NEUROMANCIEN DE WILLIAM GIBSON

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J’avais lu ce livre il y a une vingtaine d’année, parce que Billy Idol venait d’enregistrer un album nommé  »Cyberpunk » et que ce dernier se référait totalement à l’univers et au genre dont William Gibson était l’un des pionniers. Et même si la science-fiction m’a toujours parlé, je dois bien avouer que je n’avais pas compris grand chose à ce  »Neuromancer », oeuvre cryptée qui prédisait déjà internet, la substitution du physique par le virtuel et la survivance de l’esprit dans la machine au travers de mondes infinis construits dans ce but.

Pourtant, l’histoire était relativement simple. Case, un hacker de la Matrice, s’était grillé en doublant son employeur qui, rancunier, l’avait viré avec perte et fracas, lui détruisant ses connexions neurales en  lui implantant des sachets de neurotoxine dans le corps, ces derniers se vidant progressivement dans son organisme en le tuant à petit feu. Totalement ignorant de son état et devenant paranoïaque entre autres symptômes de son empoisonnement, Case finira par être contacté par la mercenaire Molly et le mystérieux Armitage,  qui lui révéleront sa véritable condition, proposant de le sauver en lui restituant ses anciennes facultés, mais à une seule condition, accepter un dernier contrat, le plus dangereux de toute sa carrière. Devant infiltrer le rézo d’une multinationale en compagnie d’un certain Muetdhiver, Case va se retrouver dans un monde encore plus crypté et tentaculaire qu’il ne le croyait, croisant toutes sortes de personnages mystérieux et potentiellement dangereux, tels des policiers, un ninja et un être énigmatique nommé Neuromancien.

J’aurai pu simplifier encore plus le résumé de ce bouquin, car il n’est vraiment pas très complexe. En gros, un pirate informatique has-been se voit proposé un come-back dans le cyberespace.

Mais ce qui est véritablement complexe dans ce livre, c’est tout ce charabia futuriste qu’utilise William Gibson à chaque page. Mélangeant des termes existants avec des constructions de mots de son cru, l’auteur crypte tellement son récit que sa lecture en devient un challenge permanent. La moindre discussion, la moindre description ou explication se transforme en mal de tête. Et aucun glossaire, aucun lexique, pas la moindre notice explicative pour comprendre de quoi il retourne. Alors oui, la majorité des termes sont expliqués par leur mise en contexte à un moment ou un autre, mais souvent, on doit se creuser les méninges pour comprendre de quoi l’auteur est en train de nous parler. Rajoutez à ça un des personnages qui parle en mâchouillant ses mots, ainsi que des situations tellement complexes que l’auteur semble les avoir laissées à la libre interprétation de son lectorat, et vous comprendrez pourquoi ce bouquin, au demeurant, fascinant et addictif, demeure encore aujourd’hui une oeuvre unique en son genre.

Sortit en 1984, Neuromancer a gagné les trois prix les plus prestigieux de la science-fiction (Philip K. Dick, Nebula et Hugo). Influencé par le film Blade Runner (adaptation d’un roman de Philip K. Dick), Neuromancer a influencé à son tour des œuvres comme Akira, Ghost In The Shell ou encore la trilogie Matrix.

On peut aisément affirmer que sans William Gibson et son maître Philip K. Dick, peu de fictions de science-fiction  tiendraient autant la route, le futur sinistré et technologique à la fois de leurs œuvres s’avérant de plus en plus justes chaque jour. Élargissement de l’écart entre les riches et les pauvres, essor de multinationales surpuissantes, pollution incontrôlable, généralisation du fascisme d’état et refuge des masses dans les mondes virtuels (jeux vidéos et réseaux sociaux), tout se trouve déjà dans leurs livres, écrits pour la plupart il y a plusieurs décennies de cela.

Ce qui n’enlève rien au fait que Neuromancer est un livre difficile à comprendre dans sa totalité. Un projet de film étant en gestation depuis de longues années, il n’est pas exclu que je le relise d’ici là, histoire de ne pas me retrouver complètement perdu quand il finira par sortir en salles. En tout cas, c’est un trip que je vous recommande vivement. Essayez juste de le lire sans être dérangé par le monde extérieur, parce qu’il vous faudra vous accrocher. Mais l’expérience en vaut la peine.

http://www.williamgibsonbooks.com/

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