GRIMES, LIVE AU LAB, MONTREUX

Résultat de recherche d'images pour "grimes live"

Papesse du wizard rock, Claire Elise Boucher est donc l’attraction principale de cette soirée du Montreux Jazz Festival au Lab. Passant après les performances de Haelos et Daughter, la chanteuse canadienne est définitivement dans une position de prise de pouvoir comme la pop music en a si rarement vue depuis l’avènement de machines à danser comme Madonna, The Prodigy ou encore Lady Gaga.

Ne sachant trop à quoi m’attendre, autant musicalement que visuellement, ne connaissant que ses albums et les clips déjantés que j’ai vus sur internet (hors de question de subir toute la merde des chaines musicales pour espérer tomber sur un clip de Grimes!), j’attends fébrilement le début du concert en me plaçant bien au milieu de la salle pour avoir une vue d’ensemble.

Les lumières s’éteignent enfin et retentit alors l’introductif  »Laughing and Not Being Normal » qui nous vaut une chorégraphie en mode vogguing des deux danseuses, bientôt rejointe par Claire Elise boucher et une quatrième demoiselle qui fera office de percussionniste, guitariste, choriste et danseuse selon les titres. Tandis que les ventilateurs balaient la scène, les écrans géants se sont teintés d’un filtre bleu presque négatif, renvoyant les gestes syncopés et les promesses de folie visuelles qui nous attendent.

Le titre  »REALiTi », offert dans une version dance destroy, met le feu presque immédiatement au Lab, le show commençant véritablement avec ce titre désormais mythique qui aura assuré la pérennité de  »Art Angels », le dernier album, alors que tout le monde doutait de sa finalisation.

 »Flesh Without Blood », autre single fortement addictif, nous plonge directement dans les années 80, les lumières stroboscopiques balayant la salle de rayons rose et violet, tandis que les quatre jeunes femmes s’activent sur scène en dansant et sautant dans tous les sens, leur chorégraphie étant joyeusement bordélique et pourtant totalement synchronisée.

Prenant la parole pour introduire  »Venus Fly », Claire parle à 200 à l’heure, semblant vivre sur un autre plan astral que le nôtre, riant de ses propres paroles délirantes et ponctuant chacune de ses interventions d’un youyou bien senti. Morceau rempli de percussions (les instruments se faisant bien tabasser) et de cris gutturaux dignes d’un concert de Oathbreaker,  »Venus Fly » s’avère encore un sommet de ce concert qui semble à peine avoir commencé.

Les deux danseuses (asiatique et afro-américaine) sont totalement fascinantes, portant des lunettes noires rondes et arborant un look très 90’s (ainsi que des ventres parfaits), elles ne cessent de se contorsionner sur scène, leurs chorégraphies incluant des saïs ou encore des rubans de gym rythmique. Faussement sérieuses durant le concert, elles finiront par lâcher de larges sourires au public, balançant même des roses à ce dernier.

Pour ce qui est de la musicienne accompagnant Grimes, elle est connue sous le nom de HANA et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle donne de sa personne autant que la star de la soirée, changeant d’instrument à la même cadence et semblant aussi à l’aise dans ce capharnaüm live qu’un poisson dans l’eau. Sa chorégraphie sur  »Ave Maria » restera un moment suspendu de la soirée.

Un truc que je note assez rapidement, c’est que malgré la volonté de Claire de jouer en partie sa musique sur scène, il lui est physiquement impossible (même avec l’aide de HANA) de reproduire le tout, surtout avec l’implication que demandent les chorégraphies, ainsi que ses allers-retours (la plupart du temps en courant) d’un côté à l’autre de la scène. Ce choix artistique la réduit donc la plupart du temps à appuyer sur une touche ou à faire mine de régler des boutons à des moments clés de la chanson jouée. L’impression que les 9/10 de la musique provient des bandes est quelque peu gênante, mais l’implication physique et spirituelle de la performance réussit contre toute attente à légitimer l’ensemble de la démarche.

 »Artangels » est suivit par un autre single,  »Go », puis  »Be a Body » et le single  »Genesis » s’enchaînent sans véritable temps mort. L’impression d’être dans une gigantesque rave devient de plus en plus une évidence, les quatre demoiselles donnant des versions pour le moins musclées et ultra-dansantes du répertoire déjà bien barge de Grimes.

 »Scream » déboule enfin, se montrant à la hauteur de son titre, le public répondant à l’unisson. Même folie de masse avec  »Oblivion » qui déchire tout sur son passage, suivit de  »World Princess Part II », Grimes terminant de nous assassiner avec un  » Kill V. Maim » d’anthologie qui rend le public totalement hystérique (s’il ne l’était pas déjà depuis plus d’une heure). L’herbe ne repoussera plus après cette véritable attaque nucléaire.

Les lumières se rallument sur un public hébété, abandonné à son sort après cette tornade canadienne qui vient de traverser le Lab de Montreux. Le réveil va être difficile mais comme c’était cool!

Art Angels.

http://hanatruly.com/

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s