SAINT AMOUR DE BENOÎT DELEPINE ET GUSTAVE KERVERN

Cinéastes inclassables et aussi passionnants qu’inégaux, Benoît Delépine et Gustave Kervern (Aaltra, Avida, Le Grand Soir) ne faillissent pas à la règle avec leur nouveau film, véritable bordel de road-movie franchouillard passant de la gaudriole à de purs moments d’émotion ou de surréalisme.

On y retrouve Gérard Depardieu (déjà dans leur Mammuth de 2010) et Benoît Poelvoorde (C’est Arrivé près de chez Vous, Les Convoyeurs Attendent), respectivement Jean et Bruno, père et fils éleveurs de vaches de compétition et plutôt portés sur la bouteille. Désireux de faire la route des vins autrement qu’en écumant les stands de la foire agricole comme chaque année, Bruno, suivi de son paternel avec lequel il est un peu brouillé, se retrouve sur la route, conduit par un troisième larron, Mike, joué par Vincent Lacoste (Les Beaux Gosses) qui va leur servir de taxi.

Ce véritable road-movie sur les routes de France est un prétexte à des rencontres aussi saugrenues que décalées, incluant une majorité d’apparitions d’actrices (Izia Higelin en paraplégique, Ovidie en agent immobilier,  Chiara Mastroianni en patronne de baraque à frites, Solène Rigot en serveuse timide ou encore Ana Girardot et Andréa Ferréol). Ces rencontres, parfois toutes simples (la baraque à frites), parfois étranges (la serveuse) ou carrément sexuelles (Ovidie et Andréa Ferréol), se dégustent comme des moments de vie, nous rappelant que l’humanité, aussi bizarre soit-elle, vaut toujours la peine d’aller à sa rencontre.

Le summum de ces rencontres est atteint avec la fascinante Céline Sallette (De Rouille et d’Os, Geronimo, La French), une rousse cavalière nommée Venus qui dirige (tant bien que mal) une auberge plutôt originale, les chambres étant suspendues dans des arbres et reliées par des passerelles. Visiblement au bord de la crise, Venus va retrouver goût à la vie au contact du trio en vadrouilles.

Gagnant aux points, Saint Amour se révèle une expérience cinématographique assez unique, mélangeant la vulgarité la plus crasse à la poésie la plus pure. Les moments ou Jean (Depardieu) laisse des messages sur la boite vocale de sa défunte femme émeuvent aux larmes. Quand à la relation entre le père et son fils, les deux monstres sacrés que sont Depardieu et Poelvorde en font quelque chose de fort auquel on croit à fond.

Un film totalement fascinant avec des vrais gens dedans, à voir et à revoir pour en saisir toute la puissance émotionnelle brute.

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