THE KING OF KONG DE SETH GORDON

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Réalisé par Seth Gordon (Horrible Bosses, Pixels), donc c’était la première réalisation, ce documentaire de 2007 raconte la longue rivalité de deux joueurs américains s’opposant sur la borne d’arcade Donkey Kong pour le record du monde.

D’un côté, nous avons Billy Mitchell, légende vivante du monde des jeux vidéos et considéré par des millions de geeks à travers le monde comme le plus grand joueur d’arcade de tout les temps. Personnification du geek américain dans ce qu’il a de plus beauf, Mitchell se reconnait à sa barbe et surtout à sa coupe de cheveux improbable, ainsi qu’à sa cravate aux couleurs du drapeau américain, l’homme se déclarant être un véritable patriote. Egomaniaque ne connaissant pas la modestie, ce businessman en sauce piquante est présenté ici (bien involontairement) comme le grand méchant du documentaire, puisque s’accrochant à son record (parmi d’autres) comme si sa vie en dépendait, n’hésitant pas à user de son influence pour protéger sa couronne à tout prix.

De l’autre, Steve Wiebe, ancien ingénieur Boeing devenu un tranquille prof de mathématiques, marié, père de deux enfants et dont la seule ambition dans la vie semble être de faire tomber le record du monde de Donkey Kong détenu par Billy Mirchell. Le documentaire nous le présente comme le héros malheureux, ses exploits sur la borne d’arcade Donkey kong étant plusieurs fois contrariés par des décisions officielles ou, et c’est le plus rageant, des problèmes techniques. Comme si cela ne suffisait pas, Wiebe est également victime d’un trouble obsessionnel compulsif, ce qui le fragilise encore plus face à l’assurance insupportable de Mitchell, véritable icone américaine qui semble avoir tout réussit dans sa vie, autant familialement que professionnellement.

Durant 79 minutes (pour 300 heures filmées), le documentaire de Seth Gordon et Ed Cunningham (principal producteur) va se servir de la rivalité entre les deux joueurs pour raconter une plus grande histoire, celle des salles de jeux d’arcade et de toute la culture qui s’est crée entre ses murs.

Remontant des années 80 jusqu’à 2005 environ, le documentaire s’avère totalement addictif, les tenants et aboutissants de cette industrie étant également évoqués par le biais de la société Twin Galaxies, dont la mission est de collecter, vérifier et homologuer tous les records de jeux d’arcade à travers le monde.

Fondateur de Twin Galaxies, Walter Day est le troisième personnage principal du documentaire, sa personnalité paternelle et sa relation (aussi proche que problématique) avec Billy Mitchell en faisant un gage de moralité des plus troubles et rajoutant nombre de questions quand à ses motivations profondes.

Plein de rebondissement et tombant dans une dramaturgie digne des meilleures fictions, The King of Kong n’arrive pourtant pas à masquer deux ou trois problèmes majeurs liés depuis toujours au monde de l’arcade.

Le premier est bien évidemment le manque de femmes dans le sujet. Même s’il est avéré que la démocratisation des jeux vidéos n’est arrivée qu’après les années 2000 (coïncidant avec la fermeture de la majorité des sales d’arcade), les gamers de sexe féminin existaient déjà et n’avaient rien à envier à leurs homologues masculins. On sait aujourd’hui que la mentalité de l’époque, hautement patriarcale, a éloigné (bannie, chassée, etc.) plus d’une fille des salles d’arcade, tout comme des soirées LAN (les premiers tournois en réseaux).

En conséquences, l’autre problème de The King of Kong (de sa production à sa réalisation) est que c’est une oeuvre de mecs traitant d’une passion de mecs en ne s’adressant qu’aux mecs; les quelques femmes représentées ici n’étant que des arrière-plans de copines-mères-supportrices, qui ne jouent pas, qui ne savent pas jouer. Rajoutez à cela des propos de geeks immatures et se la pétant continuellement en parlant de leurs records comme de leurs plus grand achèvements et vous aurez une idée assez précise de la prétention de l’ensemble. Le summum est probablement atteint avec les déclarations à l’emporte-pièce de cette vieille crapule de Walter Day (continuellement habillé en arbitre de hockey, alors qu’il n’en a pas les qualifications, ni le statut officiel), ce dernier comparant sans ironie aucune les gamers à des athlètes olympiques!

En conclusion, bien que passionnant, autant sur le fond que sur la forme, The King of Kong laisse une impression désagréable après sa vision, celle que la communauté des joueurs d’arcade est en grande partie constituée d’égomaniaques compulsifs obsessionnels.

Une impression qui perdure après la vision de Man VS Snake et Nintendo Quest, deux autres documentaires dont je parlerai très bientôt.

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