THE UNINVITED DE LEWIS ALLEN

Plus connu chez nous sous le nom de La Falaise Mystérieuse, ce classique du fantastique de 1944 bénéficie aujourd’hui d’une réédition en grandes pompes par l’éditeur Wild Side, ce dernier ayant mis les petits plats dans les grands. Au programme, le film totalement nettoyé et remastérisé, disponible dans une double édition dvd et blu-ray et proposé dans un magnifique packaging cartonné et glacé accueillant un épais livret gorgé d’informations sur le film et son casting, ainsi que de photos rares et des différentes affiches qui ont servi à sa promotion. Un seul bonus en complément de programme, une interview filmée de plus quarante-cinq minutes de Christophe Gans (Le Pacte des Loups, Silent Hill), ce dernier étant intarissable sur le film de Lewis Allen.

Mais revenons au film. Sortit en 1944, The Uninvited, de par le fait que son producteur était la Paramount, n’est pas un film fantastique comme les autres. A bien des égards, il représente l’une des toutes premières tentatives par un grand studio de surfer sur la vague horrico-fantastique de plus en plus populaires des autres petits studios.

Se passant dans les Cornouailles, le film raconte comment un écrivain (Ray Milland) et sa sœur (Ruth Hussey), se retrouvent propriétaires d’une magnifique maison en haut d’une falaise, ne tardant pas à regretter leur achat la nuit venue, la maison étant le théâtre de pleures inexpliquées, entre autres événements étranges.

Refusant de donner suite aux questions des nouveaux propriétaires, le vendeur (Donald Crisp) se montre également très protecteur de sa petite fille Stella (Gail Russel), cette dernière, ayant tenté de faire échouer la vente et étant depuis devenue l’intérêt amoureux du personnage joué par Ray Milland .

L’intrigue du film, bien que cousue de fil blanc, s’avère néanmoins assez touffue et rappelle grandement la façon de faire d’Alfred Hitchcock, ses nombreux personnages, introduits en cours de route, permettant de donner une dimension inattendue  et fort satisfaisante au dénouement.

Après, nous sommes quand même dans une grosse production de la Paramount et cela se voit, l’aspect fantastique étant constamment contrarié par des partis-pris contrastant grandement avec les canons de l’époque. Filmage en plein jour, musique légère, interprétation glissant dans la comédie, désamorçage de la tension par des dialogues ou des situations humoristiques, etc. Il faut voir le personnage de Roderick Fitgerald tenter d’apaiser les peurs fictives des autres personnages alors que c’est lui qui tremble dans ses chaussures.

Et pourtant, tout cela n’empêche pas The Uninvited de proposer de purs moments d’angoisse et de peur bien palpable, cela grâce à quelques effets spéciaux aussi discrets qu’efficaces (le bouquet de fleurs se fanant, les pages du livre tournant toutes seules, ainsi que le spectre apparaissant à plusieurs reprises).

Niveau casting, c’est un plaisir de retrouver Ray Milland alors qu’il n’avait pas encore quarante ans. Acteur de l’année 1945 (oscar, palme d’or, golden globe et j’en passe) pour son rôle dans The Lost Week-End (Le Poison), Milland est ici bien loin des rôles cultes qu’il tiendra une décennie plus tard et qui feront de lui une icône du cinéma de genre. Pour ma part, il restera toujours l’acteur de X: The Man with the X-Ray Eyes et The Premature Burial, ainsi que Panic in Year Zero! Croisement entre James Stewart et Cary Grant, Ray Milland demeure un acteur incontournable d’Hollywod (sa filmographie donne le vertige) qui, bien que catalogué au cinéma de genre, aura réussi à laisser son empreinte sur des films aussi prestigieux que Love Story, Dial M for Murder ou encore The Last Tycoon.

Plus discrète et surtout plus courte, la carrière de la jeune Gail Russel (Stella) sera émaillée par des problèmes d’alcool qui la conduiront inexorablement à sa fin par surdose en 1961 à l’âge de trente-six ans seulement. Elle laisse quand même vingt-cinq films, dont deux en compagnie de John Wayne:  »Angel and the Badman » et  »Wake of the Red Witch », ainsi que son étoile sur le Walk of Fame d’Hollywood Boulevard.

Pour ce qui est de la magnifique Ruth Hussey (Pamela), elle aura une carrière et une vie bien plus longue, les cinéphiles se rappelant plus particulièrement de sa performance d’actrice dans The Philadephia Story aux côtés de Cary Grant, James Stewart et Katharine Hepburn.

Premier long-métrage de Lewis Allen, The Uninvited est le début d’une longue liste éclectique qui passera du drame au policier, sans oublier la comédie romantique et le film noir. Mais c’est surtout à la télévision que le réalisateur américain fera le plus gros de sa carrière, s’illustrant sur des séries aussi populaires que Perry Mason, Bonanza, Mission: Impossible! ou encore The Invaders.

Bien que sans génie et probablement rapidement oublié par ses principaux participants, The Uninvited demeure un petit classique oublié de son époque, un joli petit film fantastique au charme indéniable et dont l’interprétation impeccable de son casting arrive sans peine à faire oublier son intrigue quelque peu prétentieuse. Un film classieux à redécouvrir sans hésiter.

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