RETOUR A BABYLONE DE KENNETH ANGER

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Sortit une décennie plus tard, Hollywood Babylon II reprend les choses un peu à l’endroit où il les avaient laissées, rattrapant les nombreux et obligatoires oublis de son prédécesseur tout en continuant d’en ajouter et ce jusqu’aux années 80.

Précédé d’une introduction de Kenneth Anger en personne et racontant son attrait pour les cimetières dans lesquels il aimait à retrouver ses gloires du cinéma (évoquant la tombe austère de Rudolph Valentino), pouvant les monopoliser à lui tout seul, Retour à Babylone ne tarde pas à retrouver son rythme de croisière, reprenant les cancans et les coupures de journaux de la grande époque (que Anger collectionne depuis l’enfance) afin de les retranscrire au travers de ses propres certitudes, faites des informations en sa possession et des innombrables discussions qu’il a pu avoir avec le tout Hollywood.

Ne pouvant pas citer la totalité du sommaire, je ferais, comme avec le premier volume, un écrémage arbitraire afin de ne garder que les grandes lignes évoquées en ces pages. Il serait inutile de vouloir reproduire ne serait-ce qu’une seule de ces anecdotes sulfureuses, le ton de la plume de Anger ne pouvant pas être reproduit et se devant d’être apprécié dans sa glorieuse totalité.

Se focalisant bien plus sur les gens de pouvoir (patrons, producteurs et réalisateurs) de la Ville de Pacotille (terme affectif de Anger pour nommer Hollywood) que dans le premier tome, Retour à Babylone n’en délaisse pas pour autant ses stars par la suite.

En ouverture, nous avons droit à quelques sagas de producteurs de cinéma, principalement la tentative de Joseph Patrick Kennedy (père de futurs présidents américains) de faire tomber Alexander Pantages en lui envoyant une starlette l’accuser de viol. Plus léger, le destin contrarié de William Haines, réalisateur homosexuel qui se fera progressivement refouler des studios (la faute à un Clark Gable honteux de ses propres penchants homosexuels) avant de renaître en décorateur du tout Hollywood. Quand à Busby Berkeley, le maître des comédies musicales, son destin fut également des plus chaotiques et sans passer par la case reconversion.

Kenneth Anger en profite un peu plus loin pour nous dresser une petite explication du rôle de la Mafia dans le système hollywoodien, en profitant au passage pour nous raconter la véritable raison de la création de la cérémonie des Oscars, ainsi que de son Académie prestigieuse.

Continuant dans son approche globale des perversions d’Hollywood, le chapitre consacré à la star du fantastique, Lionel Atwill, est symptomatique des dérives de groupes de la grandes famille du cinéma, quand cette dernière se retrouve à participer à de véritables orgies en compagnies de personnes extérieures et capables de briser des carrières par un simple témoignage.

Passage obligé, Elizabeth Short, alias le Dahlia Noir, est également évoquée, tout comme l’est le comportement anti-social de James Dean, mort avant l’heure mais probablement déjà grillé à Hollywood s’il avait survécu à son accident de voiture.

S’amusant avec ses sujets, Anger s’autorise quelques portraits de couples improbables, taillant au passage un costard au psychopathe que pouvait être Alfred Hitchcock avec les femmes, de préférence blondes et à la beauté froide.

La partie consacrée aux conséquences de la consommation d’alcool et de drogue est également fort intéressante, bien que dramatique la majorité du temps, et ce n’est pas le destin de l’enfant-star Bobby Driscol qui viendra dire le contraire.

La section des suicides est pourtant la partie qui m’a fait décrocher la lecture soutenue de ce livre, non pas parce qu’elle contient plus d’inconnus que de célébrités confirmées, mais bien parce qu’elle est trop longue et bien trop déprimante.

Du réalisateur de Frankenstein, James Whale (qui se noya dans sa piscine) en passant par George Reeves, le Superman de la télévision (qui se tira une balle), jusqu’à l’actrice débutante Peg Entwistle (qui se jeta du haut de la lettre H) ou encore Shane en personne, Alan Ladd, qui se tua par un mélange d’alcool, de médicaments et de somnifères, pas une seule note d’espoir ne semble vouloir tempérer ces pages et ces pages de départs. Même Jean Seberg, égérie de la Nouvelle Vague, devenue psychotique, se supprimera aux barbituriques parce que la vie lui était devenue insupportable. Même en lisant en diagonales, tout cela est insupportable.

Conscient de ce véritable cimetière de mots, Kenneth Anger tente bien de nous remonter le moral avec un autre sujet, abordant les joies des hôpitaux, cliniques et autres asiles psychiatriques.

De Geroge Zucco à Marilyn Monroe en passant par Elizabeth Taylor, le sujet est heureusement vite traversé, nous amenant au chapitre final avec cette vieille crapule de Ronald Reagan (président du monde au moment de la sortie du livre) qui fait office d’épilogue à ce second volume.

On pourrait croire que Kenneth Anger en a fini avec ses scandaleuses chroniques, mais à 89 ans passés (90 en février 2017), le réalisateur indépendant promet toujours un troisième volet de Hollywood Babylon, ce dernier semblant quelque peu empêché par l’Eglise de Scientologie (et Tom Cruise) qui se ferait tirer dessus à bout pourtant dans ses pages.

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