sur un sujet. J’en termine donc ici avec mon analyse de ce que j’ai vu, toujours sans l’aide d’internet

Le début du film, sur l’île de Themyscira (Ok, j’ai vérifié l’orthographe) avec ce peuple d’Amazones, était certainement le truc le plus casse-gueule qui soit pour l’introduction de Diana Prince mais, fort heureusement, la réalisatrice s’en sort haut la main, offrant une civilisation totalement féminine de guerrières invincibles sans que cela ne soit un seul instant idiot ou pire, déplacé.

Le seul problème, à mon sens, est le statut des Amazones, visiblement encore mortelles et décrites comme des êtres humains vivant dans le souvenir, moitié aimant, moitié apeuré, de leurs dieux, ces derniers ne s’étant plus manifestés depuis une éternité. Et c’est là que ça coince un peu, parce que d’entrée, le film nous montre quelque chose d’impossible en tentant justement d’occulter l’origine de cette impossibilité. Les Amazones, en tout cas chez DC, sont devenues immortelles après s’être libérées de leurs oppresseurs mâles. Donc, déjà, elles devraient être à un niveau semi-divin, et ensuite ne devraient pas tomber aussi facilement sous les balles des envahisseurs. Sans compter que pour une île interdite aux hommes, ça en fait quand même un sacré paquet qui débarque sur leur plage sans être refoulé dès la mer! Mais passons. On est dans un film, les comics sont plein de variations (je soupçonne que le graphic novel Amazonia a été massivement exploité par la production) et il faut bien une bataille réaliste après toute cette semi-mythologie. Mention à Robin Wright, totalement épique.

Pour ce qui est de Chris Pine, son Steve Trevor n’est rien d’autre qu’une variation de son Capitaine Kirk de Star Trek, ce qui me va très bien, adorant la tonalité du personnage et son esprit, finalement très semblable à celui du grand héros romantique qu’a toujours été l’amoureux éternel de Wonder Woman. Ce qui fonctionne toujours parfaitement, c’est que malgré la disproportion de force entre les deux, leurs rapports et conflits ne soient jamais physiques mais toujours sur les mots, leur coup de foudre étant autant spirituel qu’intellectuel. Un bon point en ce qui me concerne, l’alchimie de Gadot et Pine passant principalement par leurs voix, même si certain(e)s n’aiment pas celle de l’acteur.

Tout le passage à Londre m’a fasciné, voir cette ville à travers les yeux d’une princesse guerrière est véritablement l’un des plaisirs visuels de ce film. Que Diana puisse s’extasier à goûter une glace ou voir un bébé pour la première fois sont quelques-unes des merveilles de Wonder Woman.

Même chose avec l’assistante de Steve Trevor, représentation de la femme au début de ce siècle, pleine de potentielle, d’esprit mais entourée par la puissance masculine d’une société patriarcale, comme le rappellera si bien une scène de réunion strictement interdite aux femmes. Il est d’ailleurs intéressant de voir le comportement de Steve Trevor, conscient d’un déséquilibre social mais répétant le comportement d’oppresseur sur Diana sans véritablement s’en rendre compte, tentant de limiter les dégâts au nom de l’étiquette, du rang et de toutes ces conneries inventées pour contrôler les gens.

On en arrive au passage du recrutement de l’équipe de francs-tireurs, pour moi une autre faiblesse du film car les personnages, tous fascinants, me semblent sous-exploités et cantonnés à des rôles de figurants de luxe, ce qui à tendance à m’horripiler après une heure. En y réfléchissant, je me dis qu’ils font quand même bien avancer l’histoire, mais cela semble la plupart du temps impersonnel, même si le passage dans les tranchées, puis la révélation de Wonder Woman et son soutien durant la prise du passage, fonctionnent totalement. A revoir pour être fixé.

Pour ce qui est des ennemis, nous avons cette fois affaire à un duo allemand qui pourrait en remontrer à passablement de nazis de la seconde guerre mondiale, Danny Huston et Elena Anaya (Doctor Poison) rivalisant durant tout le film sans en faire des caisses, ce qui est plutôt rare. Et on peinera vraiment à dire qui est le plus evil des deux, surtout après l’extermination du village, sauvé la veille par nos héros.

On en arrive à la dernière partie du film, sans doute la plus redondante, car ressemblant bien trop à ce que dois désormais être la fin d’un film de super-héros. Alors je ne vais même pas m’énerver sur le fait que le véritable méchant du film nous est révélé par une twist tellement honteux que je n’ai même pas songé à y penser (du coup, génial?!), mais franchement, on ne pouvait pas choisir un autre acteur, qui ressemble, ne serait-ce qu’un minimum au personnage en question?! Et c’est quoi cette armure de merde et cet effet d’ombre chinoise?!

Et j’hésite à mentionner le combat final sur l’aérodrome, digne de Dragonball, époque super sayiens. Plus rien ne fait vraiment sens à ce moment-là, les paroles semblant aussi puissantes que les pouvoirs des deux adversaires, l’un inventant de nouvelles techniques d’attaque, tandis que l’autre développe instantanément de nouveaux pouvoirs de défense… du grand n’importe quoi. Mais c’est beau, ça explose de partout et on ne comprend pas pourquoi leurs pouvoirs respectifs s’intensifient en fin de combat…

La fin est standard, suivie d’un épilogue expédié et illisible qui envoie Wonder Woman affronter on ne sait trop quoi, on ne sait trop où, le générique de fin terminant de nous laisser dans l’attente d’un improbable ennemi qui ne viendra jamais.  Wow… on s’étonnerait presque que le film, malgré ses qualités évidentes, ai cartonné de la sorte.

J’aurai pu encore compter le nombre d’invraisemblances, faux raccords et trous scénaristiques honteux (Que deviennent les envahisseurs allemands sur l’île? Qu’arrive-t-il à leur navire? L’écossais retrouve-t-il sa dextérité de tireur ? Ares est mort??!!) mais c’est inutile, rien n’arrive à couler le feel-good movie et cette vieille arlésienne qu’est Wonder Woman, the movie!

On a pourtant là une œuvre partiellement bâclée, quelque peu aseptisée et vidée de son contenu le plus militant (aucune mention de monde patriarcal dans la bouche de Diana). Pire, le film initial a été révisé pour ressembler à un film Marvel (suite aux réactions outrées après BvS)! Mais rien n’y fait, le bonheur d’avoir enfin un film de Wonder Woman digne de ce nom l’emporte sur toutes les évidentes scories du long-métrage. Et finalement, c’est bien là l’essentiel. DC/Warner peut bien avoir une décennie de retard sur Marvel, son univers cinématique a bien plus de gueule et n’a pas encore cédé aux sirènes mercantiles du simple divertissement tout public.

Vivement Justice League en novembre!

 

http://wonderwomanfilm.com/

 

 

 

 

 

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