CAPITAINE ALBATOR: DIMENSION VOYAGE DE LEIJI MATSUMOTO ET KOUITI SHIMABOSHI

Après avoir édité l’intégrale du Capitaine Albator en 2013 dans un gros pavé bienvenu, ainsi que passablement d’œuvres charnières de Leiji Matsumoto (Galaxy Express 999, 24 Histoires d’un temps Lointain, Queen Emeraldas, L’Anneau des Nibelungen), les éditions Kana remettent le couvert avec quelque chose de totalement nouveau, enfin… d’un point de vue actuel en tout cas.

Les amateurs du maître Matsumoto le savent bien depuis le temps, le Leijiverse (ensemble des séries et de leurs réinterprétations perpétuelles) n’est jamais laissé très longtemps en sommeil par son créateur, ce dernier semblant mettre un point d’honneur personnel à continuellement revenir sur son ouvrage. Cette manière de procéder, unique en son genre, aura décontenancé plus d’un fan en son temps, les changements dans la continuité touchant autant les versions manga que anime, ces dernières, bien que non réalisées par Matsumoto, étant supervisées de très près par le maître pour aller dans la direction qu’il a choisie.

Pour faire plus simple, bien que ses différente séries (Albator, Emeraldas, Galaxy Express) se passent dans le même univers, aucune d’elle ne s’imbrique dans l’une ou l’autre. Les personnages et les thèmes peuvent sembler similaires, mais il demeure toujours des variantes qui vont faire qu’à un moment ou un autre, toute forme de chronologie sera balayée à la faveur de nouvelles idées ou de nouveaux personnages, sans oublier les modifications ou altérations qui sont faites directement dans la mythologie historique de ce que l’on croyait connaître par cœur. Et n’oublions pas les remakes, comme c’est le cas de Capitaine Albator: Dimension Voyage.

A 78 ans, on pourrait croire que l’homme au bonnet de pirate en avait terminé avec son personnage mythique, mais il n’en est rien. Désireux de dépoussiérer sa création de 1977 pour les nouvelles générations, Leiji Matsumoto a donc décider de raconter une seconde fois le combat du pirate de l’espace contre la menace des Sylvidres, ces femmes plantes convoitant une planète Terre tombée dans l’oisiveté et la corruption. Croisant son récit original avec l’anime de 1978 (réalisé par le fidèle Rintaro), il en donne une version plus moderne, altérant quelques-uns de ses personnages (connectant au passage Miimé à son Anneau des Nibelungen), ainsi que des situations désormais datées, pour en donner une vision finale susceptible de plaire au public d’aujourd’hui.

Afin que la refonte soit totale, Matsumoto, bien conscient que son style graphique (inimitable et incomparable) appartenait au passé, s’est associé avec le jeune Kouiti Shimaboshi pour lui donner la lourde tache de passer derrière lui. Le résultat, plutôt plaisant, donne une nouvelle dynamique à l’ensemble, d’autant que le découpage n’a plus rien à voir avec celui du maître.

Énième reboot/remake pour les uns, Capitaine Albator: Dimension Voyage sera pour les autres (dont je fais fièrement partie) une nouvelle (et on ne l’espère pas la dernière) variation sur le même thème du corsaire de l’espace, la série originale n’ayant jamais été terminée et demeurant en stand-by depuis 1979. Le deuxième volume étant sortit en juin 2016, on peut espérer que la conclusion de la série, d’ici un an ou deux, sera l’occasion pour Monsieur Matsumoto de dévier de sa réinterprétation pour nous donner enfin la conclusion inédite que nous n’osons plus attendre de sa part.

http://www.kana.fr/produit/capitaine-albator-dimension-voyage-t2/

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