BLUR  »THE MAGIC WHIP »

Sortit en avril 2015, le huitième album de Blur (et le premier depuis douze ans) est un peu passé inaperçu pour passablement de monde, à commencer par votre serviteur et sa copine, pourtant fans du groupe anglais depuis le début des années 90.

Et c’est vrai que  »The Magic Whip », bien que reçu très positivement par le public et les médias, n’a pas fait beaucoup de vagues, étant vite oublié et ne figurant pratiquement pas dans les tops de fin d’années, étant même à peine nominé aux Brits Awards. Pourtant, l’histoire de ce disque est des plus passionnantes.

En 2013, profitant de l’annulation d’un festival au Japon, Blur, bloqué à Hong Kong durant cinq jours, décida d’écrire et de jouer des chansons pour passer le temps. N’arrivant pas à les finaliser, le groupe abandonna dans un premier temps les quinze titres ébauchés, les reprenant finalement une année plus tard alors que le chanteur Damon Albarn était en pleine promo de son album solo. Obnubilé par le souvenir de Hong Kong, le guitariste Graham Coxon, contacta en secret les deux autres membres de Blur: le bassiste Alex James et le batteur Dave Rowntree, afin d’étoffer le tout. Le résultat fut ensuite envoyé à Albarn qui repassera par Hong Kong pour reprendre ses paroles. Le résultat final sera cet album quelque peu étrange de 2015, sorte de rêve éveillé, aussi beau que totalement décalé dans leur discographie.

Au final, difficile de dire si « The Magic Whip » est un véritable album de Blur, vu son mode d’enregistrement pour le moins inhabituel.  »Thought I Was A Spaceman » ne dépareillerait pas dans le catalogue récent de Radiohead, tandis que  »I Broadcast », ainsi que la magnifique ballade  » My Terracotta Heart », sonnent comme du Blur vintage. Et que dire de cet inquiétant et magnifique  »Pyonghyang »?, hanté comme jamais?!

L’ensemble ressemble hélas quand même beaucoup à une collection de b-sides de luxe, et ce ne sont pas les deux misérables singles et leurs clips respectifs qui ont aidé à vendre ce faux-retour. Entre  »Lonesome Street » et sa chorégraphie menée par un casting chinois ou  »There Are Too Many Of Us » qui nous montrait un groupe amorphe en plan fixe, il n’y a pas vraiment de quoi sauter au plafond. On a un peu le sentiment que la promotion a été expédiée.

Malgré toute cette désinvolture et cette nonchalance, suintant jusque dans les interviews du groupe (et de Damon Albarn en particulier),  »The Magic Whip » se montre un album etonnament long en bouche et totalement digne, et ce plus d’une année après sa sortie et son oubli presque immédiat par les médias et le public.

Que des artistes aussi accaparés par leurs projets respectifs soient encore capables de produire une collection de titres de cette qualité laisse rêveur. Nul doute que s’ils réussissaient à se réunir les quatre au même endroit durant quelques mois, il pourrait en résulter un tout autre résultat, bien plus spectaculaire. Le temps dira s’il faut encore compter sur Blur ou juste se remémorer leur glorieux passé.

http://www.blur.co.uk/

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