CROUCHING TIGER HIDDEN DRAGON: SWORD OF DESTINY DE YUEN WOO-PING

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Co-production americano-chinoise faisant suite au désormais légendaire Crouching Tiger Hidden Dragon de Ang Lee (sortit en 2000 avec un succès planétaire),  Sword of Destiny, bien que simple téléfilm Netflix (il n’est sortit en salles qu’à Hong Kong), n’a rien à envier aux meilleures productions du genre.

Se passant dix-huit ans après la mort de Li Mu-Bai (Chow Yun-fat, grand absent de cette séquelle), l’action se déroule toujours au dix-huitième siècle, durant l’ère troublée de la Dynastie Qing, la Chine étant déchirée par des guerres absurdes entre les diverses écoles d’arts martiaux.

On retrouve avec un grand bonheur le personnage de Shu Lien, interprétée par l’immense Michelle Yeoh (The Heroic Trio, Sunshine, The Lady), cette dernière venant de sortir de sa retraite avec une mission sacrée, retrouver Green Destiny, l’épée légendaire de son défunt compagnon Li Mu-Bai, le seul homme qu’elle ai jamais aimé, afin de la ramener aux Monts Wudang.

Pour l’aider dans sa tache, cinq jeunes guerriers du Jianh hu parmi les derniers adeptes de l’école du Sentier de Fer ne seront pas de trop. A leur tête, Loup silencieux, joué par la superstar Donnie Yen (Seven Swords, Ip Man, Rogue One). Mais comme jamais rien n’est simple dans le cinéma asiatique, Loup silencieux est également l’ancien amour de Shu Lien à qui elle fut jadis promise et qu’elle croyait mort. Ensemble, ils vont devoir récupérer Green Destiny des mains du seigneur Hades Dai, ce dernier voyant en elle un symbole d’unification et de domination des autres écoles d’arts martiaux.

Hades Dai, le grand méchant de l’histoire, n’est pas un inconnu pour le public occidental comme c’est souvent le cas avec les personnages secondaires de ce type de films. En effet, il ne s’agit ni plus ni moins que de Jason Scott Lee (Rapa Nui, Soldier, Dragon), un artiste martial de la trempe de Donnie Yen qui fut relativement populaire chez nous dans les années 90.

Bien que le reste du casting soit également de qualité, que Donnie Yen donne à plusieurs reprises de sa personne (la scène de la cantine est épatante) et que l’alchimie fonctionne assez bien avec Michelle Yeoh (bien qu’elle soit sous-exploitée, tout comme le personnage de Shu Lien), il manque néanmoins certaines qualités cinématographiques au film de Yuen Woo-ping (Drunken Master, Tiger Cage, Tai Chi Master) pour se hisser au niveau du classique de Ang Lee.

Ce ne sont pas tellement les absences de Chow Yun-fat (son personnage est mort) ou encore de Zhang Ziyi (elle réclamait Ang Lee sinon rien) qui posent problème mais bien la vaine tentative du vénérable cinéaste de recréer l’atmosphère du film original. Que ce soit au travers des lieux ou encore des éclairages nocturnes, tout ici vient nous rappeler à quel point le film original était supérieur à tous les niveaux.

Difficile de passer après le véritable choc culturel qu’a représenté Tigre et Dragon en son temps, un film épique qui nous donnait non pas une mais deux histoires d’amour aussi belles que tragiques, le tout dans des décors à couper le souffle. Qui n’a pas vu le combat dans la forêt de bambous ne peut pas comprendre à quel point Chow Yun-fat représentait ce qu’il y avait de mieux dans l’humanité des années 2000. La gestion du vide et du silence étaient également quelques-unes des grandes réussites de ce film et tout points parfait dans son exécution.

Sword of Destiny n’en est pas pour autant un mauvais film, loin de là, mais il manque un peu d’ambition et se perd un peu en route avec tous ses personnages, remplissant les moments creux par des scènes anecdotiques et oubliant de faire preuve de poésie dans ses moments d’action, privilégiant l’efficacité visuelle à la simple beauté (le combat sur le lac gelé). Quand à l’idée de tourner en anglais puis de doubler le film en mandarin par après, ça m’échappe un peu, je dois bien l’avouer.

Yuen Woo-ping ne se rattrape guère sur la fin avec la scène (bien trop badass) de la tour, tout son professionnalisme n’arrivant pas à nous enlever de la tête que Sword of Destiny est avant tout un téléfilm de luxe tourné en studio et que nous ne sommes décidément plus en l’an 2000. Quand à la double histoire d’amour, sans véritable intérêt, elle vient encore un peu plus enfoncer le projet, faisant de cette séquelle un non-événement laissant un goût amer dans la bouche.

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