MARILLION  »FUCK EVERYONE AND RUN. »

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Ersatz de Genesis… Pink Floyd du pauvre… Influence directe du  »OK Computer » de Radiohead… Créateur du rock néo-progressif… Pionnier du crowdfunding… Britain’s best-kept secret…

Mais comment en est-on arrivé là?

Le malentendu avec Marillion m’a fait penser à hier soir où ma copine, s’ennuyant sur internet, s’est amusée à écouter quelques titres de Modern Talking, les découvrant, atterrée, en même tant que leurs clips respectifs. Sur le point de se vomir dans la bouche, elle a switché sur Duran Duran, un groupe conspué en son temps et balancé par beaucoup dans le même panier que le kitchissime duo allemand. Sauf qu’aujourd’hui, il est avéré que Duran Duran est une pierre angulaire de la new-wave anglaise, au même niveau que Ultravox, Simple Minds ou encore Gary Numan.

Mais revenons à Marillion.

Ce  »Fuck Everyone and Run » est le 18ème album du groupe et le 13ème de l’ère Steve Hogarth. Ce détail à son importance, car à la différence des autres changements de chanteur dans l’histoire du rock, le remplacement de Fish a signifié la mort d’un groupe et la naissance d’un autre.

Quittant les hit-parades pour délivrer des albums gigantesques ( »Brave »,  »Afraid of Sunlight »,  »This Strange Engine ») durant les années 90, Marillion perdit quelque peu de sa superbe durant les années 2000, gagnant en popularité au travers de ses tournées et d’un fan-club plus actif que jamais. Il faudra attendre un merveilleux album acoustique ( »Less is More » en 2009) et un retour en grâce fulgurant ( »Sounds That Can’t Be Made » en 2012) pour que le groupe atteigne de nouveaux sommets.

Ce qui nous amène à  »F.E.A.R. », qui a déboulé directement en 4ème position des charts anglais, une première depuis la fin des années 80! Un triomphe qui s’explique par l’incroyable popularité dont le groupe bénéficie au travers de la presse, autant spécialisée que généraliste, ainsi que les médias numériques et autres plateformes sociales sur lesquelles le groupe est omniprésent.

On aurait pu croire qu’avec un titre pareil, l’album serait rock et agressif, mais s’il l’est, ce n’est que par ses textes et son thème général. Traitant de la situation actuelle de la grande Bretagne et du reste du monde,  »F.E.A.R. » est un disque triste et résigné faisant le triste constat d’une époque égoïste, raciste et repliée sur elle-même.

S’étalant sur 17 plages et six titres principaux, cet album atteint des sommets de désespérance au niveau de ses textes (que ne renieraient pas les Sisters of Mercy ou encore Paradise Lost), le groupe retrouvant la formule magique (et hantée) de leur chefs d’œuvres des années 90. Aucun titre rapide cette fois, mais quelques envolées dramatiques au possible ( »Fear ») et un single terrassant, limite terminal ( »The New Kings ») dans sa description des nouveaux maîtres du monde.

Album d’île déserte, peu agréable à la première écoute mais faisant sens et devenant addictif après quelques jours,  »F.E.A.R » sonne comme la marche funèbre de notre civilisation moribonde, relatant le lent effondrement de la société telle que nous la connaissons. Aucune solution n’est évoquée, simplement ce triste constat que nous allons droit dans le mur. Merci les gars, vivement le prochain album, qu’on rigole un peu, parce qu’ici, ce ne sont que larmes et dépression orchestrés par un groupe au sommet de son art.

http://www.marillion.com/

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