THE WALKING WOUNDED DE ANN NOCENTI ET STEVE LIGHTLE

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Publié une nouvelle fois au travers de l’anthologie Marvel Comics Presents #123-#130, cette seconde aventure de Typhoid Mary, accolée à Ghost Rider pour l’occasion , réussit l’exploit de reculer les limites du traitement de la psychanalyse dans les comics, tout en s’avérant une séquelle supérieure, tant narrativement que graphiquement, à Typhoid’s Kiss.

The Walking Wounded, titre de cette storyline en sept parties, et inédite en trade paperback, permet à Ann Nocenti d’aller un peu plus loin dans le message qu’elle tente de faire passer au travers du personnage de Mary Walker, ici recueillie par une association de féministes radicale, et dont la stabilité mentale ne va pas durer très longtemps, réveillée par une série d’événements malheureux et exacerbée par les comportements criminels d’hommes indignes de ce nom.

La dualité, ainsi que la fascination/répulsion que Mary partageait avec Logan ( dans Typhoid’s Kiss), est ici remplacée par une nouvelle dynamique bien plus complexe, Danny Ketch et son alter-ego Ghost Rider étant d’un genre plus radical que le justicier canadien, esclave de ses émotions.

Toujours aussi viscéral dans son exécution graphique, Steve Lightle se dépasse une nouvelle fois, la nature métaphysique et démoniaque du récit d’Ann Nocenti lui permettant de réaliser de véritables tableaux cauchemardesques, au travers de pages proprement ahurissantes.

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Jamai réédités en un seul volume,  les épisodes de 1993 de The Walking Wounded auront dû attendre 2015 pour se retrouver enfin collectés dans l’épais volume Daredevil: Typhoid’s Kiss, une sorte d’intégrale des aventures solo de Mary qui n’a, évidemment, aucune continuité avec Daredevil.

En bonus, on y trouvera l’épisode final de la collaboration entre Ann Nocenti et Steve Lightle : Marvel Comics Presents #150, un vrai comic en entier qui rendra sa conclusion quelque peu amère, le numéro 151 étant dessiné par un autre.

Il est également profondément regrettable qu’un personnage féminin aussi féministe et original que Typhoid Mary soit, à chaque fois, accolé à un personnage masculin (Wolverine, Ghost Rider et maintenant Daredevil) pour être commercialisé. Comme si sa nature de femme l’empêchait de rencontrer le moindre succès. Une vision très masculine qui rappelle encore certains comportements récents dans l’industrie des comics.

Typhoid’s Kiss et The Walking Wounded font partie d’une œuvre culte et partiellement oubliée que l’on recommandera à tous les amateurs de récits sombres et torturés, ou à toutes celles et ceux qui pensent que Ann Nocenti était simplement l’une des meilleures scénaristes de comics de Marvel, toutes périodes confondues.

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