PLANET HULK DE SAM LIU

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Produite par Lionsgate en 2010, cette adaptation animée de la désormais classique saga graphique du titan de jade était probablement la première raison de s’enthousiasmer pour une production Marvel depuis très longtemps.

Mettons les choses au clair avant de commencer. Marvel Comics n’a pas attendu d’être racheté par Disney pour racoler dans les cours d’écoles. C’est tout le paradoxe des comics américains, qui proposent des histoires matures à un public adulte mais produit des films grand public et des dessins-animés pour les enfants, créant à chaque fois la confusion la plus totale dans l’esprit du public.

Tout ça pour dire que, à la différence de la distinguée concurrence (DC Comics et sa politique plus adulte), les cartoons Marvel sont généralement moches, simplistes, bref, mal foutus. Sans oublier qu’ils prennent clairement les gamins pour des attardés, ce qui est totalement inexcusable à notre époque. On ne s’étonnera donc pas que ces derniers ne lisent pas les comics dont sont inspirés leurs héros favoris, surtout avec des programmes animés aussi bas de plafond (genre, Avengers Assemble) et produits à la chaîne, que ce soit niveau séries ou films dvd.

Après avoir tenté de regarder quelques films d’animation Marvel, j’ai bien vite déchanté devant la médiocrité de l’ensemble, les seuls dignes d’intérêts étant ceux réalisés par le studio japonais Madhouse (Iron Man, X-Men, Wolverine, Avengers Confidential). Et puis il y a eu Planet Hulk. Enfin, il y aurait pu avoir.

Je n’y croyais pas trop quand j’ai lancé le film, déjà à cause de ce que j’ai dis plus haut, ensuite parce que j’adore la storyline  »Planet Hulk » de Greg Pak. A mon sens, c’est l’une des plus grandes réussites éditoriales de Marvel de la dernière décennie. Faire de Hulk un gladiateur dans l’espace avait tout pour être une catastrophe et pourtant…

Un petit résumé s’impose. On le sait, Hulk a toujours été considéré comme une menace. Ses anciens alliés (Iron Man, Mr Fantastic, Dr Strange,etc.) finissent par le piéger pour le balancer dans l’espace, là où il ne pourra plus nuire à personne. Se crashant sur une planète extra-terrestre, il est réduit à l’esclavage et forcé de se battre dans l’arène comme au temps des gladiateurs romains. Mais sa rage et sa volonté vont l’amener à se rebeller et à instaurer une révolte qui aura des répercussions gigantesques, autant pour la planète que pour la Terre. En effet, d’autres événements, bien plus dramatiques, vont l’amener à préparer une vengeance totale et implacable.

Pour mettre en animation ce péplum cosmique, Sam Liu (All Star Superman, Batman: Year One, Batman: The Kiling Joke), un réalisateur à qui la concurrence doit certaines de ses plus grandes adaptations pour le petit écran.

Hélas, malgré tout son talent et la véritable plus-value qu’il donne à Planet Hulk, l’illusion ne tient que quarante-cinq minutes. Alors oui, le ton est plus mature que d’habitude, la personnalité rageuse de Hulk est enfin égale à sa très réelle intelligence, et il y a pas mal de personnes qui meurent dans l’histoire. Hélas, le screewriter, Greg Johnson, a édulcoré tout ce qui faisait le sel de l’histoire originale de Greg Pak, ramenant ce conflit cosmique à une sorte de petite révolte se terminant par une bonne morale.

Le conflit intérieur de Hulk et ses questionnements sont totalement occultés, tout comme les notions de racisme et de moralité dont il était question à la base, principalement entre les membres du warbound (les anciens esclaves suivant Hulk). La suppression de No-Name of the Brood (une sorte d’Alien de Giger monstrueux avec des ailes) et le remplacement du Silver Surfer (en esclave gladiateur) par Beta Ray Bill (second individu a avoir été digne d’être Thor) ne sont que quelques-unes des nombreuses coupes dont est victime ce Planet Hulk qui n’en porte que le nom, la planète en question n’étant même pas conquise par le titan vert, ce dernier n’étant même jamais considéré comme un libérateur (c’est Beta Ray Bill qui libère tout le monde…).

A la place, nous avons droit à un combat manichéen entre des gentils et des méchants (c’est tellement plus trouble dans les comics), ainsi qu’à une résolution aussi puante que son happy-end. Surtout, on a l’impression que, arrivé à la moitié, la production s’est rendue compte qu’elle avait seulement adapté le cinquième de l’histoire originale et qu’il allait lui falloir couper à la machette pour arriver à boucler en 80 minutes. Je ne vois pas d’autre explication pour justifier la médiocrité de la seconde partie.

Du coup, pour le gore à chaque scène de bataille, le sexe entre Hulk et sa princesse guerrière et la mort aussi inattendue que dramatique de cette dernière, bref, tout ce qui faisait de Planet Hulk un hommage à Gladiator et Conan the Barbarian, on repassera, en 2017 plus exactement.

En effet, c’est en live que les fans de Planet Hulk seront peut-être récompensés, de nombreux éléments de la storyline de Greg Pak ayant été intégré au troisième film du dieu du Tonnerre qui se nommera Thor: Ragnarok. On ne sait pas trop comment Marvel Studios va réussir à mixer l’aventure spatiale de Hulk avec la fin des temps des dieux nordiques, mais après l’indigeste Captain America: Civil War, on n’est plus à un délire près de la part de Marvel.

Pour résumer, Planet Hulk est certainement l’un des films d’animation les plus frustrants qui soit, car il promet beaucoup durant sa première moitié avant de lâchement nous abandonner jusqu’à la fin, trahissant dans ses grandes largeurs une histoire épique et d’une mélancolie infinie, une oeuvre qui aurait pu faire beaucoup pour la notoriété des films d’animation de Marvel. Au lieu de cela, on à droit à un produit bâclé (censuré serait plus juste) et clairement terminé à la pisse (il manque une heure). Une véritable honte pour Sam Liu et une insulte pour le travail de Greg Pak.

Si vous en avez l’occasion, je ne peux que vous presser à lire Planet Hulk par ce dernier, ainsi que sa monumentale suite: World War Hulk. Mais évitez cette triste solution de facilité que représente le film d’animation, même sans avoir lu les comics, cela reste de la merde sans queue ni tête. On ne m’y reprendra plus, les dessins animés Marvel n’ont décidément aucune valeur artistique.

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