DAREDEVIL, GUIDE DE LECTURE (PARTIE 3)

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Suite et fin de ce guide de lecture consacré au protecteur de Hell’s Kitchen et qui prend place il y a un peu plus d’une dizaine d’années.

Comme certain(e)s auront pu le constater à la lecture du précédent article, je n’ai fait aucune mention du film de 2003 (arrivé pendant la période Bendis/Maleev). La raison en est des plus simples, le film étant un désastre, autant narratif que visuel. Si un jour, j’inaugure une catégorie nanars insondables sur cette page, soyez assuré(e)s que Daredevil, the movie, y figurera en bonne place.

En fin d’article, vous trouverez également quelques one-shots, graphic novels et mini-séries dignes d’intérêt, certains titres remontant jusqu’aux années 80.

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Nous sommes donc en 2006 quand Ed Brubaker et Michael Lark (auréolés par leur collaboration sur Captain America: Winter Soldier) débarquent sur Daredevil numéro 82. Leur mission, gérer les activités urbaines de l’homme sans peur tout en tenant compte que Matt Murdock est en prison au même moment. Connu pour ses ambiances de polar bien noir, Brubaker se montre totalement à la hauteur de la tâche sur The Devil, Inside and Out, créant une nouvelle dynamique, sublimée par le trait réaliste de Lark.

Avec Hell to Pay (numéros 94 à 105), Brubaker doit tenir compte de la fin du crossover Civil War qui a ébranlé le Marvel Universe. Matt retrouve Milla, mais c’est également le moment où Melvin Potter (Gladiator) décide de refaire parler de lui. Numéro 100 oblige, la série voit revenir quelques gloires du passé (Gene Colan, John Romita, Bill Sienckiewickz, etc.) pour quelques pages d’anthologie. Niveau vilains, entre Mr Fear, the Wrecking Crew, the Enforcers ou encore Purple Man, ce ne sont pas les ordures de compétition qui manquent; la pire de tous étant certainement The Hood.

On remarquera d’ailleurs une certaine forme d’influence et d’hommage à la storyline Knifgtfall de Batman, un long travail d’usure ayant été mis en place pour briser définitivement Daredevil, rendant la lecture de ce qui suit totalement obligatoire.

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Assisté au scénario par Greg Rucka (Chekmate), Ed Brubaker poursuit son travail de déconstruction. Ayant redonné sa vie d’avant à Matt Murdock (sa liberté, son travail et sa femme), il va minutieusement faire en sorte que ce dernier participe à l’anéantissement de ce tableau idyllique, contribuant à sa propre perte, tandis que des forces agissent dans l’ombre au même but mais de manière plus radicale.

On notera une volonté de Brubaker de ramener en force l’organisation criminelle the Hand, lui créant une nouvelle phalange en la personne de la mortelle Lady Bullseye dans le volume du même nom. Cette dernière, loin de voler le nom de son propriétaire original, va s’avérer à la hauteur de sa réputation, comme en atteste sa gestion radicale des alliés de tête à cornes: White Tiger et Tarantula.

Return of the King porte bien son nom, réintroduisant de grande manière Wilson Fisk, ainsi que l’ancienne numérotation de la série, ce qui nous vaut un épisode 500 de Daredevil! Mais c’est surtout la conclusion de cette histoire (et du run de Brubaker et Lark) qui en laissera beaucoup sur leur fondement, Matt devenant d’une certaine façon ce qu’il a toujours combattu.

J’aimerai pouvoir dire que l’arrivée de Andy Diggle et Billy Tan sur la série fut à la hauteur, mais hélas, elle signifie le retour de Daredevil en seconde division, ce que j’avais totalement occulté jusqu’à-ce que je ressorte mes comics pour cette chronique. Les personnes de goût passeront donc The Devil’s Hand, ainsi que l’interminable crossover (une première pour Daredevil) Shadowland. C’est vraiment pas bon. Même chose avec Reborn, Diggle n’ayant pas le talent nécessaire pour rendre crédible la descente aux enfers et le retour du diable de Hell’s Kitchen.

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Après deux années de véritable purgatoire (2010 et 2011), l’arrivée de Mark Waid (Fantastic Four) et des dessinateurs Paolo Rivera et Marcos Martin (Amazing Spider-Man) à des allures de bénédiction. Faisant comme si Shadowland n’avait jamais existé, le trio se démarque également de l’héritage réaliste et sombre de Bendis et Brubaker pour aller directement puiser son inspiration dans les années 80.

Beaucoup plus fun que par le passé, Daredevil n’en reste pas moins une série adulte et parfois glauque, comme se chargeront de le rappeler certains épisodes (ceux avec Klaw principalement) dans ce premier volume reprenant les numéros 1 à 6 (oui, encore une nouvelle numérotation).

Le volume 2 nous vaut également de belles surprises avec les participations graphiques de Emma Rios (Pretty Deadly), Kano (The Immortal Iron Fist) et Khoi Pham (Scarlet Spider). Mais la plus grande de toutes est sans conteste l’histoire tragique avec the Mole Man, un adversaire des Fantastic Four qui trouve ici l’une de ses meilleures interprétations. Mention spéciale aux trouvailles de Paolo Rivera pour illustrer la vision de Matt Murdock. Dommage qu’il quitte le titre aussi vite (ne restant que pour les covers).

Si le volume 3 est dispensable, étant surtout prétexte à un team-up avec Spider-Man et the Punisher, il a surtout l’avantage d’introduire au monde un nouveau dessinateur qui ne va pas tarder à devenir une véritable star, j’ai nommé Chris Samnee!

Scénariste s’amusant comme un petit fou sur la série, Mark Waid réussit à alterner moments légers et instants dramatiques avec une maestria qui pousse au respect. Après avoir envoyé Daredevil en Latveria (ce qui lui a laissé quelques séquelles au cerveau) dans le précédent volume, Waid s’amuse avec la santé mentale de Matt Murdock, invitant le dessinateur Michael Allred (Madman, IZombie, FF) pour en rajouter une couche dans la folie douce. Un régal.

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Pour ce qui est des volumes 5 à 7 (numéros 22 à 36), je dois bien avouer que je ne les ai pas encore achetés et je ne peux donc pas en parler avec objectivité. Ce que je peux dire par contre, aux vues des previews, c’est que le graphisme de Samnee s’est affirmé avec brio, même s’il ne dessine pas l’intégralité de la série.

Pour ce qui est de l’histoire, Waid semble avoir continué de jouer avec la dualité du personnage et ce jusqu’à la fin de son premier run en 2014. En effet, tout le monde connait désormais la double-identité de Matt, ce dernier continuant à donner le change depuis qu’il a été innocenté par la justice et qu’il n’est plus considéré par cette dernière comme le justicier hors-la loi Daredevil, ce qui lui fait une belle jambe au demeurant.

Cover for Daredevil (Marvel, 2014 series) #1 - Devil at BayCover for Daredevil (Marvel, 2014 series) #2 - West Case ScenarioCover for Daredevil (Marvel, 2014 series) #3 - Daredevil You KnowCover for Daredevil (Marvel, 2014 series) #4 - Autobiography of Matt Murdock

Un nouveau run (toujours avec Waid et Samnee) a vu le jour en 2014, il compte quatre volumes (jusqu’à fin 2015), évidemment recommandés mais toujours pas lus (oui, je commence vraiment à avoir du retard dans mes lectures), même si le tout sent bon l’état de grâce pour le duo gagnant. Allez-y les yeux fermés quand vous aurez terminé le reste!

Quand à la nouvelle série de 2016, scénarisée par Charles Soule (Letter 44) et dessinée par Ron Garney (Captain America), il est encore un peu tôt pour en parler mais ça n’a pas l’air extraordinaire pour le moment.

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Sortit en 1990, Love & War, (collaboration entre Frank Miller et Bill Sienkiewicz, l’artiste de Elektra: Assassin) est un véritable joyau artistique qui se doit d’être découvert; hélas très difficile à retrouver à un prix décent de nos jours. On espère toujours une réédition, si possible sans toute la storyline Elektra Saga qui se trouvait dans la dernière édition.

Publié en 1993, Man Without Fear est une relecture moderne des origines de Matt Murdock par Miller (avec Romita Jr de retour au dessin après son run avec Nocenti) et prenant passablement de libertés avec l’histoire originale. On ne reconnait guère Elektra, mais son nouveau traitement, ainsi que le survêtement noir de Matt auront trouvé leur chemin jusqu’à la série Netflix, ce qui prouve l’importance de ce récit.

Entre 2001 et 2002, Jeph Loeb et Tim Sale on apporté la première pierre à leur concept inédit de comics chromatiques (suivront Spider-Man: Blue, Hulk: Grey et Captain America:White), racontant les débuts de Daredevil sous l’influence de la couleur jaune (yellow). Un chef d’oeuvre à l’ancienne qui bénéficie de couleurs directes somptueuses.

Si Father a mit autant de temps à être complété (la mini-série a été publiée entre 2004 et 2007 avec un arrêt de deux ans au milieu), c’est que son artiste principal, Joe Quesada, était à l’époque rédacteur en chef de Marvel Comics et donc très occupé par ses autres fonctions. Cela n’enlève rien à la qualité de l’ensemble et les révélations sur l’accident du jeune Matt valent leur pesant de cacahuètes.

Publiée entre 2012 et 2013, cette aventure finale (elle se passe dans un futur proche) permet à Brian Michael Bendis de donner une nouvelle conclusion à son run initial sur la série. S’entourant d’un casting graphique quatre étoiles (Mack, Janson, Maleev et Sienkiewicz) , son histoire épique termine de transformer ce baroud d’honneur en un véritable événement.

THE END FOR NOW

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