INDIE GAME, THE MOVIE DE JAMES SWIRSKY ET LISANNE PAJOT

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Contrastant radicalement avec des documentaires tels que The King of Kong, Man VS Snake ou encore Nintendo Quest qui se focalisaient essentiellement sur des hardcore gamers quelque peu obsessionnels, Indie Game, The Movie, remonte grandement le niveau intellectuel en se préoccupant du destin d’une poignée de développeurs de jeux vidéos.

Suivant trois aventures, ce documentaire canadien les entrecroise tout le long afin de créer un sentiment de fiction qui fonctionne à fond, le spectateur se retrouvant en immersion totale dans le quotidien de ces trois aventures vidéo-ludiques aux destins incertains.

On découvre en premier Edmund McMillen et Tommy Refenes au travers de leur jeu Super Meat Boy, une création en flash dont la version finale est censée apparaître sur le Xbox Live Arcade de la Xbox 360, ce qui est le fil rouge de ce segment, le documentaire suivant le quotidien des deux développeurs en chroniquant leurs doutes, leurs espoirs et les diverses émotions par lesquelles ils vont passer, la sortie de leur bébé (dans un premier temps) ne se passant pas comme prévue. Il est d’ailleurs étonnant de constater la manière complètement opposée dont chacun vit la situation, Refenes se recroquevillant chez lui comme si le monde s’effondrait, tandis que McMillen, soutenu par sa super copine, continue d’y croire et positive jusqu’au dernier moment.

Pour ce qui est de leur création, c’est un jeu de plateformes qui met en scène un petit personnage en forme de morceau de viande sanguinolent qui doit traverser plus de 300 niveaux remplis de pièges en tout genres. D’une fluidité exemplaire, ainsi que rempli d’humour et d’idées originales à chaque minute, Super Meat Boy est un véritable bonheur de gameplay, pouvant se jouer pendant des heures sans la moindre lassitude.

Le deuxième segment suit le chemin de croix de Phil Fish et de Fez, un autre jeu de plateformes dont la particularité principale est de proposer une rotation de la 2D à la 3D des plus bluffantes. Surtout, le jeu privilégie la résolution d’énigmes à la dextérité des habituels jeux de plateformes.

Hélas pour Phil Fish, des problèmes au niveau de son associé principal, vont transformer son ascension vers la gloire en véritable cauchemar éveillé, devant en plus dealer avec des problèmes techniques inattendus lors de la première présentation publique du jeu durant le salon Penny Arcade Expo. Ce segment est vraiment le plus pénible à suivre, car on sent bien que le développeur est à bout de nerfs et souhaiterai juste pouvoir sortir son jeu sans y laisser sa santé, autant mentale que physique. La personnalité irascible et quelque peu borderline de Phil Fish en fait un personnage unique, contrastant grandement avec les développeurs des autres segments.

Last but not least, l’aventure de Jonathan Blow et de Braid, encore un jeu de plateformes, mais qui, sous ses allures classiques et romanesques, cache une seconde lecture qui aurait trait à l’élaboration de la première bombe atomique, le personnage principal pouvant également remonter le temps.

Présenté comme un développeur génial et quelque peu enfermé dans sa rhétorique, Jonathan Blow apparaît surtout comme une version geek de Steve Jobs, le côté créatif en plus. Son cheminement à part dans le documentaire le fait parfois plus passer pour un intervenant que pour l’un des protagonistes principaux du programme.

Constitué à partir de plus de 300 heures d’images, Indie Game, the Movie s’avère une formidable et parfois douloureuse immersion dans le quotidien de ces quatre développeurs. Ici, l’on est vraiment loin du glamour et de la vie de rêve que l’on peut imaginer quand on pense au métier de développeur de jeux vidéos, censé être l’un des jobs les plus cools du monde! Les tribulations invraisemblables que doivent subir ces créateurs de mondes pour espérer continuer dans leur passion commune s’avérant presque insurmontables par moments, on en vient tout logiquement à comprendre pourquoi il ne faut jamais louer des labels ou des éditeurs, mais plutôt les forces créatrices qui les constituent.

La vision du documentaire fait involontairement écho au scandale dont s’est rendu coupable Konami avec Hideo Kojima ces dernières années, le traitant comme un vulgaire exécutant, alors qu’il leur a rapporté une fortune incalculable et une renommée planétaire.

Chaque segment ayant sa propre conclusion au moment de la création du documentaire, on conseillera d’aller approfondir sur internet pour avoir le véritable mot de la fin, la sortie de 2012 (avec une édition augmentée en 2013 pour la sortie physique) ne racontant évidemment pas les développements ultérieurs des trois aventures, à l’état déjà passionnantes. Une lacune qui semble avoir été comblée depuis, comme en attestent les ajouts sur le site officiel du documentaire.

http://buy.indiegamethemovie.com/

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