BLACK ORCHID, PAR NEIL GAIMAN, DAVE MCKEAN, DICK FOREMAN, JILL THOMPSON, REBECCA GUAY ET STAN WOCH

Cover for Black Orchid (DC, 1988 series) #1

C’est en 1973 que l’Orchidée Noire fait son apparition dans Adventure Comics. Crée par le vétéran Sheldon Mayer et le dessinateur philippin Tony DeZuniga, Susan Linden-Thorne s’illustrera furtivement durant plus d’une décennie au travers de quelques titres DC. Pouvant voler, possédant une super-force et étant invulnérable aux balles, cette belle plante au costume pourpre ne trouvera jamais d’artiste ou d’éditeur désireux de la faire éclore, demeurant une éternelle outsider jusqu’à sa mort.

Cette mort lui est donnée par le scénariste anglais Neil Gaiman en 1988, mais il s’agit surtout d’une renaissance, par le feu. Infiltrant sous couverture le conseil de direction d’une société douteuse appartenant à Lex Luthor, Némésis de Superman, Black Orchid est démasquée et capturée par son pdg, un certain Sterling, ce dernier l’abandonnant dans un bureau en flammes. Se libérant pour s’enfuir, elle est happée par le souffle d’une explosion et meurt.

Cover for Black Orchid (DC, 1988 series) #2

A l’instar d’un autre personnage de DC, The Swamp Thing, elle renait sous les traits d’un être végétal. Sous sa nouvelle incarnation, Flora Black, elle rencontre le docteur Philip Sylvian, partenaire de celle qu’elle était avant sa mort. Arrive Carl Thorne, ex mari de Susan et fraichement sorti de prison. Ancien employé de Lex Luthor et looser de première, il ne rêve que de se refaire. Le dernier personnage principal est Suzy, version enfant de Susan et seule clone subsistant suite à la naissance de Flora Black.

Le reste de l’histoire est un long film noir parfaitement maîtrisé constitué de poursuite et de quête. Poursuite des hommes de Sterling, ce dernier bien décidé à éradiquer toute trace de l’existence de Black Orchid. Quête de Flora Black pour savoir ce qu’elle est, rencontrant des personnages tels que Swamp Thing, Batman ou encore le bestiaire criminel du fameux asile de Gotham City, dont Poison Ivy en particulier. Toute la poésie noire de Neil Gaiman culmine dans un final anti-spectaculaire au possible.

Cover for Black Orchid (DC, 1988 series) #3

Les quelques pages au cœur de l’asile permettent à Dave McKean de nous faire plonger avec un peu d’avance dans ce que sera le Arkam Asylum de Grant Morrison et publié par DC moins d’une année plus tard. Quand  à son illustration, ultra réaliste, mélange de différentes techniques, le tout en couleurs directes, elle est à couper le souffle. Sans nul doute une étape importante pour la création du futur label de Karen Berger. Ces trois comics ont été réédités en un seul volume puis incorporés rétroactivement au catalogue Vertigo.

Et puis un jour de 1993, Black Orchid se vit offrir une série mensuelle. Scénarisées par Dick Foreman, ces nouvelles aventures, très différentes, voient Flora Black devenir une sorte de super veuve noir contrôlant les phéromones et l’esprit afin de briser la volonté du millionnaire Elliot Weems, s’accaparant sa fortune et sa société. Aveuglée par le pouvoir, elle devient mauvaise au delà de toutes proportions et, après bien des tribulations, connait un destin tragique au dernier épisode de la série.

Si le scénario ne brille pas par son originalité, il est contrebalancé par le trait fin et délicat, presque abstrait, de Jill Thompson, encré par Stan Woch. Après quelques numéros, la dessinatrice laisse la place à Rebecca Guay, dont le style illustré à l’aquarelle, bien que parfois maladroit, donne lieu le plus souvent à de très belles images. Hélas, cela n’est pas suffisant, la série peinant à retrouver le charme simpliste de ses débuts. Elle s’arrête après vingt-deux numéros.

Cover for Black Orchid (DC, 1993 series) #1 [Standard Cover]

Ayant grandit au cours des presque deux années de publication, Suzy, qui a vécu de courtes aventures de son côté dans le crossover The Children’s Crusade (réédité pour la première fois en 2016), finit par devenir une jeune adulte et décide de remplacer Flora Black en tant que nouvelle Black Orchid.

Elle réapparait en 1999 dans le one-shot Totems, sa dernière participation à un titre du label Vertigo.

Redevenue un personnage du DC Universe, Black Orchid a fait quelques apparitions sporadiques au cours des années 2000 dans des titres de super-héros mais semble condamnée à connaitre le même sort qu’un certain Animal Man déjà évoqué sur ce blog. Comme lui, elle bénéficiera d’une relance en 2011 avec l’initiative de DC Comics: The New 52, incorporant la Justice League Dark pour un run mémorable qui durera jusqu’en 2015.

http://www.vertigocomics.com/

Cover for Black Orchid (DC, 1993 series) #7

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