LUKE CAGE, SAISON 1 (partie 1)

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Troisième série Netflix consacrée à l’univers  »urbain » de Marvel (après Daredevil  et Jessica Jones), Luke Cage vient hélas confirmer les quelques craintes que l’on avait pu formuler à la fin des deux dernières séries. A savoir que l’on aurait pu se satisfaire de quelques épisodes en moins ou d’une histoire plus épaisse.

Cela peut paraître paradoxal, quand on sait que les séries de The CV (consacrées aux super-héros DC) font le double d’épisodes; mais la dynamique n’est de loin pas la même. Là où Arrow, The Flash et autres Legends of Tomorrow offrent de l’action à tout va et de la romance grand public, Daredevil et consorts proposent une véritable histoire dramatique et terre-à-terre. C’est d’ailleurs l’un des grands paradoxes de ces transpositions télévisées. En effet, il est de notoriété publique que les comics DC visent un public plus adulte, voir alternatif, alors que les titres Marvel jouent à fond dans le fan-service et la prise de risque minimum. Tout le contraire donc de leurs adaptations pour le petit écran, les séries DC étant du pur fun décérébré alors que celles de Marvel flirtent avec l’excellence cinématographique.

Pourtant, si la première saison de Daredevil relevait du miracle (le meilleur comic Marvel enfin adapté dignement après un film très embarrassant), la seconde marquait déjà les limites du système Netflix; ce qu’allait confirmer Jessica Jones, malgré d’évidentes qualités. En résumé, des personnages fascinants dans des histoires trop petites pour eux, perdus sur les trottoirs de New York; tandis que les vrais super-héros volent dans le ciel pour sauver l’humanité.

Luke Cage, s’il reproduit les qualités et défauts de ses  »Marvel Knights » (les héros urbains de l’éditeur, dont The Punisher et Ghost Rider font également partie), est cependant un cas à part. En effet, à la différence de Daredevil (un titre d’exception depuis un demi-siècle) et Jessica Jones (sous le titre Alias, une série aussi courte que sophistiquée), Luke Cage, Power Man n’est qu’un super-héros mainstream des seventies. Pire, il est le prototype du héros black vu par des blancs. Et pour en revenir à sa version télévisée, il est également celui qui subit le plus son existence (dépassant de loin la nihiliste Jessica Jones), l’histoire de sa série étant, pour le coup, bien plus grande que lui.

Adaptation lointaine de différents éléments du comic Marvel, Luke Cage est évidemment d’abord le spin-off de Jessica Jones, notre anti-héros s’étant réfugié dans le Bronx après les événements liés au Purple Man. Faisant profil bas dans un salon de coiffure, Luke Cage, interprété par le charismatique Mike Colter (The Good Wife, Ringer) ne va pas tarder à se retrouver mêlé à différents conflits d’intérêts liés à la communauté noire, la politique et le crime organisé semblant avancer main dans la main comme dans le Hell’s Kitchen du justicier aveugle Daredevil.

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Centre névralgique de ces activités criminelles, le nightclub Harlem’s Paradise tenu par Cornell  »Cottonmouth » Stokes, joué par Mahershala Ali (The 4400, House of Cards). Se voyant comme le roi du Bronx, Cornell est une sorte de Kingpin assez similaire à celui magnifié par Vincent D’Onofrio en 2015 et 2016. Un héros tragique qui veut véritablement le bien de sa communauté mais également un psychopathe en puissance entouré d’hommes peu recommandables et à la gâchette facile.

Parmi ces personnes, on comptera quelques individus aux patronymes aussi hauts en couleurs que leurs transposition télévisée est terne. De Hernan  »Shades » Alvarez (Theo Rossi de Sons of Anarky) à Willis  »Diamondback »Stryker (Erik LaRay Harvey de Boardwalk Empire), ces super-vilains des années 70 deviennent ici (tout comme Cottonmouth) des gangsters classieux qui ne démériteraient pas dans un film hollywoodien. Au final, on y perd en fun mais on y gagne au change, parce que les personnages originaux étaient vraiment nazes.

Grande force et faiblesse à la fois de la série, le fait qu’elle soit une lettre d’amour au Bronx plutôt qu’à son illustre héros, préférant (parfois à juste titre) mettre en avant des enjeux sociaux et raciaux (actualité américaine oblige), plutôt que de trop s’attarder sur son personnage principal. Fourmillant de personnages secondaires forts et d’enjeux dramatiques relativement complexes, la série finit par oublier son héros en cours de route, ce dernier étant plombé par une histoire aussi banale que son pouvoir. Et si ce n’était que ça…

Je ne devrais pas rentrer dans ce débat stérile sur les différences irréconciliables entre la version papier et la transposition live mais, après toutes ces années d’attente et toute les séries et films qui ont été produits, il est proprement aberrant de proposer une vision aussi arriérée et austère d’un super-héros de la trempe de Luke Cage. Alors je comprends bien qu’il n’était pas question d’adapter le super-héros des années 70-80, une brute insupportable au costume ultra-daté, mais de là à cracher au visage de toute une génération de lecteurs, il y a un pas que personne n’avait encore osé franchir jusqu’ici.

Je parle bien évidemment de l’épisode avec les origines de Power Man et surtout de la scène où Luke Cage réaparait transformé par l’expérience dont il a été le cobaye. Cette scène et sa suite dans la rue (avec le diadème et la chemise jaune) nous laisse entrevoir la série qui aurait pu être et qui ne sera jamais, Luke refusant sa nature de super-héros car la trouvant forcément et simplement ridicule. Ce choix scénaristique, audacieux s’il en est, aurait certainement beaucoup compté si la série s’était affranchie de ses origines et les avaient sublimées. Hélas, ce sera loin d’être le cas tout au long de ces interminables 13 épisodes; ces quelques minutes, censées êtres un clin d’œil (quelque peu méprisant) à la première série de comics, s’avérant au final son meilleur moment, celui ou Luke Cage est devenu Power Man, avant de redevenir Luke Cage et de le rester. Même si les comics étaient nuls, cet acte manqué m’a brisé le cœur.

TO BE CONCLUDED…

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