GANGLAND, UNE ANTHOLOGIE VERTIGO

Cover for Gangland (DC, 1998 series) #1

Mini-série criminelle calquée sur les célèbres anthologies du passé, plus précisément celles de EC Comics, Gangland est un véritable feu d’artifices créatif qui voit s’entremêler une quinzaine de scénaristes et presque autant de dessinateurs au travers d’histoires allant de trois à dix pages maximum. Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’exercice, on y trouve à boire et à manger. A défaut de s’attarder sur toutes les histoires, on en citera quelques-unes qui définissent bien l’ambition du projet.

Scénarisée par Brian Azarello et dessinée par Tim Bradstreet, Clean House raconte avec un certain humour noir le funeste sort d’une famille au travers des derniers instants du principal intéressé, le père faisant partie du programme de protection de témoin. Your Special Day, par Doselle Young et Frank Quitely, se présente très originalement sous formes de vignettes en racontant un mariage mouvementé dans une famille mafieuse, et italienne doit-on le rajouter, des plus savoureuses. Dans Killer Smile, Simon Revelstroke et Richard Corben n’ont pas leur pareil pour confronter un criminel au cadavre décomposé de son ancien associé éliminé par ses soins, le tout dans une ambiance digne des comics d’horreur des années cinquante. Plus Cruelle encore, Big Shot de Jamie Delano et Randy DuBurke raconte le destin d’une femme fatale au cœur de pierre qui choisit ses hommes, des caïds en puissance, en éliminant le précédent avec qui elle était. Quelque peu plus léger mais tout aussi impitoyable, Gang Buff, par Darko Macan et Kilian Plunkett  narre les tribulations d’un dentiste qui finit par persuader les gangsters qu’il soigne de l’embarquer avec eux, inutile de le dire une très mauvaise idée. Seul aux commandes de son histoire, David Lloyd nous fait suivre le chemin d’un berger allemand appartenant à un criminel qui le maltraitait et qui se retrouve face à lui après avoir été récupéré et entrainé par la police. Raconté à la première personne, The Big Snooze impressionne autant qu’il glace le sang. J’en termine avec la dernière histoire qui plus est, Electric China Death, de Richard Bruning et Mark Chiarello, terrifiante petite chronique urbaine dont la morale serait la suivante, ne jamais faire chanter un restaurateur chinois protégé par des forces magiques ancestrales. Ces quelques histoires, mises en exergue de manière totalement subjectives, sont un bon échantillonnage de ce que l’on trouve dans ces quatre comics épatants mais hélas sans suite.

Niveau couverture, entre celles de Brian Bolland, Glenn Fabry et Dave Gibbons, une mention spéciale se doit d’être attribuée à celle de Tim Bradstreet qui signe certainement l’une des illustrations les plus trash jamais publiée par un grand éditeur avec son cadavre ensanglanté assis sur un trône de toilettes publiques, tandis que son supposé meurtrier, cigare à la main et en rade de papier, lit le journal dans la cabine d’à-coté. Bradstreet, déjà connu pour ses couvertures de la série Hellblazer pour Vertigo et The Punisher pour Marvel Comics, signe également celle du recueil.

http://www.vertigocomics.com/

Cover for Gangland (DC, 2000 series)

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