PROMETHEA DE ALAN MOORE ET J.H. WILLIAMS III

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Création d’Alan Moore et J.H. Williams III en 1999, Promethea fut une série publiée par America’s Best Comics, un label de WildStorm vendu à DC Comics. A la différence des autres créations de Moore pour ABC, elle est la seule à ne pas avoir été continuée après son départ en 2005.

Démarrant en 411 à Alexandrie (Promethea #1), le récit fait ensuite un bond dans le temps jusqu’à son personnage principal : Sophie Bangs, une jeune étudiante vivant dans une version alternative et futuriste du New York d’aujourd’hui. Devant rendre un papier sur un personnage mythologique nommé Promethea, ayant découvert qu’il ne cessait de réapparaître sans raison au travers de la littérature et de la pop culture, elle se rend au domicile de Barbara Shelley, la veuve d’un scénariste de comic. Attaquée par une incroyable, Sophie est sauvée par Barbara, devenue Promethea. Plus tard, Sophie deviendra également Promethea, cette dernière étant un concept de The Immateria, un royaume où les histoires prennent vie, se répétant inlassablement depuis la nuit des temps.

On est ici très loin du concept de Wonder Woman, tout comme Tom Strong avait finalement peu de lien avec Superman et Top 10 tout aussi peu avec Astro City. C’est là toute la force de l’écriture d’Alan Moore que de pouvoir créer du contenu original avec quelque chose d’aussi répétitif et éculé que les comics de super-héros.

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Comme pour les autres séries du catalogue ABC, Alan Moore a fait appel à des artistes de premier plan, à l’image du dessinateur J.H. Williams III, l’un des plus grands esthètes du médium, la beauté et la précision de son dessin n’ayant pour égale que la formidable inventivité de ses mises en pages et autres compositions, le tout excellement encré par Mick Gray.

Rapidement, Alan Moore révèle le complot millénaire contre Promethea, dont The Temple et ses créatures de l’autre monde ont juré de détruire chacune de ses incarnations (Promethea #2). Devant jongler entre sa vie d’étudiante et ses nouvelles responsabilités divines, Sophie, accompagnée de son amie Stacia, va tenter d’en apprendre plus sur son alter-égo, tombant sur un vieux récit écrit par le poète Charlton Sennet (Promethea #4). L’occasion de retrouver l’artiste Charles Vess le temps de huit pages rares.

Les nouveaux visages s’accumulant épisode après épisode, on ne les énumèrera pas ici, le but n’étant pas de s’étaler sur chaque caractère. J’en citerai quand même deux pour leur originalité : Jack Faust et The Painted Doll. Si le premier est un vieux magicien pathétique, simplement intéressé à aider Promethea pour gagner ses faveurs sexuelles, le second est quant à lui un flamboyant terroriste, ressemblant vaguement au Joker et motivé essentiellement par l’élégance et le panache de ses crimes, quitte à en mourir. Quant aux autres Promethea, on les rencontre au fil de l’histoire, la plupart du temps au travers de flashbacks, chacune d’entre-elles correspondant à une période de l’histoire, depuis la toute première à Alexandrie.

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Accueillant Jose Villarrubia pour un épisode roman-photo (Promethea #7), la série se poursuit, entre attaques de démons et nouvelles découvertes sur le passé de son personnage, Sophie en apprenant progressivement de plus en plus sur la magie, le mysticisme, ainsi que l’Arbre de Vie. Le véritable visage de The Temple sera également révélé (Promethea #9), tandis que Jack Faust obtiendra finalement ce qu’il recherchait (Promethea #10).

Réalisant un épisode renversant et renversé, car au format à l’italienne (Promethea #11), J.H. Williams III retrouve Jose Villarrubia pour le numéro suivant, ce dernier réalisant cette fois des peintures en lieux et place de ses photos digitales. Se partageant le comic en deux, le premier dessine le haut des pages, tandis que l’autre en illustre le bas. Une première dans le genre.

Partant dans The Immateria à la recherche d’une nouvelle forme de magie (Promethea #13-23), Sophie laisse son amie Stacia à New York assumer ses taches en tant que nouvelle incarnation de la déesse. Ces épisodes sont un prétexte à un road trio cosmique, Sophie/Promethea traversant différentes dimensions, retrouvant Barbara Shelley et rencontrant nombre de mythes et de divinités, tandis qu’à New York, la nouvelle Promethea a fort à faire pour empêcher le chaos, sans compter que le FBI est désormais à la recherche de Sophie, ainsi que de son alter-égo.

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Cette storyline, sans titre de près d’une année, aura permis à Alan Moore de traiter en profondeur de nombre de sujets qu’il affectionne, la mythologie d’abord, le mysticisme, l’existentialisme, ainsi que la Kabbale, cette dernière lui ayant valu passable de critiques par la suite.

Graphiquement, J.H. Williams III aura également pu mettre en pratique différentes techniques graphiques, à l’images de ses couvertures pour la série, toujours réalisées sous la forme d’un hommage, que ce soit à un style artistique ou une à l’œuvre d’une personne. Citant Margaret Brundage, Virgil Finlay, Winsor McKay, Maxfield Parrish, Van Gogh, les Beatles, Bonnie McLean ou encore Terry Gilliam comme références, le dessinateur virtuose se sera beaucoup amusé à reproduire les techniques de travail de ces derniers au travers des pages de Promethea.

La suite du récit voit Sophie confrontée à Stacia (Promethea #24), cette dernière ne désirant pas renoncer à son rôle en tant que Grace. L’affrontement entre les deux déesses donnera lieu à un procès divin. Pendant ce temps, l’enquête du FBI, menés par les agents Lucille Ball et Karen Breughel, va de révélations en révélations (Promethea #25), dévoilant finalement toute la vérité et le danger que représente la déesse pour l’humanité.

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Se passant trois ans plus tard, l’épisode ‘’Later…’’ (Promethea #26) nous fait retrouver Sophie Bangs, maintenant Joey Estrada, vivant à Millenium City et ayant refait sa vie loin de son alter-égo. Rattrapée par le FBI et son passé, elle est appréhendée par Tom Strong (Promethea #27), ce qui a pour but de ramener Promethea, cette fois prête à mettre un terme à toute la création.

Prétexte à un crossover avec les autres personnages ABC, ces épisodes, en plus de Tom Strong et sa famille, permettent de retrouver Cobweb, Jonni Future, Jack B. Quick, Greyshirt ou encore Daisy Screensaver, tous réunis pour mettre un terme à cette crise sans précédent. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, The Painted doll, décédé plusieurs fois pas le passé, revient de la manière la plus inattendue qui soit (Promethea #28), ne sachant pas encore qu’il aura un rôle vital à jouer, s’il survit à lui-même.

Sorte de Crisis on Infinite Earths à lui, tout seul, cette dernière histoire, ainsi que sa résolution, ne sont rien en comparaison du dernier épisode (Promethea #32), véritable œuvre expérimentale en forme de trip cosmiques. En effet, ce comic peut se lire dans l’ordre ou en reconstituant son double-poster, composé des images des pages le constituant et révélant l’ancienne et la nouvelle Promethea.

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Les 32 numéros de Promethea ont été réédités en cinq volumes, softcover et hardcover, ainsi qu’en trois volumes Absolute oversized, le tout par America’s Best Comics. Après l’arrêt de WildStorm, la série a été reprise par Vertigo au travers de rééditions des cinq trade paperbacks originaux.

Une version Omnibus en un seul volume, annoncée en 2013, a finalement été abandonnée pour des raisons techniques inhérentes aux diverses spécificités techniques de la série.

http://www.vertigocomics.com/graphic-novels/the-promethea-omnibus

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