TWIN PEAKS, SAISON 2 (DEUXIÈME PARTIE)

Les treize derniers épisodes de Twin Peaks sont délicats à aborder, d’abords parce qu’ils sont synonymes du déclin (critique et commercial) de la série et ensuite parce qu’ils dévient totalement de la tonalité particulière à laquelle David Lynch et Mark Frost nous avaient habitués dès l’épisode pilote.

On pourrait également  argumenter que la résolution de l’histoire principale (exigée par des producteurs frileux) ne justifiait plus de continuer la série, malgré des histoires parallèles toujours en cours (Bobby, Maddy et Leo, Ed et Nadine, le shérif Truman et Josie, etc.). Mais au final, ce qui aura tué Twin Peaks à petit feu, c’est le parti pris d’en faire un véritable soap-opera.

Privée de deux de ses personnages principaux, Twin Peaks aurait dû logiquement s’arrêter, la vie reprenant son cours comme à chaque fois dans ces petites villes où il ne se passe jamais rien. Mais non, il fallait continuer. Sauf qu’après avoir dû se débarrasser de l’enquête sur le meurtre de Laura Palmer, Lynch et Frost n’avaient plus de quoi contrebalancer les intrigues secondaires, ces dernières n’étant là que pour atténuer la noirceur sidérante et monstrueuse de la série.

C’est un peu comme si l’on inversait les rôles du jour au lendemain, le supporting cast devenant la principale vedette du show, tandis que ce qui reste des acteurs principaux se voit cantonné à de guère passionnantes nouvelles aventures, ces dernières semblant écrites dans l’urgence et sonnant du coup un peu artificielles, pour ne pas dire faux.

Malgré tout, il est réjouissant de constater que la série revient sur certains personnages laissés en retrait. Je pense principalement au major Briggs (Don S. Davis) et à sa femme, à Norma (Peggy Lipton), la patronne du Double R, la mère de Donna, Eileen (Mary Jo Deschanel) ainsi qu’à cette crapule de Mike Nelson (Gary Herschberger). J’allais oublier Gordon Cole (David Lynch himself), supérieur de Cooper et ressort comique de par sa surdité. Par contre, les tribulations du député Andy et de Dick avec Lucy sont quelque peu pénibles, tout comme les autres histoires de couples de la série (Norma et Hank ainsi que Ed et Nadine).

Pour ce qui est de la nouvelle histoire, elle peut se résumer ainsi: retenu à Twin Peaks par le FBI et la DEA, l’agent Dale Cooper (Kyle McLachlan) doit défendre sa réputation. Au même moment, son ancien partenaire, Windome Earl, devenu dément, décide de l’affronter au travers d’une partie d’échecs aussi singulière que meurtrière.

Parlons un peu des nouveaux personnages de la série, car il y en a un paquet. Le premier, ou la première, est Dennis  »Denise » Bryson (David Duchovny), agent de la DEA et allié(e) de Dale Cooper dans l’affaire qui l’oppose à sa hiérarchie.

Supposé mort, le personnage de Andrew Packard (Dan O’Herlihy), frère de Catherine Martell (Piper Laurie), refait surface afin de poursuivre l’intrigue qui le lie à Josie et à l’ancien patron de cette dernière.

Evelyn Marsh (Annette McCarthy) quand à elle, est une séduisante femme mariée qui embauche James Hurley comme mécanicien, ce dernier tombant sous son charme sans se douter de ce qui l’attend.

Autre personnage cité plusieurs fois en amont de la série avant d’être enfin présenté, Thomas Eckhardt (David Warner) est encore un de ces vieux hommes de l’ombre qui semble tirer les ficelles depuis le début. Il est accompagné par une femme des plus dangereuses, Miss Jones (Brenda Strong).

Sœur de Norma Jennings, Annie Blackburn (Heater Graham), qui n’apparaît que dans les six derniers épisodes de la série, y joue pourtant un rôle capital, son apparente naïveté et sa candeur l’amenant à devenir proche de l’agent Cooper ainsi que d’un autre personnage pourtant décédé.

Twin Peaks demeurant Twin Peaks malgré sa dérive, on en apprend un peu plus sur ses mystères et sur ce qui se cache dans ses bois, toute une partie de l’intrigue se focalisant sur une mystérieuse cave aux hiboux, ainsi que sur les fameuses loges (la blanche et la noire) menant à la chambre rouge (une sorte de salle d’attente de l’entre-monde).

Pour ce qui est de l’épisode final, sans rien en révéler, je dois bien avouer qu’il remonte grandement le niveau des douze épisodes précédents, redonnant une certaine ampleur, autant dramatique que romantique à l’ensemble. Bien sûr, bon nombres de questions sont laissées en suspens (dont cette fameuse conclusion tellement frustrante), mais pratiquement toutes les intrigues secondaires sont résolues et l’on s’en prend plein la face durant tout l’épisode jusqu’à la dernière seconde. Plutôt pas mal pour une série sur le déclin.

Une année après la fin de Twin Peaks, pour apaiser les fans de la série, ces derniers encore sous le choc, David Lynch leur offrira l’un des plus beaux films de toute sa carrière: Twin Peaks: Fire Walk With Me. Mais ceci sera l’objet d’une autre chronique.

http://www.cbs.com/shows/twin_peaks/

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