SPOTLIGHT DE TOM McCARTHY

 

Film biographique suivant l’enquête de l’équipe de journalistes du Boston Globe sur les abus sexuels de très nombreux enfants par des prêtres de l’église catholique sur des décennies, Spotlight possède la force des meilleurs documentaires du genre, couplé avec un film d’investigation qui nous montre combien il peut être fastidieux d’enquêter dans certaines conditions. Il nous rappelle au passage à quel point la loi du silence a pu être forte jusqu’au début des années 2000, la bonne société n’étant pas du tout prête à accepter de telles révélations, susceptibles de faire trembler les fondations-mêmes de leur vie de tous les jours.

C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on pourrait faire au film, les événements relatés étant si proches de nous que la production s’est sentie obligée de vieillir l’image et de donner un look vieillot à l’ensemble, des habits des protagonistes aux différents lieux de l’action, autant intérieurs qu’extérieurs. Une manière aussi de faire passer l’idée que notre société était encore un peu retardée il y a une petite quinzaine d’années. Elle l’est encore visiblement aujourd’hui, mais on s’en rendra compte globalement que dans une ou deux décennies.

Pour en revenir à Spotlight, une histoire de 2001 semblant se passer dans les années 80 donc, son habillage ne vient en rien entacher le sujet général, lui donnant même une force assez inattendue, le spectateur ayant tendance à se sentir plus concernée par des films autobiographiques semblant loin d’eux.

Pour ce qui est du casting, il est exemplaire. L’équipe du Boston Globe est interprétée avec beaucoup de rigueur par Mark Ruffalo (Avengers), le revenant Michael Keaton (Birdman), Rachel McAdams (Sherlock Holmes) ainsi que  Liev Schreiber (The Butler), Stanley Tucci (The Lovely Bones) jouant l’avocat des victimes. Personne n’en fait trop, tout le monde est à sa place et on est littéralement à leurs côtés durant toute l’enquête et ses répercussions finales.

Pour ce qui est de l’histoire, elle est simplement édifiante et donne simplement envie d’en terminer une bonne fois pour toutes avec cette hypocrisie qui semble bien avoir gangrenée chacune des institutions les plus importantes de notre société. Il n’est même plus question de croire ou de ne pas croire en Dieu mais bien de se demander s’il n’est pas juste irresponsable de s’en remettre aux mains des ses sois-disant plus fidèles serviteurs, visiblement corrompus mais également dégénérés par un statut social les privilégiant et leur permettant d’abuser de jeunes victimes qu’on leur jette littéralement dans les bras, pour ne pas dire entre les jambes.

Une bonne piqûre de rappel au moment où l’actuel pape (le plus charismatique et photogénique depuis Jean-Paul II) tente de sauver les meubles de sa monstrueuse église en multipliant les gestes symboliques aux quatre coins du monde.

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