IZOMBIE, SAISON 1

Quand j’ai su que The CW développait une série télévisée sur l’extraordinaire comic-book de Chris Roberson et Michael  »Mike » Allredd publié chez Vertigo (The Sandman, Preacher, John Constantine Hellblazer, etc.), ma joie fut énorme. Plus tard, j’ai vu les premières images, bandes-annonces et extraits et, fatalement, ma joie est retombée.

Surtout, entre-temps, j’ai eu le temps de me familiariser avec les comics originaux, constatant rapidement que la série  »développée » par Rob Thomas (90210, Veronica Mars) et Diane Ruggiero (Dirty Sex Money, Big Shots) est une pauvre adaptation de l’oeuvre originale, s’en inspirant à peu près autant que la lamentable série Lucifer (elle aussi reconduite pour une seconde saison) s’inspire du comic du même nom et également publié par Vertigo.

Un petit aparté s’impose pour remarquer que la seule adaptation digne d’une série Vertigo (label de DC Comics appartenant à Warner Bros), à savoir Constantine (avec le grandiose Matt Ryan), a été annulée après une seule misérable saison. Qui dit a dit que le grand public avait du goût? Certainement pas celui de Supernaturals ou Once Upon A Time.

Et alors que IZombie a été renouvelé pour une seconde saison, je découvre enfin ses treize premiers épisodes en compagnie de ma copine. Comment vous résumer mon sentiment général à la vision de cette dizaine d’heures de programme? J’ai trouvé ça plutôt sympa, mais totalement oubliable et inutile. Il n’y a guère d’enjeu et c’est plutôt mal écrit Quand aux personnages, si on exclut le quatuor principal, ils semblent toutes et tous sortir de ces séries uniformisées que Thomas et Ruggiero produisent depuis des décennies, des jeunes gens très propres et aux dents beaucoup trop blanches.

Pour ce qui est de l’histoire (rien à voir avec les comics), elle se passe à Seattle et suit les aventures de Olivia Moore (Rose McIver), une future médecin qui, suite à une soirée sur un bateau qui dégénère, est transformée en zombie. Devenant blanche de peau et de cheveux, tout en gardant sa conscience et l’apparence d’un être vivant, elle poursuit son existence en se faisant muter à la morgue de la police afin de satisfaire son besoin de cerveau, seule nourriture l’empêchant de devenir dangereuse. Comme c’est une série télé grand public, elle se prend la tête avec sa famille et son ex futur mari, personne ne comprenant son soudain manque d’ambition dans la vie et l’annulation de son mariage.

Le boss de la morgue, Ravi (Rahul Kohli) découvre assez vite que Liv (Liv Moore… live more!) est une zombie et décide, vu qu’il est sympa (!) de l’aider tout en l’étudiant pour tenter de la guérir. Pourquoi pas.

Comme si la situation n’était déjà pas assez irréaliste, le détective principal du commissariat, Clive (Malcolm Goodwin) engage Liv comme assistante sur ses enquêtes criminelles, Liv se faisant passer pour une medium après avoir dû se justifier de ses visions, l’ingestion de cerveau lui faisant revivre les instants clés des victimes de la morgue.

Dernier personnage que je me dois de mentionner, car faisant office de bad guy de service, le fabuleusement evil Blaine (David Anders). Il est le seul (avec Liv) à pousser IZombie vers le haut, alors que ses scénaristes semblent faire tout ce qui est humainement possible pour racoler le public le plus large, rendant la série aussi inconstante que Arrow (dialogues interminables et personnages plombants sauvés par de l’action intelligente et efficace).

C’est vraiment dommage que la production ne réalise pas le génie des interprétations de Rose McIver et David Anders, potentiellement les nouveaux Buffy et Spike de la télévision américaine. Sans eux, IZombie, avec son écriture poussive, et son supporting cast vu er revu (un black et un indien, c’est même limite raciste), serait proprement irregardable.

Je l’ai d’ailleurs regardée en faisant autre chose, à la différence de ma copine qui l’a appréciée grandement. A se demander si je ne suis pas simplement en train de me transformer en vieux con… Mais non, c’est vraiment trop aseptisé, rien ne semble avoir d’importance et les passage gore (relativement fréquents et plutôt rudes) ne provoquent pas d’émotion particulière.

Seul compensation, le générique de la série, dessiné par ce génie de Mike Allredd (Madman, Red Rocket 7, Silver Surfer, FF). Se dire que cet artiste majeur du pop art a enfin la reconnaissance qu’il mérite est vraiment une satisfaction qui compense toutes les faiblesses de cette pauvre adaptation de IZombie.

Et puis, il y a les comics! Vingt-huit épisodes regroupés dans quatre trade paperbacks que l’on peut trouver pour quelques dizaines de francs en différentes langues et éditions. D’une beauté fulgurante, le dessin de Allredd n’a jamais été aussi fascinant que lorsqu’il mettait en scène les aventures zombiesques de Gwen Dylan, le véritable nom de l’héroïne de IZombie.

http://www.comics.org/series/48349/covers/

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