TWIN PEAKS, SAISON 2 (PREMIÈRE PARTIE)

La saison 2 de Twin Peaks commence et se poursuit sous le signe de la bizarrerie et de la folie douce. Cela peut paraître légèrement paradoxal au vu de l’étrangeté déjà bien revendiquée de la saison précédente, mais le niveau a bien été relevé d’un cran, comme en témoigne le comportement pour le moins anormal de certains personnages de la série, ainsi que certaines scènes absurdes qui arrivent sans autre raison que de mettre le spectateur mal à l’aise ou de le faire sourire.

Autre différence de taille, la tonalité comédie, bien que toujours présente (que ce soit avec Andy et Lucy ou encore les frères Horne), est de plus en plus étouffée par un sentiment de peur et de danger, l’enquête se resserrant progressivement autour du mystérieux assassin de Laura Palmer.

Conscients que la résolution est en train de prendre forme, David Lynch et Mark Frost semblent se lâcher, transformant progressivement la série en soap opera. Dans la première saison, différents protagonistes de la série regardaient un feuilleton nommé Invitation to Love, une façon de souligner que Twin Peaks n’était qu’une variation hardcore de ce genre de programme. Mais dans la saison deux, plus de trace de Invitation to Love, Twin Peaks ayant repris le relais, du moins pour une partie de ses personnages (les tribulations de Bobby et Shelly avec le nouvel état de Leo, la partie de cache-cache entre Catherine et Pete ou  encore le pauvre Ed aux prises avec une Nadine plus perturbée que jamais), cachant l’horreur à venir de la meilleure manière qui soit, avec légèreté et humour.

Et tandis que les différentes intrigues se poursuivent en même temps que l’histoire principale, de nouveaux personnages apparaissent, troublants, ridicules, voir menaçants, parfois les trois à la fois.

Celui qui remporte haut la main la palme du meilleur nouveau personnage est sans conteste le solitaire Harold Smith (Lenny Von Dohlen), un jeune homme vivant reclus au milieu de ses orchidées avec le souvenir de Laura Palmer.

Les autres ajouts à la série sont quand à eux plus discutables. Il y a d’abord Dick Tremayne (Ian Buchanan), vendeur snob et rival amoureux du gaffeur Andy auprès de Lucy, la secrétaire du shérif.

Troisième membre de la fratrie Renault, Jean (Michael Parks), frère de Jacques et Bernard est, de très loin, le plus dangereux des trois. Un personnage dont l’étrange diction fait froid dans le dos.

Quelques caractères sous-exploités de la première saison gagnent également plus de profondeur. Je pense à Jocelyn  »Josie » Packard qui obtient enfin une storyline digne de ce nom, même si elle est un tant soit peu raciste (tout comme le traitement du personnage, magnifique au demeurant, de l’adjoint Hawk) du fait qu’elle soit asiatique et que son rôle ressemble à ceux que l’on donnait à son ethnie dans les fictions des années 40. Et même si tout cela n’était pas volontaire, pourquoi n’y a-t-il pas un seul acteur noir dans cette série?

Autre personnage un peu mieux exploité, celui de Catherine Martell, la femme de Pete, dont l’histoire, parallèle à celle de Josie, va hélas bifurquer sur un hommage direct à Santa Barbara au travers d’un déguisement sentant bon l’appropriation culturelle et le yellowface.

Un petit mot sur Windom Earle avant d’en terminer. Il n’apparaît que dans la deuxième partie de la seconde saison mais son nom a déjà été prononcé plusieurs fois depuis le début de cette dernière, l’ancien collègue de Dale Cooper semblant à ses trousses. On finit pourtant par l’oublier, l’histoire principale devant se conclure.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’espace de trois épisodes, tout se précipite de manière complètement folle et disproportionnée. Au milieu de ce maelstrom de drames et de folie, Lynch et Frost nous offrent ce qui restera comme la scène la plus choquante de l’histoire des séries télévisées, terminant de nous terroriser avec une révélation pour laquelle absolument personne n’était prêt. Qu’une chose pareille ai pu passer à l’époque est révélateur de la liberté d’expression en vigueur au début des années 90.

A un certain niveau, Twin Peaks s’arrête avec l’épisode 17, sauf que la série va continuer encore 13 épisodes, avec une tonalité des plus étonnantes et passablement de nouveaux personnages. Mais ce sera pour une prochaine fois.

http://twinpeaks.wikia.com/wiki/Twin_Peaks_Wikia

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