THE REMARKABLE WORLDS OF PROFESSOR PHINEAS B. FUDDLE, DE BOAZ ET EREZ YAKIN

Cover for The Remarkable Worlds of Phineas B. Fuddle (DC, 2000 series) #1

C’est en réalisant mon livre sur Vertigo que je suis tombé sur ce petit joyau oublié du défunt label de DC Comics, Paradox Press, éditeur original de classiques tels que A History of Violence ou encore la saga Road to Perdition.

Se passant dans le Londres de 1902, ce récit suit les tribulations des professeurs Angus et McKee, des scientifiques que tout oppose mais que la raison rapproche, surtout quand leur ville se voit infestée depuis des jours par de mystérieuses et délirantes inventions semblant toutes droites provenir de l’espace. Partant à la recherche de l’éminent professeur Phineas B. Fuddle, les deux compères découvrent que leur collègue (et oncle de l’un d’eux) a découvert le moyen de voyager dans le temps et qu’il s’est mis en tête de bombarder le présent de technologie futuriste, afin de donner un grand coup d’accélérateur à l’évolution de l’humanité. Conscients du paradoxe temporel en cours, ainsi que du risque imminent de fin du monde déclenché par cette initiative irréfléchie, les deux professeurs voyagent à leur tour dans le temps pour retrouver leur confrère et lui faire réaliser son erreur. Mais une fois arrivés, ils se rendent compte que le problème est bien plus compliqué qu’il n’y paraissait, le passé ayant également été affecté.

Cover for The Remarkable Worlds of Phineas B. Fuddle (DC, 2000 series) #2

S’inspirant, tout comme The League of Extraordinary Gentlemen d’Alan Moore et Kevin O’Neil chez ABC, des récits victoriens, des pulps fantastique et de la littérature steampunk, le récit de Boaz Yakin (scénariste, réalisateur et producteur hollywoodien) s’avère une véritable montagne russe narrative. Convoquant les fantômes de Sherlock Holmes, Black et Mortimer ou encore l’influence de Jack Kirby (principalement ses New Gods et son Sandman), il retrouve ici le secret perdu des grandes aventures fantastiques de la première moitié du XXème siècle.

Pour mettre en images de telles idées, le trait fin, un peu hésitant mais très détaillé de son frère Erez, fait des merveilles. Rattrapant son style par une mise en pages imaginative, voir carrément révolutionnaire, il donne à l’ensemble une patine vintage du plus bel effet. Ce qui contraste d’ailleurs beaucoup avec le reste de son œuvre, dont The Silent City (Kitchen Sink), hommage, morbide et sans parole, à la ville de New York.

Cover for The Remarkable Worlds of Phineas B. Fuddle (DC, 2000 series) #3

Troisième participant et homme de l’ombre, le fameux artiste Angus McKie, pilier de Métal Hurlant et Heavy Metal (et pionnier de la colorisation digitale), ici coloriste et séparateur, voit les deux héros de l’histoire porter son nom et prénom. Un petit honneur qui en dit long sur le respect qu’il inspire aux deux créateurs, ainsi qu’au label, ce dernier lui offrant même une courte biographie en fin d’ouvrage aux côtés des deux créateurs.

Editée par Karen Berger pour le compte de Paradox Press en l’an 2000, cette mini-série en quatre parties a depuis été collectée en un seul volume, puis intégrée au catalogue Vertigo par la suite. On la trouve pour presque rien sur les sites de vente en ligne, ce qui est, avouons-le, un parfait scandale, ainsi qu’une bonne occasion de découvrir ce petit chef d’œuvre oublié qui, au passage, ferait une série télévisée ou un film extraordinaire.

Cover for The Remarkable Worlds of Phineas B. Fuddle (DC, 2000 series) #4

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