LE CINÉMA EXPRESSIONNISTE ALLEMAND, UNE INTRODUCTION

 

Les définitions que l’on a données de l’expressionnisme au cinéma sont inspirées des recherches picturales et théâtrales de ce mouvement allemand des années 1920. L’importance que prend le traitement de l’image est sans précédent pour l’époque; on dénote une forte accentuation du contraste entre le noir et le blanc ; mais aussi les décors très graphiques (architecture bauhaus), où prédominent les lignes obliques; ou encore le jeu en biais des acteurs, le thème récurent de la révolte contre l’autorité, souvent fascisante, qui sont autant d’influences marquantes du cinéma expressionniste.
Ce courant artistique radical est également un cri de révolte contre les valeurs sociales établies (celles de l’après guerre sous la république de Weimar) qui s’oppose au réalisme, sans pourtant exclure la figuration et la narration. En effet, on peut établir que les principaux thèmes des films sont ceux du tyran, de l’homme déshumanisé ou encore du dédoublement ; mais comme il vient d’être stipulé, c’est le traitement figuratif qui leur est donné qui fait leur originalité, créant des histoires fortes avec des dualités, mais surtout une approche sans compromis, jusqu’au boutiste même.
Mouvement ambitieux mais pointé du doigt par le régime nazi naissant (alors que l’on sait aujourd’hui que ses dirigeants les plus influents, tel Hitler et Goebels, l’appréciaient au point de s’en inspirer pour leur futurs projets maléfiques), le cinéma expressionniste, dèjà en perte de vitesse à partir de 1926 et du terminal Metropolis, devint subitement « déviant » et dangereux. L’avènement du IIIème Reich signa son arrêt de mort et bon nombre de ses meneurs terminèrent dans les camps de concentration, tandis que d’autres, ayant sentit le vent tourner, tel Fritz Lang (bien que ce dernier se soit vu proposer par Goebels de réaliser le film définitif sur l’ubermensch, soit l’homme supérieur, ce qui le poussa à fuir l’Allemagne en laissant derrière-lui sa femme convertie au nazisme), trouvaient refuge à l’Etranger, principalement aux Etats Unis.
Du fait des différentes applications de l’expressionnisme dans les arts « majeurs » tels que la peinture, la sculpture, etc; les historiens ne retiennent qu’un tout petit nombre de films pour lesquels le qualificatif expressionniste peut-être employé. En voici la liste la plus exhaustive:

Das Kabinett des Dr. Caligari
Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene (1919)

Von Morgens bis Mitternacht
De l’aube à minuit de Karl-Heinz Martin (1920)

Genuine de Robert Wiene (1920)

Das Haus zum Mond de Karl-Heinz Martin (1920)

Verlogene Moral = Torgus de Hanns Kobe (1921)

Nosferatu – Eine Symphonie des Grauens
Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau (1921)

Raskolnikoff
Raskolnikov de Robert Wiene (1923)

Das Wachsfigurenkabinett
Le Cabinet des figures de cire de Paul Leni (1924)

Metropolis de Fritz Lang (1926)

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