CBGB DE RANDALL MILLER

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On rentre dans CBGB avec une certaine indifférence polie, le biopic de Randall Miller (Nobel Son, Bottle Shock) démarrant comme une de ces histoires américaines de self-made men mille fois vues. C’est oublier un peu vite le sujet principale, à savoir cette salle mythique qui a vu passer toute l’histoire du putain de rock’n’roll entre ses murs.

Dans le rôle du patron des lieux, Hilly Kristal (interprété par le génial Alan Rickman), un gars divorcé et en faillite qui voulait juste mettre en pratique son intime conviction qu’il fallait avoir de la musique pendant qu’on buvait un verre dans un bar. Aidés par quelques amis plus ou moins fiables, dont le fidèle Merv Ferguson (Donal Logue de la série Gotham), Kristal ne va pas tarder à héberger (bien malgré lui, Kristal étant fan de country) toute la scène punk rock des années 70 et 80.

Le film met 40 minutes à démarrer, c’est le temps qu’il faut pour que le club, enfin fonctionnel après moult incidents en tout genres (niveau Trainspotting) , ne commence à voir débarquer ses premiers groupes historiques.

Et là, ça ne s’arrête plus.

Television, Talking Heads, Patti Smith, Ramones, Dead Boys, Blondie, Iggy Pop, Lou Reed et j’en passe, tout le monde a le droit à son entrée en scène en bonne et due forme, pour le meilleur comme pour le pire. Et ça donne le vertige.

Comprenez-moi bien, rien ne peut vous préparer à ce qui se passe dans ce film, ni les articles, reportages et interviews que vous avez lus, ni les documentaires, photos et clips que vous avez vus, parce que ce qui s’est passé dans ce club, et la cadence à laquelle tout cela s’est passé, est tout simplement incroyable. Qu’autant de stars du rock se soient succédées dans cette salle miteuse donne le vertige.

Imaginez une soirée typique du CBGB. Vous entrez là et vous trouvez les quatre Ramones adossés au bar, limite menaçants, Iggy Pop posé contre un mur, la main dans son pantalon, ou encore Lou Reed, assis seul dans un coin, planqué derrières ses lunettes. Et c’était comme ça tout le temps, ce qui donna au fanzine Punk tout loisir de remplir ses premiers numéros des interviews et compte-rendus de cette scène foisonnante.

Le film n’oublie pas de revenir sur la gestion calamiteuse de Kristal, un gars qui stockait son argent dans son congélateur, traitait avec des Hell’s Angels pour la sécurité et l’approvisionnement du club, mais qui s’avérait incapable de gérer l’aspect commercial de sa florissante entreprise, comme le montre sa relation d’affaires avec les Dead Boys qui le conduisit à la catastrophe. Heureusement pour lui, sa fille Lisa (Ashley Greene, absolument parfaite dans le rôle de l’une des seules personnes raisonnables du film) l’aida à surmonter cet énième fiasco et le club perdura miraculeusement jusqu’en 2006.

Niveau casting, nul besoin d’insister sur le fait que Alan Rickman est formidable dans le rôle de Hilly Kristal et que ce brillant acteur anglais, disparu en début d’année, n’a pas fini de nous manquer.

Il est plaisant de retrouver Malin Ackerman (Watchmen) dans le rôle de la chanteuse de Blondie, Debbie Harry, un rôle qui lui va à ravir.

Plus surprenant, et dans le bon sens du terme, le revenant Rupert Grint (la saga Harry Potter) dans le rôle à contre-emploi de Cheetah Chrome, le punkissime guitariste des Dead Boys.

Last but not least, Taylor Hawkins, batteur des Foo Fighters, se retrouve dans le rôle de Iggy Pop, challenge dont il s’acquitte à la perfection.

En conclusion, si CBGB ne révolutionnera pas l’histoire du biopic au cinéma, il s’avère une pièce fondamentale à la compréhension d’une époque révolue, ainsi qu’un sacré bon moment de rock’n’roll.

Juste triste que son réalisateur soit depuis passé par la case prison pour homicide involontaire, ayant mit en danger son équipe lors d’un tournage et provoqué indirectement la mort de l’un d’eux. A vouloir être trop rock’n’roll, on en paie parfois les pots cassés.

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