STAR TREK V: THE FINAL FRONTIER DE WILLIAM SHATNER

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En cette fin des années 80, la franchise Star Trek, plus populaire que jamais (grâce au précédent film et à la série Next Gen), n’avait certainement pas besoin d’un tel coup de poignard dans le dos, surtout de la part de sa vedette principale, auto-proclamée réalisateur (grâce à un contrat lui donnant les mêmes avantages que Leonard Nimoy ).

En ce mois de juin 1989, nous arrivons ici au premier couac de taille dans la saga cinématographique Star Trek, à savoir l’infamant The Final Frontier réalisé par William Shatner.

Avant de parler de tout ce qui ne va pas, un court résumé s’impose. Se passant à la fois sur Terre et sur une planète désertique (rappelant étrangement Star Wars pour sa scène de cantine et Mad Max pour ses habitants), The Final Frontier nous fait découvrir un personnage pour le moins énigmatique, nommé Sybok. Créant rapidement un culte autour de sa personne, le Vulcain (et ce n’est pas la plus grande révélation sur sa personne) va tenter de s’emparer de l’Enterprise-A (version du vaisseau détruit dans Star Trek III) afin de partir à la recherche de… Dieu.

Ok, je vais en rester là pour l’histoire, d’autant que c’est surtout le traitement qui pose problème avant même le scénario. Fortement inspiré par les débordement religieux des télévangélistes des années 80 qui le dégouttait autant qu’ils le fascinait, William Shatner écrit donc un premier scénario qui passera par bien des réécritures (et quelques scénaristes) avant d’être finalement tourné, cela malgré le désaveu initial du créateur de la série, Gene Roddenberry.

Ce n’est pourtant pas avec son histoire principale que le film s’égare. Cherchant à réitérer la connivence magique de The Voyage Home, le script perd son public dès le début, introduisant le capitaine Kirk (joué par un Shatner bedonnant) en train d’escalader à mains nues (!) le Demi Dôme du parc Yosemite. Brutalement interrompre par un Spock muni de bottes (de ski) à réaction, il chute dans le vide avant d’être sauvé in-extremis.

Un comportement guère logique pour un Vulcain, sans compter la sublimation quelque peu exagéré du personnage vieillissant de Kirk. Et les effets d’incrustation (dignes de Superman 4) n’aident vraiment pas à faire digérer ce grand moment de n’importe quoi.

Histoire d’en rajouter dans l’absurde, on retrouve nos deux amis et le docteur McCoy (DeForest Kelley, dernier acteur concerné du trio) en train de faire du… trekking dans la forêt. Kirk n’a aucun traumatisme de sa chute et Spock aucun remord de son acte insensé. Seul Bones semble râler de cette situation, le talent de son interprète étant bien le seul à pouvoir nous faire passer une telle pilule (jeu de mots bien involontaire, pardon). Allez, je dois quand même avouer que Sulu et Chekov perdus dans la forêt m’ont bien fait marrer.

La suite va pourtant s’avérer bien moins problématique que son début, le film étant principalement plombé par une interprétation honteuse de Shatner (incapable d’assurer deux rôles à la fois) et la démission évidente de Nimoy (totalement fermé dans son jeu et semblant absent le reste du temps).

A cela, il faut rajouter les craintes de plus en plus évidentes de la Paramount (le scipt étant sans cesse remanié pour plaire ou ne pas déplaire à quelqu’un) qui finit par sabrer dans le budget de production déjà bien entamé, réduisant drastiquement les effets spéciaux du film avant que tout cela ne se transforme en gouffre financier, l’échec artistique semblant désormais inévitable. Et pourtant, il va se passer un petit miracle en milieu de métrage, la dynamique d’équipe reprenant naturellement ses droits.

Cela commence par ce qui restera comme la plus fameuse scène du personnage de Nyota Uhura, Nichelle Nichols (alors âgée de 57 ans) devenant, l’espace d’un instant, l’équivalent de Palm Grier dans l’espace. Avec cette scène d’une sensualité folle et pourtant très chaste, Shatner réussit non seulement à exaucer un fantasme de geek vieux de plus de vingt ans mais, et c’est le plus balèze, à faire redémarrer son film alors que plus personne n’y croyait!

Plus fort encore, bien que le réalisateur-débutant (ce sera son seul véritable film) soit plus ou moins fâché avec une partie de ses collègues (George Takei en tête), l’histoire de The Final Frontier réussit à rapprocher ses interprètes comme au bon vieux temps (l’équipage y subissant passablement de revers), réinstaurant un équilibre bienvenu, même si, hélas, un peu tardif.

On se laisse avoir par un moment touchant entre la bienveillante Uhura et Scotty (James Doohan, visiblement au bout du rouleau), de l’apparent bain de jouvence de George Takei, de la prise de bouteille du personnage de Chekov, tout comme du trio involontairement comique constitué par les trois vedettes de la franchise.

Malgré un traitement parfois discutable, on reconnaîtra à The Final Frontier une scénario ambitieux et une conclusion des plus honorables, ce qui n’était pas gagné avec tout les parasitages dont la production a été victime. Cela n’en fait pas pour autant un bon film (et son piteux box-office est là pour le prouver), mais on est loin de la purge innommable que certains fans renient encore aujourd’hui.

Un accident heureusement sans suite et qui allait vite être oublié, la conclusion de l’aventure étant la prochaine étape, celle de la Terre inconnue!

http://www.startrek.com/

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