A SERIE OF INFORTUNATE EVENTS, SAISON 1

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Le temps passe tellement vite parfois que j’ai du mal à réaliser que la brillante adaptation cinématographique de la saga de Lemony Snicket date déjà de 2004. Reprenant ses trois premiers livres, le film de Brad Silberling (Casper, Land of the Lost), bien que remarquablement dirigé et joué, n’avait hélas pas fonctionné comme prévu, son échec au box-office empêchant tout espoir d’une éventuelle suite.

Treize ans plus tard, c’est donc au travers d’une série Netflix que les orphelins Baudelaire reviennent à la vie. Jim Carrey, Emily Browning et Liam Aiken cédant la place à Neil Patrick Harris, Malina Weissman et Louis Hynes, respectivement le comte Olaf, Violette et Klaus Baudelaire.

L’histoire est désormais connue. A la suite de l’incendie du manoir familial dans lequel périssent leurs parents les trois enfants Baudelaire deviennent orphelins et sont recueillis par leur parent le plus proche, ce dernier étant le comte Olaf, un être abject, acteur raté et meurtrier prêt à tout pour se débarrasser des enfants afin de pouvoir toucher leur immense fortune. Hélas pour lui, les orphelins sont fantastiquement matures et intelligents pour leur âge (même Prunille Baudelaire, encore bébé, semble tout comprendre alors qu’elle ne parle pas encore), usant de toutes leurs faibles ressources pour mettre à jour la perfidie du monstrueux conte Olaf. Hélas pour eux, perdus dans un monde d’adultes, personne, ou presque, ne semble prendre leur parole en compte, les quelques rares adultes se rangeant de leur côté finissant soit par être écartés, soit par être assassinés par le conte Olaf.

A l’image du banquier, Monsieur Arthur Poe (K. Todd Freeman), un voile d’incrédulité semble recouvrir les yeux des personnages adultes tout au long de la série, ces derniers s’avérant incapables de reconnaître les grossiers déguisements du conte Olaf et les immenses cordes à bateau de ses machinations les plus crasses. Cette injustice morale, omniprésente depuis les premières minutes de l’histoire, est la locomotive narrative qui rend la série si particulière, le spectateur n’ayant pas d’autre choix que de se ranger du côté de Violette, Klaus et Prunille Baudelaire, le reste du casting adulte, même quand il est de leur côté, étant systématiquement laxiste et inconscient de la menace mortelle que représente le conte Olaf et sa clique (des artistes également prêts à tout pour toucher le pactole).

Produite par la compagnie de Barry Sonnenfeld (The Addams Family, Men in Black), la première saison de huit épisodes adapte les quatre premiers livres, les cinq suivants étant prévus pour une deuxième saison déjà annoncée. Une troisième et dernière saison, déjà en travail, devrait se charger d’adapter les quatre derniers romans, la production semblant s’activer pour profiter de ses jeunes acteurs avant qu’ils ne grandissent trop vite.

Pour ma part, je ne peux que louer les performances de Malina Weissman et Louis Hynes, totalement admirables dans leurs rôles, d’une sobriété et d’une intelligence rare, ne trahissant jamais leurs personnages et ne les faisant à aucun moment passer pour des petits bourgeois détestables.

Pour ce qui est de Neil Patrick Harris, l’acteur de How I Met your Mother et Starship Troopers est à la hauteur de l’illustre Jim Carrey, s’avérant parfaitement détestable à chaque seconde de présence à l’écran. Jamais on n’aura autant souhaité qu’un personnage de fiction ne meurt la gueule ouverte à chacune de ses actions. Il représente à la perfection ce qu’il y a de plus vil et irrécupérable dans l’être humain, une créature sans âme dont la seule fonction dans l’existence semble être la consolidation de sa propre personne par la destruction de tout ce qui peut s’apparenter à un obstacle dans sa logique malade. Pouah! On sent déjà des Golden Globes à l’arrivée.

Baignant dans une ambiant gothique absolument fantastique, rappelant les films de la Hammer, les vieilles productions Corman, le travail de Tim Burton et, forcément, la famille Addams version Barry Sonnenfeld, A Series of Unfortunate Events est une série qui ne peut s’apprécier qu’avec la certitude qu’à la fin, les orphelins Baudelaire, obtiendront justice et réparation pour l’horrible enfance que leur statut a causé.

https://www.netflix.com/ch-fr/title/80050008

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