STAR TREK, LA SÉRIE ORIGINALE, SAISON 1

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Pour tout fan de science-fiction télévisée qui se respecte, Star Trek semble un passage presque obligatoire; au même titre que Doctor Who, Lost In Space, Battlestar Galactica, The Invaders, Space: 1999 ou encore UFO.

Pourtant, si l’on a vécu en Suisse ou en France durant les dernières décennies, les occasions de devenir accro à Star Trek n’ont pas été légion. Enfant des années 70-80, je me souviens de quelques épisodes diffusés dans des émissions où les téléspectateurs pouvaient voter par téléphone (appels surtaxés of course) afin de créer leur programme. Une belle arnaque pour l’époque et une véritable frustration à chaque épisode de Star Trek, le suivant n’étant jamais garanti!

Pour ce qui est des premiers films, avec le même casting plus âgé, ils donnaient l’impression, en pleine époque Star Wars, d’un show quelque peu vieillot à la Buck Rogers. Comme si cela ne suffisait pas, de nouvelles séries arrivèrent par la suite, brouillant encore un peu plus les pistes d’un tableau déjà flou. Et pourtant, même sans en connaître les tenants et aboutissants, Star Trek continuait de me fasciner, son mystère global devenant même sa principale qualité pour moi. Sans compter qu’avec le temps, William Shatner et Leonard Nimoy devinrent de véritables légendes vivantes.

Il m’aura fallu près de quatre décennies pour enfin m’intéresser de plus près à la création de Gene Roddenberry, retombant sur les premiers films et les appréciant plus que de raison. Puis arriva le reboot de Star Trek par J.J. Abrams. Ce qui, de fil en aiguille, m’amena, en compagnie de ma copine, à la redécouverte de la série originale des années 1966 à 1969.

Composée de 30 épisodes, la première saison de Star Trek nous fait découvrir un monde futuriste qui a laissé derrière lui la barbarie post-apocalyptique du XXIème siècle pour développer le voyage spatial à vitesse supraluminique. L’humanité s’est alliée à d’autres espèces extra-terrestres sous le nom de Fédération des Planètes Unies, son élite scientifique et diplomatique voyageant sous l’autorité de Starfleet.

S’il existe de nombreux vaisseaux sillonnant la galaxie, Star Trek se focalise sur le voyage de cinq ans de l’Enterprise, un vaisseau pacifique (mais armé) commandé par le commandant James Tiberius Kirk (William Shatner). Pour l’aider et l’accompagner dans sa mission quinquennale, Kirk peut compter sur son fidèle second, un Vulcain nommé Spock (Leonard Nimoy) à la logique implacable. Mais ce n’est pas le seul personnage récurent, l’équipage (quelque peu aléatoire dans la première saison), incluant le docteur Leonard McCoy (DeForest Kelley) et son assistante Christine Chapel (Majel Barrett), l’ingénieur en chef Montgomery Scott (James Doohan), le pilote Hikaru Sulu (George Takei), la responsable des communications Nyota Uhura (Nichelle Nichols), ainsi que Janice Rand (Grace Lee Whitney), alias Yeoman, secrétaire et servante du capitaine.

Chaque épisode étant propice à une mission, ainsi qu’à la découverte d’une nouvelle planète, civilisation ou menace, l’équipage de l’Enterprise se voit confronté, sous formes d’allégories, à des situations rappelant fortement les grands questionnements de la fin des années 60, ce qui donne aujourd’hui à la série un charme très rétro qui était des plus contemporains en 1966, exactement comme les films, romans et comics de science-fiction de l’époque. Il y est bien entendu beaucoup question d’humanisme, du rapport homme-femme, de technologie, ainsi que de toutes les problématiques empêchant alors (et encore aujourd’hui) les être vivants de vivre unis et en paix. Un lourd cahier des charges qui, le long de ces trente premiers épisodes, aura eu le temps d’être traité de bien des manières, parfois avec habileté, parfois grossièrement, et, plus rarement, avec un certain génie.

Loin de moi, l’idée d’analyser cette première saison sous toutes ses coutures (d’autres l’on fait avec brio), il y a tellement de choses à dire que je pourrai facilement écrire un article par épisode, ce dont je n’ai ni le temps, ni l’envie. Par contre, ce que j’aimerais mettre en avant, c’est que je ne m’attendais pas (ni ma compagne) à une série aussi moderne, la croyant désuète, obsolète et devenue légendaire seulement avec l’aide du temps et de ses nombreuses déclinaisons. Bien sûr, toute futuriste qu’elle est, Star Trek souffre beaucoup de son demi-siècle d’existence, ses tentatives humanistes étant parfois torpillées par une manière de penser très américaine, misogyne et quelque peu sexiste. Surtout, ses ambitions scénaristiques immenses sont parfois diminuées par un manque de moyens évident et des tentatives visuelles pas toujours très heureuses. Et pourtant, tout fait sens à la fin de chaque épisode, même si les cinquante minutes semblent parfois un peu longues.

Le miracle de Star Trek tient sur plusieurs choses. Premièrement, l’univers futuriste qui nous est présenté est raisonnablement crédible, à condition de ne pas trop regarder sur les innombrables détails d’époque (qui transparaissent dans chaque plan) et le fait qu’il soit essentiellement peuplé de proches cousins humanoïdes parlant tous anglais. Le design de l’Enterprise, des quelques vaisseaux et mondes extra-terrestres rencontrés s’avère un régal pour les yeux et l’imaginaire; tout comme les costumes des membres de l’équipage, leur code couleurs, ainsi que leurs divers gadgets, apportant une légitimité aux tribulations galactiques de Kirk et les siens. Ensuite, il faut bien avouer que, malgré toutes les contraintes et ignorances de l’époque, Star Trek est une série superbement bien écrite, chacun de ses épisodes étant un petit film à part entière, et pas simplement une évolution poussive et en couleurs d’un serial des années 40-50.

Mais la raison principale qui fait que Star Trek tient encore la route cinquante ans après sa première diffusion tient essentiellement à son formidable casting. La bromance entre Kirk et Spock est simplement le modèle original de toutes les bromances qui ont suivies par après, autant au cinéma qu’à la télévision, ce qui n’est pas rien. L’amitié, le respect, l’admiration et une certaine forme de compétition entre les deux hommes, sont le sel (et le poivre parfois) de cette série. A cela, il faut ajouter les performances légendaires de William Shatner et Leonard Nimoy, ces deux-là ayant tout donné dans leurs rôles respectifs, se condamnant sans le savoir à les interpréter durant les décennies à venir.

Le reste du casting, bien que fortement en retrait, n’est pas en reste pour autant. Celui qui tient la dragée haute aux deux principaux acteurs est bien évidemment DeForest Kelley. Dans le rôle du docteur McCoy, il ne manque jamais de verve face aux deux leaders de l’Enterprise, balançant son franc-parler sans prendre de gants et leur volant même souvent la vedette, nous rappelant au passage que le talent ne s’encombre pas de premier ou de troisième rôle, il est ou il n’est pas. Il est d’ailleurs dommage que le génial George Takei n’ai pas plus été mis en avant dans cette première saison, le potentiel de monsieur Sulu étant aussi fou que son rire est terrifiant. Pour ce qui est de Nichelle Nichols, son rôle, bien que progressif pour l’époque (une femme noire avec la responsabilité des communications d’un vaisseau protocolaire, du jamais vu à l’époque!), ne brille guère que lors de quelques scènes très convenues. Malgré tout, le rapport égalitaire qui est le sien est à souligner et l’on ne se lasse pas de la contempler d’épisode en épisode. James Doohan, Scotty pour son capitaine, est également l’une des forces cachées de l’USS Enterprise NCC-1701, son personnage prenant une ampleur considérable au fil de la première saison. C’est également celui qui changera le plus physiquement avec le temps. Pour ce qui est des deux derniers personnages féminins (Yeoman mais surtout Christine Chapel), il est dommage que la série ne leur ai pas donné une véritable ampleur. Le cinéma se chargera de redonner à Yeoman un statut digne d’elle; hélas, on oubliera vite le personnage incarné par Majel Barrett, cette dernière apparaissant une ultime fois dans le film de 1979.

Il y aurait encore passablement de choses à ajouter sur cette première saison (à commencer par sa mise en place houleuse avec ses deux pilotes), mais comme nous venons d’enchaîner sur la seconde, j’aurai bien le temps d’y revenir (ou pas), cette série étant, comme dirait l’un de ses personnages principaux: fascinante.

http://www.startrek.com/

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