PEAKY BLINDERS, SAISON 1-2

Série britannique crée et écrite par Steven Knight (Eastern Promises, Dirty Pretty Things), Peaky Blinders prend place en 1919 et raconte l’histoire d’un gang de criminels contrôlant tant bien que mal les rues de Birmingham durant l’entre-deux guerre. En bien des points, cette série peut en rappeler une autre se passant à peu près à la même époque mais aux Etats-Unis et se nommant Boardwalk Empire.

Personnage principal et leader des Peaky Blinders, Thomas Shelby, joué par le gigantesque Cillian Murphy (Red Eye, 28 Days Later, Sunshine), est véritablement le fil rouge de la série. Homme froid mais avec un code d’honneur, calculateur et manipulateur, il se montre un chef charismatique pour ses hommes (dont ses trois frères), n’apportant paradoxalement que des problèmes aux femmes qui le côtoient.

La seule personne qui semble le comprendre est sa tante, Polly Gray, interprétée par la somptueuse Helen McCrory (Penny Dreadful, Harry Potter). Patronne d’un bar ou son neveu et sa bande ont leurs entrées, elle se positionne un peu comme la conscience de ce dernier, faisant également office de trésorière des Peaky Blinders.

Le troisième personnage capital de la série, joué par Sam Neil (The Piano, Jurassic Park, Omen III) n’est autre que l’inspecteur en chef de la police Chester Campbell, un homme mauvais et corrompu qui mène une véritable vendetta contre Thomas Shelby et sa famille, lorgnant également sur sa tante pour laquelle il n’est pas insensible.

Dans les rôles des trois frères de Thomas Shelby, on retrouve Paul Anderson (The Revenant) dans le rôle de Arthur, Joe Cole (Green Room), Finn Shelby, plus en retrait, étant joué par deux acteurs différents.

Dans le rôle de Grace Burges, Annabelle Wallis (The Tudors) incarne un personnage à double visage, donc je n’en dirai pas plus si vous n’avez pas encore vu la série. Ce serait trop dommage de vous gâcher la surprise.

Le nombre de personnages récurrents étant relativement important, sans compter le nombre de morts épisode après épisode, je me contenterai de ne citer que ceux qui me semblent essentiels à la bonne compréhension de l’histoire, le but de cette chronique n’étant pas de raconter ce qui s’y passe mais bien d’en faire un résumé général avec mes impressions en tant que spectateur.

Chaque saison comporte six épisodes d’un peu moins d’une heure chacun, ce qui peut sembler court au premier abord. Mais l’écriture de Steven Knight est tellement affûtée qu’il se passe toujours plein de choses, les événements se succédant sans véritable temps mort, nous faisant plonger totalement dans la routine de ce gang du début des années 20. On y apprend les mœurs de l’époque, les codes et autres manigances qui étaient de mise lors des altercations entre gangs (les fameuses aiguilles dans les casquettes entre autres), ainsi que la dangerosité de ce mode de vie, la mort semblant être à tous les coins de rue, comme le prouvera la bataille rangée du dernier épisode de la première saison.

Alors qu’une autre série aurait mit la rivalité entre l’inspecteur en chef Campbell et Thomas Shelby au centre de l’intrigue, ici, elle semble presque secondaire, Sam Neil réapparaissant ici et là comme une menace finalement guère plus problématique que celle des autres gangs lorgnant sur le territoire des Peaky Blinders. Ce sont plutôt les écarts de morale de Campbell qui finissent par inquiéter le spectateur, l’homme étant prêt à toutes les bassesses pour arriver à ses fins, sacrifiant toute personne se mettant sur son chemin et ne semblant même pas conscient de ses propres actes, comme si son statut d’inspecteur en chef le mettait au dessus de la société, commettant crime sur crime avec une impunité des plus totales, le summum étant atteint dans la saison 2, l’affreux personnage s’en prenant physiquement à l’objet de ses désirs.

Se passant en 1921, la seconde saison nous fait retrouver un gang plus fort que jamais, ayant étendu son influence au sud et au nord de l’Angleterre, tout en ayant maintenu son emprise sur Birmingham, ce qui ne va pas sans créer de nouvelles tensions et de futurs problèmes.

Le principal de ces problèmes se nomme Alfie Solomons, leader d’un gang juif de Camden Town et déguisant ses activités de bootlegger au travers d’une distillerie illégale dissimulée à l’arrière d’une boulangerie. Véritable psychopathe meurtrier se dissimulant derrière une image d’homme d’affaires, il se montre aussi froid et calculateur que le leader des Peaky Blinders, acculant ce dernier jusque dans ses derniers retranchements, les deux hommes débutant une véritable partie d’échec à dimension humaine. Totalement à l’aise dans ce rôle de monstre ordinaire, Tom Hardy (Bronson, Legend, Mad Max:Fury Road) se montre encore plus flippant qu’à l’habitude, jouant vraiment avec son image, chacune de ses paroles résonnant comme une menace. Un adversaire de taille après l’affreux Billy Kimber joué par Charlie Creed-Miles.

Le climax de la première saison était déjà d’une qualité rare, mais celui de la saison deux l’explose au delà de toutes espérances, imprimant la rétine comme jamais. Il donne également à Cillian Murphy la possibilité de déployer toute l’immensité de son talent, bien trop bradé ces dernières années au travers de films indignes de lui (Dark Knight Rises, Inception, In the Heart of the Sea). Mention également à Helen McCrory qui, après avoir passé la première saison derrière son zinc de bistrot, sort enfin de son espace confiné pour rendre la monnaie de sa pièce au personnage le plus haïssable de la série. Et de quelle façon!

Impossible de ne pas parler du fabuleux soundtrack totalement anachronique de Peaky Blinders et qui pourtant s’y intercale si bien. Si la première saison a été rythmée par Nick Cave & The Bad Seeds et leur mythique  »Red Right Hand » (déjà utilisé dans X-Files et la trilogie Scream, entre autres), on y retrouve également  »Black Math » des White Stripes,  »Broken Boy Soldiers » des Raconteurs,  »Time » de Tom Waits ou encore  »Love is Blindness » par Jack White, faisant de ce dernier l’artiste le plus omniprésent de la première saison, étant également membre des Raconteurs et des White Stripes.

Pour la saison 2, la domination revient à PJ Harvey, cette dernière s’illustrant avec son implacable  »Long Snake Moan » après avoir reprise à sa sauce le  »Red Right Hand » de son ami Nick Cave. On ne manquera pas de signaler les contributions de Johnny Cash avec  »Danny Boy », Arctic Monkeys avec  »R U Mine? », Royal Blood avec  »Out of the Black » et, bien sûr, Radiohead avec  »You and Whose Army? ». Ce qui est génial avec ces titres, c’est que pratiquement chacune d’elles réussit à illustrer des moments de la série.

On retrouvera la musique de Leonard Cohen et de David Bowie dans la saison 3, ce dernier, fan de la série, aurait même dû y jouer un petit rôle si la mort ne l’avait pas fauché au début de cette année.

Peaky Blinders ayant été prolongé jusqu’à la saison 5, il y a fort à parier que je vous en reparlerai un de ces jours. En attendant, je vais me plonger dans sa troisième saison qui est en train d’être diffusée au moment où j’écris ces lignes.

http://sites.arte.tv/peaky-blinders/fr

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