LANA DEL REY  »HONEYMOON »

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Il semble bien loin, le temps où les médias généralistes et alternatifs s’extasiaient sur  »Video Games », le premier single d’une mystérieuse rouquine semblant débarquée d’un autre temps, d’une autre époque. Il n’aura pas fallu longtemps pour que ces mêmes médias ne retournent leur veste et tombent dans le trash le plus sordide, révélant le passé artistique chaotique d’une fille à papa et confortant un certain public hipster qu’il y avait plus d’humanité dans leur laptop que dans les lèvres botoxées de ce pur produit marketing, paradoxalement atteint de stage fright.

Trois albums plus tard, la cause semble entendue, Lana Del Rey est bel et bien ce qui se rapproche le plus de Docteur Who en ce bas monde, plus personne ne pouvant décemment croire que cette jeune femme puisse avoir grandit dans les années 90 (elle serait née en 1985 ha ha ha ha ha) et ressusciter avec une telle maestria les années 50, tant par sa voix et ses chansons que par les musiciens qui l’accompagnent.

De retour avec  »Honeymoon » (faisant suite à  »Ultraviolence » sortit en 2014), son album le plus hanté à ce jour et totalement dépourvu de la moindre tentative de hit, Lana Del Rey frappe un grand coup, rien d’équivalent musicalement ne semblant rivaliser, voir ressembler à cette collections de perles noires mises en scène comme jamais.

Car c’est bien de ça qu’il s’agit ici, d’une oeuvre au noir. Si on n’y prenait pas garde, on pourrait même affirmer que  »Honeymoon » pue la dépression et la mort. Rien ne serait plus faux. On est plutôt ici dans une sensualité extrême qui donne l’illusion de quelque chose de morbide, alors qu’elle est excitante, dangereuse, presque inaccessible car trop belle pour être vrai. C’est aussi une déclaration d’amour à la vie, cette vie avec laquelle Lana Del Rey semble être en lune de miel permanente, vivant l’existence qu’elle s’est choisie et en profitant jour après jour, accompagnée par d’autres grands vivants comme elle. A la différence de bons nombres de pseudo rockstars, elle semble vraiment dans une dynamique sex & drugs & rock & roll.

Les quelques singles de l’album, dont le titre éponyme, sont à l’image de l’ensemble des quatorze titres proposés, classieux, langoureux et superbement orchestrés. Au niveau de la voix, l’américaine semble avoir abandonné ses tics de pop star, délivrant la meilleure performance vocale de sa carrière, comme en atteste l’impérial  »Salvatore » ou encore l’épique  »The Blackest Day ». Surtout, il n’y a tellement rien de moyen sur ce disque que ça en est renversant.

En conclusion de cette descente dans l’intimité la plus personnelle de la chanteuse de 31 ans, une reprise impeccable de son idole Nina Simone,  »Don’t Let Me Be Misunderstood ». Un titre qui vient rappeler, s’il le fallait encore, que Lana Del Rey aimerait bien qu’on la comprenne, elle est ses obsessions. Ici en tout cas, le message est passé aussi clairement que les trois fois précédentes. A ranger aux côtés de Chelsea Wolfe et de Bat For Lashes, autres artistes vitales à notre triste époque.

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