THE FLY DE DAVID CRONENBERG

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C’était en février 2016, la Cinémathèque de Lausanne présentait The Fly de David Cronenberg au Capitole de Lausanne. Une occasion unique pour le vieux fan que je suis de revoir ce remake du film original de Kurt Neumann avec Vincent Price: La Mouche Noire.

Etant seul pour la soirée, je m’assis au premier rang comme j’en ai l’habitude depuis quelques années. Une connaissance m’ayant repéré, il vint discuter cinq minutes avec moi avant le début du film. Puis arriva un représentant de la Cinémathèque Suisse, accompagné de la journaliste radio de Travelling sur la Première et dont l’émission est partenaire de la projection. Après un petit topo sur le futur de la salle de cinéma, la parole fut donnée à la journaliste, cette dernière partant dans une présentation très… personnelle. Confondant Vincent Price avec David Niven dans le film original de 1958, elle tenta ensuite de convaincre le public que le classique avéré de Kurt Neumann (7,1 sur 10 sur IMDb) était un très mauvais film, l’affirmant en riant et s’en moquant comme de la pire série Z. Pour finir, revenant en 1986, elle se mit à nous raconter toute la trame du remake de Cronenberg. Dans la salle, des voix commencèrent à se manifester pour la faire taire, allant jusqu’à la siffler, ce qui ne l’empêcha pas de terminer son entreprise de sabotage. Quelque peu incrédule dans mon siège, je me tournais vers mon copain, estomaqué de rire, ayant déjà pris soin de rétablir la vérité à son intention. La journaliste quittant la scène, il me quitta à son tour pour retrouver ses amis et le film commença, enfin.

Faut-il encore raconter l’histoire de La Mouche? Plus grand succès commercial et critique de David Cronenberg, ce film, mettant en scène les immenses (au sens propre comme figuré) Jeff Goldblum et Geena Davis, est plus une réinvention du mythe qu’un remake à proprement parler. Ne gardant que peu d’éléments de la nouvelle de George Langelaan et du film de Kurt Neumann, The Fly nous balance directement dans les années 80, avec une bonne dose d’horreur moderne. Une fois de plus, si vous n’avez pas encore vu ce film: méga-spoilers à l’horizon!

Commençant par un générique devenu célèbre, le film ne s’embarrasse pas d’une introduction, nous balançant directement dans une foire scientifique à laquelle se rend la journaliste Veronica Quaife (Davis), cette dernière se faisant attirer dans son laboratoire par l’excentrique Seth Brundle (Goldblum) qui prétend pouvoir changer le monde par son invention. La suite est connue, la révélation des pods, le tour de magie ultime, l’histoire d’amour impossible, l’accident à retardement et puis la longue descente aux enfers pour Seth Brundle, devenant jour après jour Brundlefly.

Première constatation: même trente ans après, l’alchimie entre Jeff Goldblum et Geena Davis fonctionne à plein rendement, le couple demeurant l’un des plus sulfureux et tragiques du septième art.

Goldblum est simplement parfait dans ce croisement entre Victor Frankenstein, Albert Einstein et Groucho Marx. Ses blagues sont toujours aussi drôles, comme le prouveront les réactions du public. Quand à ses moments plus sombres, ils ne cessent d’inquiéter, avant de se transformer en purs moments de terreur. Son interprétation habitée dans The Fly fait de Seth Brundle un grand héros tragique comme on en à rarement vu depuis.

Pour ce qui est de Geena Davis, son rôle de journaliste est encore plus primordial, car elle représente, en bien des points, le spectateur. D’abord séduite, puis effrayée, elle va tenter de suivre le destin sordide de l’homme qu’elle aime, avant de céder (comme nous) devant l’horreur de la situation, ne devant qu’à la force du désespoir la capacité de mettre un terme à ce cauchemar.

Je me dois également de citer la performance exceptionnelle de John Getz qui, dans le rôle du connard de service et détestable ex de Veronica, est surtout le seul et unique véritable héros du film!!! On l’oublie vite, mais sans lui, le pseudo happy-end n’aurait jamais eu lieu et l’on se serait retrouvé avec le film le plus désespéré de toute l’histoire du cinéma.

La conclusion d’ailleurs, d’une noirceur rare, même pour l’époque, a de quoi laisser le plus blasé des spectateurs encastré dans son siège, la bouche grande ouverte, avec juste assez de force pour applaudir ce chef d’oeuvre une fois le noir générique de fin tombé sur l’écran.

Trente ans après sa sortie, La Mouche de Cronenberg demeure un crève-cœur inégalable, si ce n’est par le film original de Neumann, n’en déplaise à certains.

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