HAIL, CAESAR! DE JOEL ET ETHAN COEN

 

Hail, Caesar! n’est pas un bon film. Il a plein de qualités qui en font un divertissement acceptable, mais ce n’est pas et ce ne sera jamais un bon film en l’état. Et pourtant, il est paradoxalement impossible de ne pas aimer le nouveau projet des frères Coen. La bande-annonce vendait déjà du rêve et, au final, même si le soufflé se dégonfle vite, on en a pour son argent, la somme des qualités de Hail, Caesar! étant plus grande que la somme de ses défauts, pourtant au combien nombreux.

En effet, il arrive parfois que les habituelles considérations cinématographiques de base ne soient pas déterminantes pour apprécier un film. Pour exemple, j’adore le film Tank Girl, une adaptation déjantée et un peu fauchée d’un comic book punk et destroy à souhait. C’est une série b post-apocalyptique filmée comme une partie de paintball mais, grâce à (ou à cause de) Lori Petty et Malcolm McDowell, l’ensemble fonctionne. Le film est nul mais je le regarde chaque année depuis sa sortie!

Avec Hail Caesar! c’est un peu pareil. On ressort de la salle en se disant que tout ça était vraiment un gros gaspillage d’acteurs et d’actrices au top, que l’histoire était nulle, mais on sait déjà qu’on le reverra avec un certain plaisir, car voir cette brochette de stars adorées s’ébrouant dans le Hollywood de l’âge d’or n’a pas de prix.

Le scénario a beau être minable (l’enlèvement d’un acteur vedette par une société secrète de scénaristes communistes!), il ne réussit pas à gâcher le bonheur de voir Josh Brolin en patron de studio aux abois, Scarlett Johansson en starlette aquatique, Tilda Swinton en journaliste à potins ou encore cette courge de Channing Tatum en copie (super convaincante, ça me casse les couilles de l’admettre) de Gene Kelly.

Et que dire de George Cloney? Dans le rôle de Baird Whitlock l’acteur vedette se faisant kidnapper, adhérant progressivement aux revendications de ses ravisseurs, il est tout bonnement parfait. On dirait son personnage des pubs Nespresso (en un peu plus idiot je le concède), une sorte de Cary Grant mélangé à Ronald Reagan.

Je n’oublie pas Alden Ehrenreich, qui incarne un Hobbie Doyle, véritable cow-boy devenue star du western et se retrouvant confiné à des rôles diamétralement opposés. Apparaissant d’abord comme un petit con tout droit sortit de sa ferme, il va se révéler bien plus passionnant que prévu, son personnage étant le seul du film à être véritablement écrit sur la longueur.

Mais ce sont surtout les petits détails qui font toute la sauce de Hail, Caesar! comme cette galeries de petits rôles tenus par des acteurs et actrices bien-aimé(e)s. On retrouve en effet Ralph Fiennes et Christophe(r) Lambert en réalisateurs, Frances McDormand en éditrice de films, Clancy Brown en acteur romain, sans oublier cette vieille trogne de Dolph Lundgren en commandant de sous-marin russe! Leurs rôles ne sont absolument pas significatifs mais les voir à l’écran, même brièvement, fait sourire et donne envie de se refaire leurs scènes lors de la sortie physique.

Vous l’aurez comprit, Hail, Caesar! est un film compensant son absence de scénario par un festival de stars toutes plus fabuleuses les unes que les autres, provoquant un bonheur totalement émotionnel et ne s’encombrant plus de considérations narratives. Paradoxal, certes, mais néanmoins satisfaisant. Mais ça ne marchera plus la prochaine fois.

 

 

 

 

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