VOLTRON, LEGENDARY DEFENDER, SAISON 1

Co-production américano-japonaise (Toei Animation et World Events Productions) des années 80, Voltron: Defender of the Universe, connut 124 épisodes entres 1984 et 1985. A la nuance près qu’elle regroupait deux séries japonaises n’ayant rien à voir entre-elles (GoLion et Dairugger XV), la Toei ayant produit vingt épisodes supplémentaires de GoLion exclusivement pour WEP. Un sacré bordel qui rappelle beaucoup les sagas Robotech et Power Rangers, GoLion et Dairuger XV ayant été édités et censurés de manière radicale afin de plaire au public américain.

Seuls 26 épisodes ont été diffusés en France à l’époque, ne laissant guère de souvenirs dans la mémoire des jeunes de l’époque, la vague des robots géants étant quelque peu passée.

Annoncée depuis 2015, cette production Dreamworks (diffusée par Netflix) est cette fois-ci une réalisation totalement américaine, ce qui se voit plutôt beaucoup, sa laideur (proche des récentes productions Cartoon Network) n’ayant d’égale que son contenu inoffensif. Mais le pire de tout, c’est que c’est une série humoristique pour les gosses.

Alors je sais que les dessins-animés sont considérés par beaucoup de gens incultes comme destinés exclusivement aux enfants, ce qui est totalement faux et surtout, bien qu’il existent quantités de programmes pour les petits (Pokemon, Dora l’Exploratrice, etc.), Voltron n’en a jamais fait partie. Même dans sa version américaine remontée et édulcorée pour le public américain, jamais Voltron n’a été pour les petits. Voltron était une série pour les adolescents et que les adultes pouvaient suivre sans la trouver trop ridicule. Alors que ici, c’est un festival ininterrompu de bons mots et de dialogues crétins.

La décision de Dreamworks d’adopter un design à la Ben 10 pour ce reboot est donc vraiment étrange, le public-cible étant plus proche aujourd’hui de la quarantaine (comme le prouve Ryan Reynolds dans le film Deadpool) que de la cour de récré. Surtout, avec les extraordinaires séries japonaises de mechas que le territoire américain a connu ces dernières décennies (Mazinkaiser, Neon Genesis Evangelion, etc.), Voltron, Legendary Defender, fait un peu pâle figure.

Reprenant les cinq personnages principaux en les stéréotypant inutilement (un gros rigolo, deux ados chamailleurs, un petit gamin futé et un vieux jeune de bon conseil), cette nouvelle série échoue à créer la moindre tension dramatique, ses enjeux initiaux (défendre la galaxie quand même) étant annihilés par une galerie de personnages ridicules et une faune de petites créatures toutes plus nunuches les unes que les autres.

La seule chose qui sauve Voltron, Legendary Defender du carton rouge immédiat, ce sont les scènes avec le robot géant. Aussi rares que parfaitement mises en scène, les quelques combats de cette première saison, donnent une autre vision de ce qu’aurait pu être cette série si elle n’avait pas été essentiellement marquetée par le département jouets de Dreamworks. Une honte qui relègue cette série dans la longue liste des productions sans âme destinées exclusivement à vendre du merchandising.

Mais la véritable perdante dans cette affaire, c’est toute cette générations d’enfants des années 80 qui va se sentir obligée de regarder cette série en se forçant à l’aimer et à lui trouver des qualités (ce que j’ai essayé de faire également).

Bon, je dois quand même reconnaître que les trois ou quatre derniers épisodes de cette première saison sont un peu plus sombres et que l’humour y est un peu mis de côté. Ce qui ne sauve pas la série (surtout avec des ennemis aussi insipides et des méchants robots copiés sur les anges de Neon Genesis Evangelion) mais la rend un peu plus regardable. Par contre, le cliffhanger final était vraiment un coup de pute, cette première saison ne méritant clairement pas qu’on y revienne.

Je ne peux que vous encourager à visionner les séries originales japonaises, GoLion et Dairugger XV, nettement plus belles et intelligentes que cette énième preuve du mépris américain pour l’animation japonaise, la seule véritablement supérieure à la sienne.

http://www.voltron.com/

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