TYPHOID’S KISS DE ANN NOCENTI ET STEVE LIGHTLE

 

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Sortit en 1994, ce trade paperback reprend les épisodes publiés dans l’anthologie Marvel Comics Presents #109-#116. Présenté comme une aventure de Wolverine, ces huit épisodes courts sont en fait une histoire déguisée de Typhoid Mary, comme le prouveront son second run quelques mois plus tard.

Crée quelques années plus tôt par la scénariste Ann Nocenti dans les pages de Daredevil, Typhoid Mary, de son véritable nom Mary Walker, est une jeune femme, pure et innocente, victime d’un trouble dissociatif de la personnalité qui, non content de la transformer en furie meurtrière, s’ajoute à des pouvoirs de télékinésie et de pyrokinésie dont elle use sans retenue.

Rencontrant Logan, ce dernier ne connaissant pas encore son double maléfique, elle va l’entraîner dans une folle aventure questionnant sa raison d’être, ainsi que son rapport au monde et aux hommes, toujours les premiers à abuser d’elle ou à en faire un cobaye de laboratoire.

Si le scénario d’Ann Nocenti est un modèle de film noir, mêlant crime et sexualité dans un récit qui s’éloigne fortement des productions Marvel de l’époque, c’est surtout le dessin de Steve Lightle qui frappe.

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Ancien dessinateur de DC Comics, s’étant illustré sur Legion of Super Heroes, Steve Lightle, connu pour être un artiste minutieux et connaissant son anatomie, revient ici avec un style sombre et réaliste très impressionnant, son graphisme évoquant le trait de John Bolton ou encore celui de Jae Lee, deux superstars des comics passés depuis à la postérité, alors que Lightle est tombé dans un relatif anonymat.

la raison principale de cette injustice tient en grande parties à la publication de son travail dans Marvel Comics Presents, une publication fourre-tour à la maquette dégueulasse où le meilleur (la storyline Weapon X de Barry WIndsor Smith) côtoyait le pire de la production Marvel des années 90, le titre, en format flipbook, publiant quatre histoires différentes chaque deux semaines.

Perdu au milieu de trois autres histoires, le travail de Nocenti et Lightle ne pouvait espérer aucune reconnaissance, recouvert par des couvertures indigestes et une colorisation désormais bien datée. Malgré tout, le dessin de Steve Lightle explose chaque page, proposant des compositions sauvages et dangereuses, remplies d’images aussi mémorables qu’immortelles.

Avec le recul, Typhoid’s Kiss s’avère une sacrée virée en enfer (autant pour ses protagonistes que ses lecteurs), ainsi qu’une rencontre au sommet entre l’une des plus grandes scénaristes de comics de son temps et un dessinateur surdoué, qui aurait certainement pu devenir une superstar si son travail avait été défendu comme il se doit.

Marvel Comics, à l’époque, était hélas bien trop occupés à essayer de concurrencer Image, par des titres ultra-violents et d’une laideur sans nom, pour se préoccuper du travail d’une femme et d’un artiste free-lance.

Depuis, Typhoid’s Kiss, ainsi que sa suite et du matériel additionnel, ont été réédités en 2015 dans une épaisse anthologie du même nom.

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