EL CLAN DE PABLO TRAPERO

 

Co-production argentino-espagnole, Le Clan s’avère à la hauteur de sa terrifiante bande-annonce qui montrait au travers d’un plan-séquence, une famille nombreuse à l’heure du souper, le patriarche amenant un plat à l’étage pour un invité spécial, enchaîné dans la baignoire, la tête recouverte d’un sac.

Se passant au début des années 80 dans l’Argentine d’après la dictature, El Clan raconte l’histoire véridique de la famille Puccio et de son terrible chef de famille (Guillermo Francella), ancien des services secrets reconverti dans le kidnapping brutal et visiblement peu enclin à renoncer à ses activités malgré les changements politiques de son pays. La main mise qu’il exerce sur sa famille est d’ailleurs bien représentative de cette manière de fonctionner archaïque qui prévaut encore ici et là de par le monde, les fils étant aux ordres du père tandis que la femmes et les filles baissent les yeux et assurent leurs tâches respectives dans un silence obéissant.

D’un réalisme cru, le film de Pablo Trapero ne rentre jamais dans le spectaculaire à tout prix, se contentant de narrer les faits avec une économie de moyens qui rend l’ensemble encore plus terrifiant, la routine monstrueuse de ce patriarche et de sa famille glaçant le sang avec une économie de moyens admirable. On a parfois l’impression que ces derniers sont aux ordres d’un tueur en séries, les victimes de ses kidnappings n’étant jamais laissées en vie, même après que leurs rançons aient été payées par leurs familles respectives.

Dans le rôle de Arquimedes Puccio, le chef du clan, Guillermo Francella (Extermineitors) se hisse, niveau interprétation, au niveau du Anthony Hopkins de The Silence of the Lambs, la culture, l’éducation et le code de l’honneur en moins, représentant tout ce qu’il y a de pourri dans l’être humain. En y réfléchissant bien, si l’on devait vraiment le rapprocher d’un personnage de fiction, ce serait plus celui du malfaisant Capitaine Vidal, si brillamment interprété par Sergi Lopez dans Pan’s Labyrinth. Vous l’aurez comprit, Guillermo Francella a crée un monstre de cinéma.

Baignant dans l’horreur ordinaire d’un pays qui aura mit longtemps à redevenir vivable, EL Clan est un témoignage glaçant d’une époque heureusement révolue mais dont les blessures ne sont pas encore totalement refermées.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s