BARBARIAN QUEEN DE HECTOR OLIVERA

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Je termine cette petite trilogie de séries B Roger Corman (issue du coffret 2 dvds Sword & Sorcery Collection) avec Barbarian Queen, de loin le meilleur film des trois et également le plus discutable pour de nombreuses raisons.

Datant de 1985, cette coproduction argentino-américaine est à nouveau un véritable festival de sword and fantasy, sauf que, contre toute attente, le scénario va se révéler un peu plus subtil qu’à l’habitude.

L’action se situe dans un village barbare qui s’apprête à célébrer le mariage de la reine Amethea (Lana Clarkson) et du prince Argan (Frank Zagarino). Attaqué par les hordes de Lord Arrakur (Arman Chapman), le village est détruit, ses habitants massacrés et les survivants réduits à l’esclavage. Échappant à la rafle en compagnie de plusieurs de ses guerrières, Amethea décide de retrouver les survivants pour les libérer et venger par l’épée l’infamie de cette journée.

Et c’est là que le film devient extraordinaire pour l’époque, le scénario nous montrant des guerriers bodybuildés (dont la star Frank Zagarino) enchainés et disparaissant de l’action pour laisser la place à leurs contreparties féminines, armées et bien décidées à éliminer chaque responsable de ce carnage en le passant par la pointe de leur épée. Et ça, en 1985, c’était du jamais vu.

Déjà, le personnage d’Amethea, incarné par Lana Clarkson, change radicalement de celui que la belle blonde tenait dans le premier Deathstalker en 1983. Moins ronde et plus musclée, l’actrice n’est plus ici réduite à un rôle secondaire de guerrière exhibant sa massive poitrine à la moindre occasion. C’est une leader-née qui guide ses guerrières sur le chemin de la vengeance et de la libération de ses hommes retenus captifs.

La suite du film ne déçoit pas, les scènes de bravoure s’accumulant les unes derrière les autres, tandis que celles de dialogue révèlent des actrices dignes de ce nom, autant capables d’aligner leur texte que leur épée.

Ce qui ne gâche rien, à la différence des autres productions de cette époque, c’est que Barbarian Queen dispose d’une cinématographie digne de ce nom, avec des éclairages, une profondeur de champ et des décors qui ne ressemblent pas à du carton-pâte. On doit cette valeur ajoutée au travail de Rodolfo Denevi et Rudi Donovan.

Hélas, les automatismes de l’époque reprennent leur cours et nos guerrières se font capturer au cours de leur tentative d’infiltration du château ennemi. S’ensuivent des scènes de bondage et de torture relativement inutiles qui ralentissent considérablement l’action jusqu’au dénouement final, laissant une impression globale des plus mitigées.

Plus de trente ans plus tard, le malaise, suscité par les choix scénaristiques de la production, continue de plomber les réelles qualités de ce film, conspué sur les sites spécialisés et considéré comme une purge sans nom, autant par les fans du genre (majoritairement des mâles frustrés du traitement inhabituel des hommes pour l’époque) que par les féministes (scandalisées par l’hypocrisie et l’exploitation outrancière du casting féminin).

Cela étant dit, Barbarian Queen demeure un film surprenant et frustrant à la fois, une sorte de promesse non tenue, qui aurait peut-être pu changer la donne du cinéma de genre à une époque où les mentalités évoluaient lentement mais surement. A découvrir pour véritablement réaliser à côté de quoi le film est passé.

Il ne me reste plus qu’à visionner The Warrior and the Sorceress pour en terminer avec ce coffret Roger Corman, mais ce sera pour une autre fois, ma vie ayant repris son cours normal depuis quelques jours.

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