THE SAD RIDERS, LIVE AUX CAVES DU MANOIR, MARTIGNY

Pour ma deuxième visite en dix-huit ans dans la ville où j’ai passé un quart de siècle (je vous laisse faire le calcul pour savoir combien de temps il me reste à vivre), c’est donc en direction des Caves du Manoir que je me dirige (avec l’amie qui m’a piégé) pour assister à une partie de l’édition 2016 du Palp Festival. Du beau monde cette année, Jello Biafra, Arno, Coroner ou encore The Young Gods.

La première partie de Marc Lanegan Band est une surprise de taille pour le vieux fan que je suis, l’affiche ne proposant rien de moins que The Sad Riders, le projet solo de Chris Wicky, ex-frontman de feu-Favez. On ne va pas refaire l’histoire du rock, surtout Suisse, mais Favez (anciennement Favez Disciples), fut, le temps d’une dizaine d’albums foudroyants, la réponse romande au rock alternatif américain.

Projet plus ou moins solo de Wicky, The Sad Riders distille ses sorties studio avec la même régularité que Laurent Voulzy,  »Lay You Head On The Soft Rock » datant de 2003 et  »In The End We Always Win » de 2010. A cette cadence, on peut donc espérer un nouveau skud pour 2017!

Blague à part, The Sad Riders distille une musique folk douce-amère et légèrement dépressive qui s’apprécie particulièrement la nuit avec une bonne cigarette, les arrangements americana étant plus dépouillés qu’avec Favez et la voix de son chanteur plus en liberté que jamais, cette dernière se révélant intime et personnelle comme rarement ce fut le cas avec le groupe de rock précité.

Accompagné de son fidèle ami Jeff Albelda (To The Vanishing Point, Favez, The Company of Men) au clavier, Chris Wicky arrive sur la petite scène de la salle voutée des Caves du Manoir. Toujours caustique et visiblement émoustillé à l’idée d’assister à son deuxième concert de Mark Lanegan en deux soirs, Chris étonne avec sa longue barbe poivre sel qui ne réussit pourtant pas à cacher l’éternel adolescent qu’il est.

Commençant par un »Evil » de circonstance et premier titre de l’album de 2010, The Sad Riders donne immédiatement le ton de ce que sera le concert, à savoir un préambule de première partie, certes, mais de qualité et avec des titres forts.  »The Plain And The High Roads », premier titre de celui de 2003, vient répondre comme un écho à la suite.

Aimant bien causer entre les titres avec le public, Chris fait de l’humour pour oublier qu’il ouvre la soirée pour une légende du rock américain, se moquant de l’ingénieur du son avec son tee-shirt Satyricon ou demandant au public qui est en couple. Levant la main au milieu de la centaine de personnes et ce malgré l’absence de ma copine, je me fais vite repérer par le frontman qui me reconnais direct. Profitant de cette soupape inespérée pour la suite de son programme, il commente brièvement ma relation d’un  »Ah oui, surtout la tienne », avant de me dédicacer le prochain titre, intitulé  »Sally Oh ». A un moment, la douce et mélancolique chanson se transformera en  »Sabine Oh », ce qui me sera confirmé plus tard par le principal responsable. Quand à moi, je crois bien que j’aurai tout donné pour que la femme que j’aime soit présente à ce moment précis à mes côtés.

 »All The Dreams We Had Before » continue de tracer le sillon entamé quelques minutes plus tôt, suivi d’un  »Travel Light » complètement dépouillé de ses arrangements rock de la version studio mais dont le refrain est toujours aussi soutenu et exaltant. Puis  »Here We’re Nothing » vient rappeler Favez et l’un de ses albums les plus fabuleux, le magistral  »Bigger Mountains Higher Flags » de 2007, sommet de songwriting exécuté par un groupe alors à son climax.

 »White Man, It’s Always Right » vient conclure le concert en beauté et on quitte le duo à regrets pour attendre la vedette de la soirée et son guitariste. Mais en ce qui me concerne, le voyage de retour en Valais est déjà rentabilisé. Quelques jours plus tard, en écrivant ma chronique, je constate qu’une bonne âme a pratiquement tout filmé et balancé sur Youtube, du coup, ce serait idiot de se priver du son et des images pour accompagner cette chronique, non?! En attendant ce troisième album qui, j’en suis certain, sera fatal.

http://mx3.ch/the_sad_riders_2

http://www.twogentlemen.net/band/93

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