THE FILTH, DE GRANT MORRISON, CHRIS WESTON ET GARY ERSKINE

Cover for The Filth (DC, 2004 series)

Que faire après une série aussi marquante que The Invisibles? Le scénariste écossais Grant Morrison n’étant pas du genre à se reposer sur ses lauriers, il enchaîne rapidement sur une histoire d’espionnage complètement barrée et initialement prévue pour le Nick Fury de Marvel Comics. On y retrouve l’un des dessinateurs de The Invisibles, Chris Weston, encré par Gary Erskine.

The Filth, durant treize épisodes, va s’intéresser au cas psychiatrique de Greg Feely, anonyme quidam ne semblant intéressé que par son chat et vivant seul dans son triste appartement une vie rangée agrémentée par des séances de masturbation devant des films pornographiques. Sauf que Greg est un agent dormant nommé Ted Slade d’une organisation secrète nommée The Hand dont le but et de maintenir une forme de statut quo dans la société en affrontant des ennemis absurdes ressemblant plus à des émanations de délires et d’hallucinations qu’à des véritables personnages. Réveillé par une de ses collègues nommée Miami, Ted Slade va s’embarquer dans des aventures pour le moins improbables. Les va-et-viens incessants du héros de Morrison, tiraillé entre une vie misérable mais stable et une autre aussi folle que imprévue, représentent bien la volonté de l’auteur de délivrer son lectorat du format de réflexion traditionnel, en fait, de le délivrer tout court.

Cover for The Filth (DC, 2002 series) #6

Totalement sous influences, The Filth, à l’instar de The Invisibles et Flex Mentallo, ces trois titres  faisant une trilogie selon Morrison, tente de créer une réflexion chez le lecteur en brouillant les limites entre bien et mal, vrai et faux, le tout dans une réalité fracassée complètement pervertie par la science sous toute ses formes. The Filth est une œuvre ambitieuse et exigeante qui demande un engagement et une acceptation totale.

A l’image des couvertures stylisées de Carlos Segura, également auteur de celle du recueil, ressemblant à des signalétiques industrielles, The Filth, par sa prétendue absence d’humanité, réussit à devenir humaniste durant sa lecture, ce qui n’est pas la moindre de ses qualités.

http://www.vertigocomics.com/

Cover for The Filth (DC, 2002 series) #11

 

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