VIMANARAMA DE GRANT MORRISON ET PHILIP BOND

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Je ne sais pas ce qui est le plus étrange dans cette histoire en trois épisodes (moins de 80 pages) racontant les tribulations d’une famille indienne musulmane confrontée à d’anciens dieux, qu’elle soit publiée par le label alternatif du plus vieil éditeur de comics américain encore en activités ou qu’elle soit le fruit des cerveaux malades d’un scénariste écossais complètement fou et d’un dessinateur anglais tout aussi déjanté!

Vimanarama, qu’on ne se méprenne pas, est un pur produit de la culture britannique. Une telle oeuvre aurait très bien pu être éditée par Titan, Penguin ou encore Rebellion. Qu’elle ai été publiée par DC Comics (au travers de son label Vertigo) lui donne une résonance internationale bienvenue, tant ses sujets principaux semblent codifiés et, avouons-le, directement inspirés par beaucoup trop d’heures à regarder Doctor Who!

Cover for Vimanarama (DC, 2005 series) #1

Pour ce qui est de l’histoire, elle raconte le destin d’Ali, un jeune indien britannique qui attend l’arrivée de sa mystérieuse femme pour son mariage (arrangé par leurs familles respectives). Son père possédant une épicerie au centre-ville de Bradford, Ali est appelé en urgences par son grand frère (très croyant et un peu borné) qui y travaille, ce dernier ayant été victime d’un accident l’empêchant de bouger, un trou s’étant révélé sous les fondations du bâtiment. Plus tard, c’est Imran, le bébé et dernier né de la famille qui disparaît dans le trou. Partant à sa recherche dans les entrailles de la boutique, Ali se retrouve dans une cité mystérieuse, assistant malgré lui au réveil d’anciens dieux millénaires en compagnie de Sofia, une mystérieuse jeune femme, ignorant encore qui elle est. Et je m’arrête là avant de tout vous raconter en abrégé.

Très facile de lecture, Vimanarama se dévore en une grosse demi-heure, s’oubliant hélas assez vite malgré un départ en trombes qui promettait beaucoup. La grande erreur de Grant Morrison, à mon sens, est d’avoir opté pour un thème fantastique en y rajoutant une dose de super-héros, ce qui ne fonctionne pas après dix pages d’introduction d’une famille indienne tenant une épicerie au Royaume-Uni. C’est vraiment con à dire, mais le seul truc qui passionne dans cette histoire sans queue ni tête, c’est bien la relation, certes conflictuelle mais riche en rebondissements, d’Ali avec les siens. Il y avait tellement de choses à dire et à montrer sur cette fascinante famille et son rapport à l’occident. Le paternel mériterait une mini-série à lui tout seul, quand au grand frère, Omar, j’aurai bien aimé connaître toutes les choses qui l’on rendu aussi coincé et désagréable. Eh ben c’est raté, Morrison aura préféré nous raconter une histoire avec des super-dieux.

Cover for Vimanarama (DC, 2005 series) #2

Alors oui, c’est problématique, parce que tout grand scénariste qu’il est, Grant Morrison est surtout très écossais! Mais merde, après ces dix premières pages remarquables (et magnifiées par le dessin de Philip Bond) qui vendaient du rêve, le dernier truc que j’avais envie de lire au monde, c’était bien une connerie d’histoire de super-héros avec des extra-terrestres chelous!

Et je crois que Philip Bond aussi n’était pas très convaincu non plus, parce que ses planches avec les dieux et les extra-terrestres sont parmi les plus bâclées qu’il ai jamais produites. Venant de l’un des dessinateurs de Tank Girl, ça fait mal, d’autant que sa double splash du début est parmi les plus belles illustrations de sa carrière. A n’y rien comprendre.

Bon, je m’emporte mais ça m’agace en y repensant (et en feuilletant le trade pour cet article), parce que Morrison est pourtant capable de produire des histoires sociales fortes tout en s’amusant. Il l’a prouvé avec Kill Your Boyfriend (également avec Philip Bond et disponible en pack avec Vimanarama), The Filth et, surtout, The Invisibles, son grand chef d’oeuvre avec Animal Man (tout ça chez Vertigo), mais pas ici.

Au final, Vimanarama est une histoire relativement sympa, qui aurait pu être grandiose mais qui est surtout un peu confuse et qui ne réussit jamais totalement à sublimer son évidente originalité de départ. Un titre sympathique qui gagne aux points tout de même, ce qui est déjà pas mal. A découvrir par pure curiosité.

http://www.grantmorrison.com/

http://philipbond.net/

Cover for Vimanarama (DC, 2005 series) #3

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