JOHN CONSTANTINE, HELLBLAZER PAR JAMIE DELANO

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Crée en 1985 dans les pages de The Saga of the Swamp Thing 37 par Alan Moore, Steve Bissette et John Totleben, John Constantine doit sa belle gueule à la pop star Sting, inspiration principale à l’époque. Détective de l’occulte, fumeur à la chaîne et maître-manipulateur résidant à Londres, cet ancien punk, rempli d’un cynisme égal à son humanisme (qui le pousse à aider son prochain, quitte à y risquer sa vie et celle de ses amis), est certainement l’un des plus grands anti-héros de fiction de la littérature mondiale, tous genres confondus.

C’est en 1988 que John Constantine, Hellblazer #1 arrive dans les bacs. Scénarisé par Jamie Delano et dessiné par John Ridgway, les deux premiers épisodes plantent le décor rapidement, un mal étrange, venu d’Afrique, tuant par malnutrition la population. Débarquant à Londres au même moment, John Constantine ne va pas tarder à identifier la provenance de cette épidémie, utilisant ses connaissances occultes pour l’enrayer, quitte à sacrifier le responsable, accessoirement l’un de ses plus vieux amis.

Se démarquant sensiblement du John Constantine esquissé par Alan Moore, Jamie Delano nous fait découvrir un homme sombre et sérieux, antipathique et ayant perdu le peu de charme que l’on pouvait lui trouver au premier abord. Surtout, on découvre une personne hantée par son passé (au sens propre) et qui utilise l’humour comme on utilise un parapluie. Et il va de soi que son humour est de la même couleur que sa magie.

Durant les premiers mois de publication, le tandem Delano/Ridgway va s’appliquer à développer le microcosme de John Constantine qui servira de modèle aux autres équipes artistiques durant toute la série. Premièrement, Londres est un personnage à part entière, représentée comme une ville glauquissime, puant la précarité, la violence et, qui plus est, infestée de démons, de spectres et d’horreurs en tous genres. Deuxièmement, l’entourage proche de John est inévitablement lié à ses tribulations. De sa logeuse, Mrs. M, à son ami et conducteur de taxi, Chas, en passant par la mystérieuse Dez ou encore sa nièce, Gemma Masters, ainsi que le reste de sa famille, chacun de ces personnages, à un moment ou un autre, va se retrouver mêlé à des phénomènes occultes ou simplement payer le prix de sa relation avec John, qu’elle soit proche ou éloignée. Et c’est l’une des règles immuables de la série, il ne fait pas bon être en relation avec John Constantine. Pour finir, Jamie Delano va également donner une sorte d’origine story à John, afin de lui conférer un statut quelque peu supérieur à celui de simple magicien, lui permettant de survivre aux forces du mal durant plus de deux décennies. Pour cela, Delano va introduire Nergal, un sous-démon exilé de l’enfer et dont le destin va s’unir inextricablement à celui de John, donnant ainsi une raison au titre de cette première storyline, nommée ‘’Original Sins’’.

John étant pour toujours lié au destin de la Créature du Marais et de sa femme Abby, Delano ne va pas manquer de les inclure dans son histoire, s’invitant dans les pages de Swamp Thing #77, avant d’incorporer le couple dans Hellblazer, afin de révéler un point noir essentiel du passé de John, celui des événements de 1978 à Newcastle. Cette tragique et sordide histoire, bien que formatrice pour John, représente le début de sa pratique des arts occultes, ainsi que celui de sa damnation, plus rien n’ayant été comme avant depuis ce jour. Moment charnière dans Hellblazer, ce récit aura des répercussions gigantesques bien des années plus tard.

John Ridgway ayant tiré sa révérence, son style, austère et réaliste, est remplacé par celui plus méticuleux de Richard Piers Rayner, encré par un certain Mark Buckingham. Pour ce qui est des couvertures, c’est Dave McKean qui les réalise depuis le début de la série.

Pour le premier annual de la série (sous une couverture peinte de Kent Williams), Jamie Delano introduit l’établissement psychiatrique de Ravenscar, un lieu sinistre où John à fait bien des allers-retours. Il y est également question de ses ancêtres, tout aussi versé dans la magie que lui et dont le futur réservera quelques développements.

Invité principal de cet annual, Bryan Talbot signe ici un travail détaillé et viscéral comme il en a le secret. Quant à la back-up story, elle revient à Dean Motter, qui se charge de nous présenter en images un clip vidéo de Mucous Membrane, le groupe de punk dont John était le chanteur à la fin des seventies. Encore un élément historique qui reviendra à plusieurs reprises dans le futur.

Avec la storyline ‘’The Fear Machine’’ (Hellblazer #14-#22), Delano poursuit son histoire sur le mode du flashback, John Constantine, recherché pour le fiasco de Newcastle, se retrouvant en cavale et échouant dans une communauté de hippies, cette dernière étant malheureusement la cible d’une société secrète désireuse de conquérir le monde.

Cette étrange histoire, dessinée au début par Richard Piers Rayner, puis Mike Hoffman, est principalement illustrée par Mark Buckingham, bien que son style, encore incertain à l’époque, soit recouvert par l’encrage d’Alfredo Alcala.

La série change temporairement de team artistique avec l’arrivée de Grant Morrison et David Lloyd sur Hellblazer #25-#26, puis Neil Gaiman et Dave McKean sur Hellblazer #27 pour la désormais classique histoire de spectre, ‘’Hold Me’’. Dick Foreman et Steve Pugh s’invitent pour un épisode, puis c’est au tour de Dean Motter (Hellblazer Annual #1) de dessiner son premier épisode de la série.

Terminant, en deux temps, ‘’The Family Man, son histoire de tueur en série avec Ron Tiner, Jamie Delano accueille ensuite Sean Phillips pour une poignée d’épisodes, afin de revenir sur le père de John Constantine, avant d’évoquer à nouveau l’enfance de ce dernier, puis de faire un bond dans le temps pour le retrouver grand-père. Signant quelques numéros en compagnie du prodige Steve Pugh, Jamie Delano tire sa révérence avec Hellblazer #40, illustré pour la seconde fois par l’immense Dave McKean.

http://www.vertigocomics.com/

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