DAUGHTER, LIVE AU LAB, MONTREUX

Encore un groupe londonien dont on ne se plaindra pas (qui plus est signé sur le label 4AD), le précieux trio, formé en 2010, en étant déjà à son deuxième album depuis cette année et la sortie du prophétique  »Not to Disappear » qui devrait définitivement les imposer sur la scène internationale, leur pop éthérée et un peu sombre ayant l’étoffe de celle qui vous accompagne toute une vie durant.

La chanteuse Elena Tonra, le bassiste et guitariste Igor Haefeli, ainsi que le batteur Remi Aguillela arrivent sur scène en territoire connu, ayant déjà foulé les planches du Montreux Jazz Festival en 2013 à l’occasion de la sortie de leur premier album, le déjà troublant  »If You Leave ».

Débutant sur le single  »How » (un titre sur l’anxiété), Daughter arrive comme le remède idéal à toute cette pluie qui se déverse sur le festival depuis des heures. D’entrée, la voix de Elena est formidablement juste, douce, délicate et légèrement cassée, comme sa propriétaire serais-je tenté d’ajouter, le groupe étant connu pour broyer du noir avec une exquise habilité, quelque part entre The Cocteau Twins, Jeff Buckley et quelques autres enfants sauvages perdus pour MTV.

 »Tomorrow » démarre tout doucement, avant de bifurquer dans le sublime, la voix de Elena étant à l’unisson avec le sonorités fulgurantes de ses deux compères. Un titre entre douceur et grondeur qui paralyse le public de bonheur, ce dernier exultant dès la fin de la chanson.

Saluant le public à la suite de Elena (tellement trop chou dès qu’elle dit un mot, s’excuse ou remercie), Igor Haefeli nous offre un français absolument parfait. Après une petite recherche, je me rends compte que ce n’est pas lui le français mais Remi Aguillela, Igor étant… suisse.

Autre single,  »Numbers » fait beaucoup penser à un titre de The XX en plus rythmé mais en tout aussi rythmique. Je suis assez sidéré par l’incroyable attention du public, visiblement aussi scotché que votre serviteur. Tiré du premier album, le single  »Human » s’avère presque endiablé, plus léger mais tout aussi réussi. Mais ce sont définitivement les ambiances intimes qui réussissent le mieux à Daughter, comme vient à nouveau le prouver un titre comme  »Smother », mon regard étant à chaque fois happé par le visage de Elena quand elle apparaît en gros plan sur les deux écrans géants du Lab, son chant hanté me faisant penser à celui de Heater Nova dans ses grands moments de spleen.

Il y a quelque chose de rare chez cette jeune femme, une timidité et une réserve rares qui se mélangent à une volonté de chanter des choses profondes. A lire les commentaires sous leurs vidéos, je ne m’étonne guère que Daughter soit le groupe parfait pour soigner sa dépression ou apprendre à vivre avec. Il y a des choses essentielles chez ce groupe, pas mal étant du domaine du ressenti.

Premier single du nouvel album,  »Doing the Right Thing » est un autre grand moment de ce concert, une pop song d’une tristesse insondable et pourtant d’une force sidérante, son texte étant aussi magistral que la performance du groupe. J’en ai des frissons tout le long. C’est quoi ce groupe?!

 »No Care » accélère à nouveau, mais c’est  »New Ways » et son tempo au ralenti qui nous attrape une nouvelle fois. Puis arrive l’une des chansons les plus attendues de la soirée, la bien-aimée  »Youth ». Comment décrire cette chanson…

 »And if you’re still bleeding, you’re the lucky ones.’Cause most of our feelings, they are dead and they are gone. We’re setting fire to our insides for fun. Collecting pictures from a flood that wrecked our home  »

 »And if you’re in love, then you are the lucky one,’Cause most of us are bitter over someone. Setting fire to our insides for fun, To distract our hearts from ever missing them »

Pfff.. j’ai presque envie de pleurer, tout seul au milieu de cette salle bondée, entouré de tout ces gens que je ne connais pas et qui partagent pourtant le même goût pour les jolies choses mortes emballées dans du papier cadeau.

 »Fossa », le dernier morceau, n’apporte rien de plus au concert, ses envolées rythmiques n’arrivant pas à égaler la puissance du silence qui entoure le groupe quand il sait se faire aussi solennel qu’essentiel.

Après une telle claque, retrouver la pluie à l’extérieur du Lab est presque une obligation pour moi. Je ne me fais pas prier. Quel merveilleux groupe que Daughter.

http://ohdaughter.com/

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