TWIN PEAKS, SAISON 1

S’il y a bien une série qui défini les années 90 dans ses grandes largeurs, c’est sans conteste celle de David Lynch et Mark Frost. On peut même affirmer qu’après Twin Peaks, plus rien n’a été comme avant.

L’ayant découverte lors de sa première diffusion française et fort tardive, je suis tombé immédiatement sous le charme de la série, y retrouvant une atmosphère similaire et des personnages familiers, vivant à l’époque dans une petite ville tranquille et entourée de sapins. Evidemment, le temps ne s’était pas arrêté dans les années 50 comme à Twin Peaks, mais en y réfléchissant bien, il restait encore pas mal endroits dans ma petite ville qui n’avaient pas bougé d’un pouce depuis cette époque. Et nous avions aussi une scierie près d’un chemin de fer. Sans oublier quelques individus aussi farfelus qu’inquiétants. Bref, Twin Peaks n’était finalement que le reflet déformé de ma propre existence.

Je me souviens également avoir acheté les deux livres tirés de la série. Il y avait l’autobiographie de Dale Cooper (écrite par Scott Frost, frère de Mark) qui, si je me souviens bien, était une retranscription de ses messages à son dictaphone depuis son arrivée au FBI. Mais surtout, il y avait le journal secret de Laura Palmer (écrit par la propre fille de David Lynch, Jennifer), qui révélait nombre de détails sur la vie secrète de l’adolescente assassinée. Il faudra que je les ressorte pour en parler une fois.

Que dire de la première saison qui n’a pas déjà été dit? Rien je crois. On peut quand même raconter les cinq premières minutes de la série.

Twin Peaks une ville imaginaire au nord-ouest de l’Etat de Washington, nichée autour de la forêt et dont l’exploitation forestière, ainsi que le tourisme, sont les activités principales. Il est tôt quand le débonnaire sexagénaire Pete Martell (Jack Nance, acteur fétiche de Lynch et héros de Eraserhead) s’en va pécher. Repérant quelque chose d’inhabituel au bord du lac, il s’avance sur la plage pour constater la présence d’un cadavre de jeune femme emballé dans du plastique. Effrayé, il appelle la police locale. Un peu plus tard, le Shérif Truman (Michael Ontkean, star de la série 70’s The Rookies) et le docteur Hayward (Warren Frost, père de Mark) découvrent le visage de la victime, révélant son identité à des millions de spectateurs totalement hallucinés.

En ce mois d’avril 1990, il ne semble y avoir qu’une seule question dans les médias: Qui a tué Laura Palmer?!

Et ici s’arrête mon résumé de l’histoire car, non seulement c’est redondant mais, en plus, je m’en voudrais de spoiler quoi que ce soit d’autres de Twin Peaks à quiconque ne connaissant pas cette immense série, une oeuvre qui restera pour moi la plus grandiose de toute l’histoire de la télévision, passé, présente et future.

Mieux vaut parler des personnages principaux de Twin Peaks si l’on désire vraiment accrocher le néophyte, l’histoire principale n’étant, au final, qu’une étrange variation quelque peu hardcore d’un soap-opera.

Je commence avec le véritable point central de la série, sa raison d’être: Laura Palmer. Brillamment interprétée par Sheryl Lee (Backbeat, Vampires), Laura n’apparaît que morte ou par petits flashbacks. Conscient de la sous-exploitation de son actrice principale, David Lynch lui donnera un second rôle risqué, celui de sa cousine Madeleine  »Maddy » Ferguson. Ce qui aurait été une très mauvaise idée dans une autre histoire, se révèle ici totalement évident, Sheryl Lee transfigurant son rôle initial pour en donner une version godiche et sensible à la fois, mettant le spectateur dans sa poche avec une facilité qui frise le génie.

Second personnage incontournable de la série, l’agent Dale Cooper. Magnifié par un Kyle McLachlan (Dune, Hidden, Showgirls, Blue Velvet) au top de son art, cet agent du FBI semble presque encore plus anachronique que la population de Twin Peaks, se révélant progressivement comme une sorte d’homme parfait, conduisant son enquête en se fiant à ses rêves, ainsi qu’à des techniques d’investigations on ne peut moins orthodoxes.

Pour l’assister dans son enquête, la solide équipe du Shérif Truman (Michael Ontkean donc), constituée de ses députés Tommy  »Hawk » Hill (Michael Horse) et Andy Brennan (Harry Goaz), ainsi que de la mignonne secrétaire Lucy Moran (Kimmy Robertson).

A cela, il faut ajouter le docteur de la ville Will Hayward (Warren Frost), le psy allumé Lawrence Jacoby (Russ Tamblyn), ainsi que l’analyste médico-légal du FBI Albert Rosenfield (Miguel Ferrer), un cynique de première qui n’éprouve que du mépris pour le côté plouc de Twin Peaks, en tout cas dans un premier temps.

Et c’est là que je me rends compte que l’on ne peut pas parler de Twin Peaks en ne mentionnant que ses personnages principaux, la série étant bien trop riche et fascinante pour en oublier les petits et moyens rouages qui en font sa spécificité.

Que ce soient les parents psychotiques de Laura Palmer, Leland et Sarah (Ray Wise et Grace Zabriskie), ses camarades d’école comme son amoureux de motard James Hurley (James Marshall), le loubard Bobby Briggs (Dana Ashbrook), sa meilleure amie Donna Hayward (Lara Flynn Boyle) ou encore la fille à papa Audrey Horne (Sherilyn Fenn), chacun(e) joue un rôle capital dans Twin Peaks, tant pour l’histoire que pour ses ramifications, autant familiales que personnelles.

Et puis il y a les autres personnages secondaires, ceux qui constituent ce que j’appelle les fils rouges de Twin Peaks. Ce sont pour la plupart des personnages parentés ou affiliés aux principaux protagonistes de la série. Leurs histoires sont un peu moins liées à la trame principale mais, malgré tout, demeurent proches et rebondissent parfois directement au premier plan.

On citera l’oncle de James Hurley, Ed (Everett McGill) et sa femme borgne Nadine (Wendy Robie), un couple aussi atypique que celui formé par la patronne du Double R Diner, Norma Jennings (Peggy Lipton) et Hank (Chris Mulkey), un dangereux repris de justice.

A tout ce petit monde, il faut ajouter Shelly Johnson (Mädchen Amick), serveuse au Double R et femme d’un routier meurtrier et ordure terminale nommée Leo (Eric De Re); Jocelyn  »Josie » Packard (Joan Chen), héritière des scieries de son défunt mari et copine du shérif Truman; Catherine Martell (Piper Laurie), femme sévère de Pete (le pêcheur qui a trouvé le corps de Laura) et maîtresse de Benjamin  »Ben » Horne (Richard Beymer), père de Audrey et propriétaire de la moitié de Twin Peaks, convoitant sa totalité en compagnie de son petit frère Jerry (David Patrick Kelly), un playboy aussi rusé et farfelu que lui.

J’en oublie quelques-un(e)s, à commencer par la fabuleuse dame à la bûche (Margaret Lanterman) qui, non seulement, introduit chaque épisode de la série, mais la hante en long et en large, distillant ses énigmes aux divers personnages de la série, de l’agent Dale Cooper au père major (Don S. Davis) de Bobby Briggs.

Élément ultra-important de Twin Peaks, la musique de Angelo Badalamenti, anxiogène au possible, teintée de jazz et de sonorités chères à la musique contemporaine, pratiquement un personnage à part entière de la série; tout comme la présence fantomatique de la chanteuse Julie Cruise, présente à des moments clés de la série.

Ne possédant que 8 épisodes (avec son pilote de deux heures), la première saison demeure en tout point fascinante un quart de siècle plus tard, son image en haute définition n’ayant d’égale que sa bande-son (citée plus haut) et son casting désormais légendaire; l’histoire se révélant suffisamment originale pour que tout ce beau monde puisse donner le meilleur de soi.

Et cette fin du dernier épisode… Evidemment que le public fut au rendez-vous pour la suite!

http://www.cbs.com/shows/twin_peaks/

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