DON’T TRUST THE BITCH IN APT 23, SAISON 1-2

Résultat de recherche d'images pour "don't trust the b---- in apartment 23 poster"

Ayant découvert Krysten Ritter en coup de vent dans Breaking Bad (la malheureuse copine junkie de Jesse Pinkman), puis un peu plus intimement dans le rôle titre de Jessica Jones (une détective privé dans le Marvel Universe), je dois bien avouer que rien ne me préparais au choc de sa performance dans Don’t Trust the Bitch in Apt 23.

Je savais bien qu’elle avait tourné dans une sitcom à la con pour la Fox il y a quelques années (toutes ces photos d’elle avec le sourire qui pullulent sur internet) et que cette dernière était rapidement passé à la trappe après avoir servi de bouche-trou, tombant dans l’oubli corps et bien comme tant d’autres avant, en même temps et après elle. Quand la chose est arrivée sur Netflix, je n’ai déjà pas compris le titre tout de suite, trop long, trop hypocrite, trop plein de choses. En plus, il y avait l’autre tache de Dawson’s Creek… Et puis j’ai oublié l’existence de ce truc. Jusqu’à-ce qu’un soir, cherchant le réconfort d’une actrice avec de la classe, j’ai finalement lancé le premier épisode. Et ma vie a changé pour toujours.

Comment vous dire? Krysten Ritter n’est pas le personnage principal de cette sitcom; la véritable héroïne de Don’t Trust the Bitch in Apt 23, c’est Dreama Walker (Gossip Girl, The Good Wife, Compliance). Son personnage de June Colburn est le cliché typique de la fille de l’Indiana qui monte à New York pour un job de rêve, perdant ce dernier, puis son appartement et se retrouvant à la rue en moins de temps qu’il faut pour le dire. Désespérée et un peu naïve, elle accepte une colocation avec Chloe, une jeune femme semblant bien sous tout rapport mais qui est en fait une arnaqueuse professionnelle aux mœurs aussi dépravés que sa moralité.

Et je me dois ici de faire un aparté pour vous signifier que Krysten Ritter a arrêté d’être une comédienne de génie et une actrice de premier plan le jour où cette fichue sitcom a été annulée par ces couillons de ABC! Parce qu’en étant honnête, sa performance dans Breaking Bad tient plus à son attitude, son look goth et au sort que la production lui a réservée, qu’à ses qualités d’actrice. Même chose avec Jessica Jones, que j’adore, mais s’il n’y avait pas la performance fulgurante de David Tennant dans le rôle du méchant de service, on se ferait bien chier à suivre les enquêtes soporifiques de la taciturne détective, ainsi que ses problèmes de voisinage et ses rapports conflictuels (même au lit) avec Luke Cage. Alors que dans le rôle de Chloe… c’est de la folie pure et dure qui atteint très souvent le génie. Quelque part entre le Saturday Night Live et Absolutely Fabulous, Ritter semble monter sur des ressorts, son débit de parole étant à la mesure de ses mimiques de furie sans filtre social. Égoïste sans cœur et véritable modèle pour les jeunes filles modernes, Chloe ne semble aimer qu’elle. A deux exception près.

D’abord, il y a June, la seule à lui avoir tenu tête depuis longtemps (la respectant pour cela) et représentant une sorte d’apprentie toute droite sortie de sa campagne qu’elle s’est mise en tête de transformer en garce ultime à son image. Chloe ne l’avouera jamais, mais June est de loin ce qui se rapproche le plus de sa seule et unique amie du même sexe.

Car, et c’est là, le paradoxe du personnage, le meilleur ami de Chloe n’est autre que James Van Der Beek (jouant une parodie de lui-même avec un génie tout aussi inattendu que le show permanent de Krysten Ritter), un ex devenu sa moitié parfaite, la comprenant mieux qu’elle même et la suivant dans ses tribulations avec complicité et bienveillance. Bien que jouant son propre rôle, Van Der Beek incarne ici une copie has-been de l’ancien acteur de Dawson’s Creek, rival malheureux de James Franco et courant après le rôle impossible sans peur du ridicule. N’ayant jamais vraiment suivi ses débuts télévisés, je connaissais surtout Van Der Beek pour son rôle dans How I Met Your Mother, jouant l’ancien amour ringard et dégarni de Robin Scherbatsky (interprétée par la fabuleuse Cobie Smulders). Rien de tout ça ici, James étant un homme classieux et dynamique qui désire simplement vivre son rêve Hollywoodien jusqu’au bout. Un véritable modèle de battant qui semble à peine décalqué sur le Tom Cruise scientologue que l’on connaissait au début des années 2000. Surtout, Van Der Beek crève l’écran comme jamais, son ego surdimensionné (et son incapacité à repérer les rôles de merde qu’on lui propose) n’arrivant jamais à égratigner l’immense empathie que l’on ressent pour lui, faisant de son personnage un looser charismatique comme on a rarement vu sur le petit écran.

Niveau rôles secondaires par contre, la sitcom ne gagne pas des points, utilisant trois acteurs de couleurs pour servir la soupe au casting principal. Il y a d’abord l’haitien Eric André, qui aurait dû être le superviseur de June et qui se retrouve simple serveur durant les deux saisons. Il y a ensuite Robin, la voisine en partie asiatique et ex-coloc de Chloe dont elle est toujours amoureuse de manière quelque peu maniaque. Puis il y a Luther Wilson (Ray Ford, impeccable et qui aurait mérité plus d’exposition tant il est drôle), l’assistant homosexuel et limite esclave (alors qu’il est noir) de James, ce qui est parfois tellement déplacé dans son cas que les scénaristes ont jugé bon de le noter dans ses dialogues, son personnage s’amusant ironiquement de la situation. Bien que blanc, Michael Blaiklock n’est guère mieux servi par la production, se retrouvant dans le rôle ingrat de Eli Webber, le voisin voyeur de Chloe et June. Autant dire que ces personnages, éminemment sympathiques au demeurant, n’auront pas loisir d’être exploités comme il aurait fallu, se contentant juste d’être exploités comme les clichés qu’ils représentent, même si l’on sent bien que les scénaristes ont tenté de jouer avec les stéréotypes, y arrivant de temps en temps mais pas toujours.

Série bouche-trou comme je le disais, Don’t Trust the Bitch in Apt 23 n’aura connu que 26 épisodes, dont 8 qui n’auront pas été diffusés suite à son annulation par ABC, finissant sur le net, avant que Logo TV ne récupère la sitcom reniée par ABC et ne diffuse enfin le run initial dans son intégralité.

Sitcom acclamée par la critique et le public, Don’t Trust the Bitch in Apt 23 est l’exemple type du programme de divertissement supérieur maudit dès sa naissance. Un titre problématique, un personnage principal immoral, de l’humour trop sophistiqué, de l’impertinence en prime-time et, surtout, beaucoup trop de vagues pour un programme censé boucher une case-horaire, voilà quelques-unes des raisons qui auront poussé ABC à s’en débarrasser dès que possible.

Qu’importe, grâce à Netflix, il n’est que temps de rendre enfin hommage à cette brillante satire New-Yorkaise, très loin des horreurs formatées et sans âme que l’on subit à longueurs d’années.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s