TALLULAH DE SIAN HEDER

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Réalisé par Sian Heder, cette production Netflix aurait probablement mérité une sortie cinéma, ce genre de comédie dramatique s’appréciant mieux dans une petite salle obscure. Mais comme ce genre d’endroit semble disparaître, surtout aux Etats-Unis, c’est donc par internet que nous aurons pu découvrir Tallulah.

Vivant dans un van et bourlinguant d’une ville à l’autre en subsistant de petites arnaques minables, Tallulah  »Lu » (Ellen Page) et son partenaire Nico (Evan Jonigkeit) ne vont nulle part. Désirant retourner chez sa mère, Nico quitte Lu au milieu de la nuit. Désirant le retrouver, elle se rendant chez sa mère, Margo. Profitant de l’état second d’une mère indigne dans un hôtel, Lu lui vole son bébé et va le présenter à la mère de son ex comme son petit-fils.

Recréant de manière difforme le duo mère-fille du film Juno (Janney et Page), Tallulah s’avère un véritable petit bijou de cinéma indépendant, offrant à Ellen Page son meilleur rôle depuis… Juno (et non, Super ne compte pas!).

Mais si cela ne me surprend pas venant de l’actrice canadienne, son intelligence étant proportionnelle à son talent, la véritable surprise de Tallulah, pour moi, vient de la performance ahurissante de Tammy Blanchard (Into the Woods).

Dans le rôle de Carolyn Ford, une quadra destroy vivant la vida loca pendant que son mari travaille, Tammy Blanchard illumine l’écran de sa présence toxique. Sorte de Katherine Heigl qui se serait transformé en Courtney Love, l’actrice américaine livre ici une composition remarquable et non-linéaire qui apporte beaucoup d’intérêt à la suite du film, le scénario cessant de se focaliser sur le personnage incarné par Ellen Page pour raconter une autre histoire, celui du réveil d’une mère, dévastée par ce retour de réalité et désireuse de le retrouver à tout prix. Même absente de la majorité du film, son cauchemar au quotidien transparaît au travers des tribulations des autres protagonistes, soudain bien secondaires. Bon sang, même Lu passe pour la méchante de service dans ce drame qui ne se révèle qu’au travers du personnage de Carolyn. Une évidence qui semble avoir échappé à la majorité des médias ayant analysé le film.

Le casting masculin est ici aussi secondaire que problématique. Le personnage de l’ex de Lu, Nico n’est qu’un faire-valoir sans grand intérêt. Même chose pour le mari de Carolyn qui n’intervient que pour menacer et enfoncer sa pauvre femme. Quand au policier chargé de l’enquête, joué par David Zayas (Oz, Dexter, Gotham), il s’ajoute à la liste des hommes dont le rôle ne semble être que de blâmer les femmes pour leurs actions.

Variation de Mother, son court-métrage de 2006, Tallulah représente pour Sian Heder la conclusion de sa représentation d’événements similaires vécus quand elle était plus jeune à Los Angeles. Bouclant enfin la boucle, elle a pu présenter son film en avant-première mondiale au festival de Sundance, avant qu’il n’atterrisse sur la plateforme Netflix six mois plus tard.

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