WILLIAM SHELLER  »ALBION »

 

William Sheller, donc… Si on m’avait dit qu’un jour je chroniquerai cet artiste sur mon blog, j’aurai bien rigolé. mais voilà, parfois, le bon sens est plus fort que tout et il faut bien reconnaître les génies lorsqu’on les croise. William Sheller, dans ma mémoire, il s’agissait d’un artiste de variété française entrevu dans les années quatre-vingt, un personnage un peu atypique néanmoins, ses chansons ne sonnant pas vraiment comme les artistes français de son époque. Je sentais bien que le bonhomme en avait sous la ceinture, mais impossible de me résoudre à me procurer sa musique, encore moins à l’écouter. Jusqu’à-ce qu’un jour, j’hérite de deux de ses albums par la grâce d’un ami partit refaire sa vie à Hong Kong. Et dans ce lot, Albion.
Dès la première écoute, je suis subjugué par ce son (le mixage est absolument démentiel!), tellement anglo-saxon, tout comme la structure des morceaux, rappelant les grands œuvres des Beatles. Le phrasé même de Sheller, si caractéristique de l’artiste, semble avoir été crée pour le tubesque premier single, « Maintenant Tout Le Temps », sorte de nouveau maître-étalon de ce que doit (peut?) être une pop song moderne. La suite du disque ( « Les Enfants Sauvages », « I Spy », etc.) en devient un bonheur.
Quelques recherches me font rapidement comprendre le pourquoi du comment d’un tel album. En effet, « Albion » a été complètement réalisé en terre Britannique et pas avec n’importe qui, les joyeux drilles posant dans le livret aux côtés de Sheller ne sont rien de moins que des anciens musiciens de David Bowie, Roxy Music ou encore des Waterboys. Effectivement, ça calme.
Tout grand disque devant posséder un grand classique en son ceint, ce rôle incombe à « Excalibur », ancien titre de Sheller ici revisité en épopée dantesque et furibarde. Le clip (partiellement en images de synthèse, tourné dans un noir et blanc terminal de toute beauté et réalisé par Druillet, artiste de BD culte des années Métal Hurlant) est un choc en soit. Il fera le grand bonheur de quelques nuits blanches au milieu des années quatre-vingt-dix (« Albion » datant de 1994).
Généreux comme peu de disques, surtout français, le sont à cette époque, « Albion » continue de fasciner sur sa dernière ligne droite (« Comme On N’Oublie Pas », « On Vit Tous La Même Histoire »), avant de stopper sa course sur le si bien-nommé « Relâche », le tout dans une ambiance de fête foraine digne d’un film psychédélique dans lequel ne manque qu’un sous-marin jaune.
« Enfin un disque français valable » avait commenté un journaliste d’un magazine de rock bien connu, balançant l’objet « disque du mois » loin devant quelques perles anglaises et américaines. A l’écoute de ce bijou, on ne pourra qu’acquiescer et dire que c’était la moindre des choses.
Depuis, William Sheller a eu le temps de pondre un minimum d’albums, devenant finalement un artiste majeur aux yeux des Français moyens avec le titre « Un Homme Heureux », enchaînant avec bonheur des tournées acoustiques, parfois avec des ensembles classiques, bien à l’image de son look de prof de philo un peu austère. Mais après un disque comme « Albion », il pourrait bien faire n’importe quoi (ce qui n’arrivera jamais, alors…) qu’on se prosternerait encore bien bas à l’évocation de ce coup de génie. Sheller est un Dieu et « Albion » un indiscutable putain de chef d’oeuvre.

http://www.williamsheller.fr/

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2 réflexions sur “WILLIAM SHELLER  »ALBION »

  1. tu avais aussi plein de disques de jazz que j’écoute quand il pleut. Je viens d’ailleurs d’acheter un Dexter Gordon qui se nomme  »Gotham City »

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