THE BOOKS OF MAGIC, DE NEIL GAIMAN, JOHN NEY RIEBER, DYLAN HORROCKS ET SI SPENCER

Cover for The Books of Magic (DC, 1990 series) #1

Publié en 1990 (sept ans avant les romans de Harry Potter), The Books Of Magic, crée par le scénariste anglais Neil Gaiman, raconte les tribulations du jeune Timothy Hunter, sosie parfait de qui vous savez, même lunettes, même coupe de cheveux, et dont le destin est d’être le plus grand magicien de tous les temps. Les quatre épisodes, désormais disponibles en un seul volume, constituant la première histoire, furent également un prétexte pour ramener quelques vieux personnages mystiques du DC Universe.

Associés à John Constantine de la série Hellblazer, The Phantom Stranger, Doctor Occult et Mister E, rebaptisés The Trenchcoat Brigade par le premier, ont dont la délicate mission d’approcher l’adolescent afin de lui signifier son glorieux, bien que semé d’embûches, destin. Partant sur un postulat basique, chaque personnage ayant un rôle bien défini auprès du garçon, la possibilité de l’éliminer étant évoquée en même tant que sa possible formation, Neil Gaiman s’amuse à confronter le pragmatisme d’un gamin de douze ans aux vérités de quatre hommes endurcis au look aussi inquiétant que improbable. Dialogues savoureux et ballades fantastiques sont donc au menu de ce récit initiatique qui traverse plusieurs mondes et fait se croiser quasiment tout les personnages liés de près ou de loin à la magie et au surnaturel dans le DC Universe. On y croise pèle-mêle Zatara, sa fille Zatanna, Sargon The Sorcerer, The Spectre, Madame Xanadu, Doctor Fate, Deadman ou encore Death et Delirium des Endless de la série The Sandman. Chacune de ces rencontre va permettre au jeune garçon de réaliser dans quoi il mettra les pieds s’il décide d’accepter son héritage.

Cover for The Books of Magic (DC, 1990 series) #2

Autre particularité à noter, chaque épisode est illustré, et non pas simplement dessiné, par quatre artistes différents. On retrouve dans l’ordre les peintures réalistes de John Bolton, les aquarelles de Scott Hampton, le trait peint de Charles Vess et les peintures torturées de Paul Johnson, le tout dans une tonalité générale relativement sombre. A noter que seuls Hampton et Vess sont américains, le reste de l’équipe, Gaiman comprit, étant anglaise.

Après une aussi belle introduction, il semblait presque évident que les aventures magiques de Timothy Hunter ne pouvaient s’arrêter là, et c’est donc sous la bannière Vertigo en 1994 que The Books Of Magic fait son grand retour sous la forme d’une série mensuelle, précédée d’une apparition dans le titre The Children Crusade. Scénarisées par l’américain John Ney Rieber, après quelques faux départs, les aventures de Timothy Hunter pouvaient démarrer. Les deux-tiers de la série ayant été rééditée en recueils, nous allons utiliser ce mode pour en parler dans un premier temps.

Cover for The Books of Magic (DC, 1990 series) #3

C’est avec Bindings que Tim reprend contact avec les personnages du monde de Faerie. On y retrouve Titania, la reine de ce monde, ainsi que Tamlin The Falconer, tous deux ses possible véritables parents, ses parents terrestres semblant n’être que des leurres. On y apprend également que le monde de Faerie est à l’agonie depuis que son lien avec le monde terrestre a été rompu, lien que Tim va tenter de recréer, affrontant la menace d’une Manticore et frôlant la mort dans le processus, y rencontrant Death, soeur de The Sandman, tandis que sa vie est le jeu d’une tractation cruelle. Bien que n’étant pas à l’aise avec la série avant même son début, John Ney Rieber signe-là une histoire de haute volée et se montre plus qu’à la hauteur de la création de Neil Gaiman, réussissant à broder une intrigue solide avec des personnages relativement antipathiques, certains étant de sa propre création. Aidé par deux dessinateurs américains, Gary Amaro et Peter Gross, ce dernier faisant surtout office d’encreur, la série se voit également portée par les splendides couvertures de Charles Vess.

Summonings commence en l’an 2012, introduisant un Timothy Hunter qui a bousculé du côté obscur, se faisant appeler Sir Timothy et étant très intéressé par le destin de son double adolescent. Rieber introduit Molly O’Reilly, camarade de classe et petite amourette de Tim. Mais elle n’est pas la seule à lui tourner autour, il y a aussi Leah, sa voisine blondinette dont la véritable nature ne va pas tarder à poser problème. Vivant toute sorte d’aventures fantastiques, Tim ne sait pas encore que Auberon, roi de Faerie est intimement lié à son destin. John Ney Rieber s’affranchit un peu plus du matériel de base pour créer une saga des plus personnelles, accueillant un troisième dessinateur au style arrondi et élégant, le danois  Peter Snejbjerg, tandis que Gary Amaro quitte la série.

Cover for The Books of Magic (DC, 1995 series) #3 - Reckonings

Avec Reckonings, on retrouve Sir Timothy vivant dans la rue et complètement sous le contrôle d’un démon nommé Barbatos, leur but commun étant de s’assurer que le jeune Timothy ne déviera pas de sa trajectoire fixée. Pendant ce temps, Tim et Molly se retrouvent en enfer, leur relation évoluant en amour fusionnel. Axé principalement sur ses deux jeunes protagonistes, la série continue son chemin en rajoutant quelques monstres à son bestiaire. John Ridgway, artiste anglais, signe un épisode unique, tandis que Charles Vess laisse le travail de couvertures aux mains de Greg Spalenka et August Hall.

Transformations permet à Tim Hunter de célébrer ses quatorze ans, la série semblant se dérouler en temps réel. Il croise à nouveau le chemin de Death, se transforme momentanément en chat et affronte une enchanteresse. Pour la première fois, Peter Gross, en l’absence momentanée de Peter Snejbjerg, assure l’ensemble des dessins, tandis que Michael William Kaluta, déjà auteur de la couverture de Reckonings, signe désormais celles de la série.

Cover for The Books of Magic (DC, 1995 series) #5 - Girl in the Box

Avec Girl In The Box, de grands changements s’opèrent pour Tim Hunter, ce dernier quittant sa famille, ses amis et Londres pour partir en direction des Etats-Unis, se retrouvant à San Francisco en compagnie de Leah, son ancienne voisine et également succube affranchie qui tente de lui faire oublier Molly. L’ancienne fiancée de Tim vit elle aussi quelques aventures mouvementées de son côté, étant désormais intimement liée au monde de Faerie. Partant dans un road movie, John Rey Nieber semble tourner en rond dans ces épisodes quelque peu bâclés, le personnage de Leah passant à la trappe. Graphiquement, bien que toujours plaisante, la série peine un peu à accrocher.

dans The Burning Girl, Tim, de nouveau seul, continue son voyage dans le désert américain, croisant un shaman indien qui va lui faire passer quelques rites initiatiques plutôt déplaisants, avant de retrouver Molly, coincée dans le monde de Faerie. La réunion entre les deux adolescents est des plus touchantes. Apparition de Zatanna à la fin d’un épisode. Plus intéressé par Molly que par Tim, John Ney Rieber commence à montrer sa lassitude, se faisant pour la première fois assisté au scénario par l’un de ses dessinateurs, Peter Gross. La  transition est pour bientôt. Départ de Peter Snejbjerg.

Cover for The Books of Magic (DC, 1995 series) #7 - Death After Death

Death After Death, dernier recueil de la série, développe le début d’une guerre entre le ciel et l’enfer. Tim Hunter, délesté de ses pouvoirs, doit désormais ruser pour éviter le pire et retrouver au passage sa magie si farouchement convoitée par les anges et les démons. La série, toujours illustrée par Peter Gross, accueille quelque invités, Jill Thompson, Temujin, Richard Case. Quittant au numéro 50, John Ney Rieber, qui avouera ne plus avoir beaucoup de sympathie pour son personnage principal, laisse The Books Of Magic à son dessinateur, bombardé seul responsable à bord au numéro suivant. A noter que Neil Gaimain, crédité depuis le début consultant de la série sans jamais y participer, finit par refuser ce poste, honorifique bien que rémunéré, après le départ de Rieber.

Les deux années de publication qui vont suivre seront l’occasion pour Peter Gross de remettre Tim Hunter au centre de l’histoire, laissant volontairement Molly, qui reviendra dans The Books Of Faerie, et quelques autres personnages féminins de côté. S’attaquant à toutes les intrigues laissées en plan par Rieber, Gross va surtout s’attaquer au problème des différentes versions de Tim, les éliminant une à une afin de repositionner l’histoire autour de son double principal, le Sir Timothy Hunter du futur, l’histoire se terminant par un combat sans pitié. Scénarisant et dessinant la série la plupart du temps seul, Gross sera parfois épaulé par des artistes comme Temujin, Linda Medley, Ryan Kelly, Gary Amaro, Michael Lark, Vince Locke, John Ridgway. Michael William Kaluta assurera presque constamment les couvertures jusqu’à la fin de la publication au numéro 75 en 2000. A noter que quatre annuels ont été édités durant la publication de The Books Of Magic. Scénarisés par Rieber et Gross, ils ont accueillis de nombreux dessinateurs invités, dont, entre autres, Mark Buckingham, Jamie Tolagson, Kelley Jones ou encore John Totleben. Une partie de ces annuels, ainsi que les deux dernières années de la série, restent pour l’instant non réédités en trade paperbacks, le seul moyen de se les procurer étant les comic-books mensuels édités à l’époque. 

Cover for Names of Magic (DC, 2001 series) #1

The Names of Magic, mini-série en cinq épisodes, scénarisée par Dylan Horrocks et dessinée par Richard Case reprend exactement là où la série principale s’était arrêtée un an plus tôt.

Désormais âgé de quatorze ans, Timothy Hunter, après des années à affronter des épreuves impossibles (anges démons et rivaux en tous genres), se retrouve sans domicile fixe, sans l’amour de sa vie (Molly O’Reilly) et sans ami. Toujours appelé à devenir le plus grand magicien de tous les temps, il ne pas tarder à se retrouver mêlé à des événements extraordinaires le dépassant complètement, retrouvant au passage un fameux quatuor qui ne lui manquait pas du tout.

Dans la droite lignée de la série originale, The Names of Magic (qui auraient très bien pu être les épisodes 76 à 80) permettent à l’histoire de faire un grand bond dans le temps à son héros, Timothy se retrouvant finalement à sa place à l’âge de dix-sept ans. Surtout, après toutes ces années, on y apprend enfin le véritable nom de Timothy Hunter.

Scénarisé sans fioriture par Dylan Horrocks et illustré par le trait austère de Richar Case, cette mini-série se rattrape par ses cinq couvertures que l’on doit à John Bolton, premier artiste de la série en 1990.

Cover for Hunter: The Age of Magic (DC, 2001 series) #1

Véritable seconde série des aventures de Timothy Hunter, Hunter: The Age of Magic aura duré vingt-cinq épisodes entre 2001 et 2003. On y retrouve le duo créatif de The Names of Magic (Richard Case étant bientôt secondé par Steve Bird à l’encrage) sur toute la durée du run, ce qui est assez rare pour être signalé.

Pour ce qui est de l’histoire, on y suit le jeune homme après sa ‘’remise de diplôme’’ et tout ce que cela va impliquer pour lui, se retrouvant aux porte d’un nouvel âge de la magie. C’est dans ces pages que l’adolescent va gentiment mais surement se transformer en jeune adulte, se confrontant une fois de plus au passé mais également à son noir futur, l’ayant déjà rencontré à de multiples reprises.

Plus libre que sur leur mini-série de 2001, Dylan Horrocks et Richard Case signent ce formidable run de deux ans (avec des couvertures de John Bolton et Chris Bachalo), hélas jamais réédité en trade paperback à ce jour.

Cover for Books of Magick: Life During Wartime (DC, 2004 series) #1

 

Je termine cette chronique avec Books of Magick: Life During Wartime. Cette nouvelle série, publiée entre 2004 et 2005, est la dernière publication des aventures de Timothy Hunter sous le label Vertigo. Elle est scénarisée par Si Spencer et dessinée par Dean Ormston (épaulé par Steve Yeowell et Duncan Fegredo sur quelques épisodes), avec des couvertures de Frank Quitely.

On y retrouve Timothy Hunter tiraillé entre deux Terres parallèles, l’une étant de sa création et un refuge le protégeant de ses nombreux ennemis, tandis que l’autre est un monde en guerre avec celui de Faerie. Au cours de l’histoire, on retrouvera des versions alternatives de Zatanna et de John Constantine avec lesquelles Timothy Hunter devra interagir.

La série aura duré quinze épisodes avant de s’arrêter. Seuls les cinq premiers ont été collectés au travers d’un trade paperback.

Timothy Hunter refera une apparition en 2012 dans la série Justice League Dark publiée sous la bannière The New 52 de DC Comics. On y retrouve un jeune homme ayant abandonné la magie et devant prêter mains fortes à Madame Xanadu et John Constantine contre un vieil ennemi de ce dernier désirant mettre la main sur The Books of Magic.

Longtemps envisagé comme une franchise cinématographique par Warner Bros, The Books of Magic aura souffert de la comparaison avec Harry Potter. La ligne de romans The Books of Magic, éditée dès 2003 par HarperCollins n’aura rien arrangé au malentendu, la série originale de Neil Gaiman étant encore aujourd’hui largement considérée comme un décalque de celle de J.K. Rowland.

http://www.vertigocomics.com/

Cover for Books of Magick: Life During Wartime (DC, 2004 series) #15

 

 

 

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